Chute des ventes en Chine, polarisation des segments et pressions sur les prix: l’horlogerie suisse fait face à un recul des exportations, qui met une partie de l’industrie sous tension.
Les données de la Fédération horlogère (FH) indiquent un recul global des exportations de 2,6% sur les dix premiers mois de 2024, en comparaison annuelle. Paul Yeung/Bloomberg/Getty Images
Après une année 2023 marquée par un montant d’exportations historique de 25,5 milliards de francs, l’industrie horlogère est aujourd’hui confrontée à des vents contraires. Ainsi, les données compilées par la Fédération horlogère (FH) indiquent un recul global des exportations de 2,6% sur les dix premiers mois de 2024, en comparaison annuelle.
Cette baisse masque cependant des disparités importantes entre les segments. Les montres haut de gamme, qui représentent près de 77% de la valeur des exportations mais seulement 12% en volume, ont continué leur progression (+1,7% sur une année). A l’inverse, le segment milieu de gamme, soit les montres d’un prix export allant de 500 à 3000 francs (à multiplier par 2,5 pour le prix de vente final), accuse une chute spectaculaire de 21% en comparaison annuelle.
Ricardo Moreira
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«Le milieu de gamme, qui s’avère crucial pour le volume des exportations, est aujourd’hui étouffé par les difficultés de la classe moyenne chinoise, touchée par une crise immobilière, une hausse du chômage et un climat économique dégradé, explique Jean-Philippe Bertschy, spécialiste de l’industrie horlogère au sein de la banque Vontobel. Pour dépenser, il faut un «feel-good factor» qui n’est tout simplement plus présent en ce moment chez ces acheteurs.»
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Parallèlement, l’entrée de gamme (prix export au-dessous de 500 francs) montre une résilience limitée, grâce notamment à des succès ponctuels comme la MoonSwatch, remarque l’expert. «Mais le segment a également vu ses volumes diminuer dans un contexte où une partie des consommateurs privilégient des dépenses jugées moins futiles.»
Dans le détail, les marchés asiatiques, jusqu’à peu moteurs de croissance, enregistrent des baisses particulièrement marquées: -38,8% en Chine et -14,8% à Hong Kong, sur une année. Une situation qui contraste avec celle des Etats-Unis, redevenus le premier marché mondial pour les montres suisses, avec 16% des exportations totales et une croissance de 11,3%.
Ricardo Moreira
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