«Nous avons fêté, en mars, le premier anniversaire de notre plateforme. Fastaff met en relation des étudiants – 3500 déjà inscrits – et des sociétés qui cherchent du personnel pour des missions temporaires. Cela peut être en restauration, en maraîchage ou à l’accueil. Plus de 110 entreprises situées sur l’Arc lémanique, de Genève à Yverdon, ont déjà fait appel à nous. D’ici à l’été, toute la Riviera devrait être couverte. Et nous espérons intégrer un autre canton francophone d’ici à 2027.
J’ai rencontré Dana Calloni, mon associée, alors que nous étions étudiants à l’Université de Lausanne (Unil), elle en psychologie et moi à HEC. Nous faisions partie d’une population estudiantine qui manque souvent d’argent, pour les loisirs mais aussi pour payer les transports ou le loyer. Or avoir un job étudiant classique, à côté des cours, n’est pas simple. Il faut composer avec les horaires changeants des classes et les périodes d’examens...
Après en avoir longuement discuté, nous avons décidé de tenter de construire notre propre solution après les cours, comme d’autres feraient de la course (rires).
Pour nous différencier des plateformes déjà établies ou des agences d’intérim, nous avons privilégié un matching géographique, et non par qualifications. Nous nous sommes inspirés de Tinder: les profils les plus à proximité sont mis en avant, puis l’employeur prend la décision finale de l’embauche. Sur le modèle d’Airbnb, les deux parties notent la prestation.
Pour pallier le problème des horaires, nous nous focalisons sur des jobs ponctuels, de quelques heures à quelques jours. A vrai dire, 60% des missions proposées sur l’app sont liées à un besoin d’extras en restauration. En été, le travail dans les vignes est courant. Et le tarif moyen proposé est de 23 francs de l’heure. Je précise que nous ne nous limitons pas à la main-d’œuvre étudiante: les personnes en reconversion ou qui veulent arrondir leurs fins de mois sont les bienvenues.
Attention: Fastaff ne fait que la mise en relation. Les entreprises gèrent les contrats de travail. Nous tenons à garder notre service entièrement gratuit pour les étudiants. Pour les entreprises, nous demandons 5 francs par annonce et proposons des abonnements à 150 francs pour six mois, par exemple.
Pour financer le projet, nous avons mis nos économies et reçu divers soutiens de localités comme Gland, via l’Incubateur Nouvelle Economie, ou la région de Nyon. Nous avons tout conçu seuls, en nous appuyant uniquement sur trois développeurs externes pour l’app et la version en ligne, ainsi que le soutien d’un coach de l’incubateur de l’Unil.
Grâce à Fastaff, Dana et moi avons gagné une expérience dans le milieu de l’entrepreneuriat, en parallèle de notre carrière. Elle a commencé son travail de psychologue. Après avoir bouclé mon bachelor, je me suis lancé dans un stage en marketing. Et je compte poursuivre mes études par un master. Notre chance, c’est que, après les efforts fournis, ce portail tourne de lui-même. Evidemment, il faut le surveiller, le mettre à jour, mais cela ne prend que quelques heures par semaine.»
2001
Naissance à Sierre, suivie d’une enfance dans le Gros-de-Vaud, à Pailly. 2024
Fondation officielle de la société Fastaff. 2025
Lancement de l’app et du site web.