Les débuts: une montre toutes les trois secondes
Oris a été fondée en 1904 à Hölstein (Bâle-Campagne) par Paul Cattin et Georges Christian. Pour ce faire, ils ont racheté une usine fermée. Ils ont choisi ce nom en s’inspirant de celui d’un ruisseau voisin. Très vite, l’entreprise est devenue un fabricant de masse de montres bon marché: «Toutes les trois secondes une montre», proclamait fièrement une affiche publicitaire de l’entreprise. Dans les années 1950, quatre à cinq petits bus ainsi que deux grands autocars venaient chaque jour chercher les employés dans les alentours. Oris était une réussite industrielle et un employeur majeur de la région.
La collection: toute la gamme
Oris couvre aujourd’hui la quasi-totalité de l’univers des montres-bracelets mécaniques, des montres de plongée et de pilotage modernes aux montres habillées élégantes, en passant par la légendaire Big Crown Pointer Date, sans doute la montre la plus célèbre de la marque. Au lieu d’un guichet de date, une aiguille supplémentaire indique la date sur une échelle située au bord du cadran.
Le calibre 400: libre choix
Le calibre manufacture 400, lancé en 2020, a apporté une expertise technique. Oris n’impose toutefois pas à ses clients le mouvement le plus cher. Certains modèles sont proposés au choix avec le calibre 400 ou un calibre standard.
Anniversaire: nouveauté 2026
Avec l’Oris Star Edition, la marque célèbre le 60e anniversaire de sa première montre dotée d’un échappement à ancre suisse et commémore ainsi l’abolition du statut horloger, un tournant pour l’entreprise.
Le coup de grâce: l’entreprise sauvée par ses cadres
La grande crise du quartz n’a pas non plus épargné Oris. L’entreprise s’est battue pour sa survie et, après de premières pertes, la vente à l’ASUAG, alors faîtière de nombreuses marques horlogères suisses, semblait être la seule issue possible. Mais en 1982, un rachat par les cadres a permis de renverser la situation. Rolf Portmann et le directeur, Ulrich W. Herzog, ont posé les jalons d’un nouveau départ et ont ainsi jeté les bases de la success-story d’Oris.
Le facteur cool: un nouveau souffle pour la marque
Rolf Studer (CEO) et Claudine Gertiser-Herzog (CFO) ont donné un nouveau souffle à la marque: Oris est soudainement devenue cool grâce à une politique avisée en matière de modèles et de design. Par exemple avec le modèle de plongée vintage Oris Divers Sixty-Five qui a été réédité en 2015 avec succès. La marque s’est également fait remarquer avec une montre Kermit pleine d’humour: la grenouille apparaît le premier jour du mois dans le guichet de la date. «C’est pour faire sourire les gens», aime à dire Rolf Studer.
La contrainte: quand l’acharnement finit par payer
Le statut horloger, loi suisse des années 1930 visant à protéger l’industrie, a interdit toute innovation jusqu’en 1966. Ce monstre bureaucratique contraignait Oris à se limiter à des mouvements Roskopf simples et bon marché (montres Roskopf). Mais, grâce au travail de lobbying acharné de Rolf Portmann, alors jeune juriste chez Oris et aujourd’hui président d’honneur de l’entreprise, cet obstacle fut levé. Dès lors, Oris a pu développer des montres mécaniques haut de gamme et s’ouvrir de nouvelles perspectives horlogères.