Abo
Radioscopie d’un produit culte

Icône de Pâques, le lapin Lindt

Le petit animal en chocolat, habillé d’aluminium doré et d’un ruban rouge, se nomme officiellement Gold Bunny. Ce best-seller se vend en plus de 150 millions d’exemplaires chaque printemps.

Sophie Marenne

Le célèbre Lapin Lindt.
Le célèbre Lapin Lindt. Lindt

Publicité

La légende: une idée bondissante

Un petit lapin sauvage disparaît au fond d’un jardin. Une fillette inconsolable se tourne vers son père, un des maîtres chocolatiers Lindt, qui crée un lapin en chocolat pour la consoler. Il l’emballe dans du papier doré et lui attache une clochette pour qu’on puisse toujours le retrouver: voilà la légende servie par Lindt & Sprüngli depuis la commercialisation du produit en 1952. La société est bien plus ancienne, née en 1899 au rachat par la famille Sprüngli de la confiserie bernoise de Rodolphe Lindt, en manque d'infrastructures face à une forte demande.
Rodolphe Lindt
RMS
Rodolphe Lindt
RMS

En Bourse: une action qui crève le plafond

Malgré la flambée historique des cours mondiaux du cacao ces derniers mois, Lindt & Sprüngli affiche une jolie santé financière. En répercutant cette hausse sur ses prix de vente, le chocolatier zurichois a préservé ses marges confortables et maintenu une croissance solide. Symbole de cette réussite, son action s’échange à plus de 120 000 francs, ce qui en fait un des titres les plus chers en bourse.

Contenu Sponsorisé

PC checks cocoa beans for quality in Ankasse - Ghana.
axel fassio
PC checks cocoa beans for quality in Ankasse - Ghana.
axel fassio

Les imitations: la guerre dans le pré

Le chocolatier zurichois a dû défendre à plusieurs reprises ses lapins contre des imitations. En 2012, Lindt & Sprüngli a remporté une victoire judiciaire contre son concurrent autrichien Franz Hauswirth, après plus d’une décennie devant les tribunaux. En 2021, c’est contre l’allemand Heilemann que le groupe s’est imposé. A nouveau, en 2022, il a obtenu de Lidl Suisse la destruction d’un stock de lapins, trop semblables aux siens. A l’inverse, en 2012, Haribo a remporté son procès contre Lindt, au sujet d’oursons chocolatés similaires aux «gummies».
MARKE, MARKENSCHUTZ, GOLDBAER, GOLDBAEREN, GUMMIBAEREN,
Walter Bieri/Keystone
MARKE, MARKENSCHUTZ, GOLDBAER, GOLDBAEREN, GUMMIBAEREN,
Walter Bieri/Keystone

Recette du succès: un lapin qui voyage

La douceur aux longues oreilles est généralement faite en chocolat au lait, mais se décline en chocolat noir, chocolat blanc, noisette, fraise ou pistache, dans un format allant de 10 g à 1 kg. Distribués à l’origine en Suisse, en Allemagne et en Autriche, les lapins se sont internationalisés. Ils ont atteint les consommateurs britanniques, américains, puis australiens dans les années 1990. Aujourd’hui, ils sont vendus dans plus de 70 pays et produits chaque année à plus de 150 millions d’exemplaires.

Publicité

Lindt
Lindt
Lindt
Lindt

La production: discussion de délocalisation

La fabrication d’un lapin dure environ une heure, entre confection, refroidissement et emballage. Pour pallier les droits de douane américains, Lindt & Sprüngli a envisagé, en août, une délocalisation aux Etats-Unis. «Les décisions relatives aux sites de production font l’objet d’un examen continu. Pour l’instant, le site de production reste inchangé, à Aix-la-Chapelle, en Allemagne», indique une porte-parole.

Le prix: flambée en Australie

En Suisse, le petit animal s’achète entre 2 fr. 80 (50 g) et 8 fr. (200 g), en fonction de sa taille. En Australie, un coffret de Pâques (381 g) à 46 dollars (25 fr. 14) a suscité, en février, la colère des consommateurs. Venues du forum Reddit puis relayées par la presse locale, les accusations de prix abusifs ont poussé le chocolatier à justifier ce tarif par l’envolée historique du cacao.
A propos des auteurs
Sophie Marenne
Sophie Marenne
Après des débuts en radio et un focus sur les droits humains, Sophie Marenne a pivoté vers l’actu économique par une expérience en presse luxembourgeoise. En Suisse, elle décrypte les tendances technologiques, l'information financière et les parcours d'entrepreneur·e·s, d’abord pour L’Agefi et maintenant pour Ringier, toujours à l'affût des histoires inattendues qui façonnent le monde des affaires.

Publicité