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LA PREVENTION - Un nombre croissant d’entreprises veulent améliorer le bien-être de leurs collaborateurs. Quels sont les obstacles à surmonter? Et comment s’y prendre pour que les mesures prises aient un effet durable? Essentiel à l’heure de la pénurie de main-d’oeuvre.
Alain Jeannet
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Pour être performante, une politique de GSE doit s’articuler à la fois sur les individus et sur l’organisation de l’entreprise. C’est l’approche défendue par Anny Wahlen, qui s’insurge depuis longtemps contre une vision psychologisante du burn-out. Sa carrière l’a menée de l’humanitaire au consulting en passant par les RH de multinationales. Une expérience désormais mise au service des entreprises et des institutions aux prises avec les nouveaux défis du monde du travail. Pour expliquer sa démarche, elle décline trois niveaux de prévention:
Voilà pour les grands principes. Reste à voir comment les appliquer et avec quelles aides les mettre en œuvre. Organe de sensibilisation et d’information, cheville ouvrière depuis 2014 du Job Stress Index et du monitoring de la gestion de la santé en entreprise, Promotion Santé Suisse offre également une impressionnante boîte à outils aux entreprises qui veulent aller de l’avant. Elle propose ainsi le fameux label Friendly Work Space, décerné à ce jour à quelque 86 entreprises et organisations employant au total 208 784 salariés. On y trouve une majorité de grandes entreprises, parmi lesquelles les CFF, Migros, Lidl, les Transports publics zurichois, l’Aéroport international de Genève…
Des outils pour les PME: «Si les PME sont en principe éligibles pour le label, observe David Grandjean, le responsable sensibilisation et diffusion de Promotion Santé Suisse, elles sont encore très peu nombreuses. Mais nous prévoyons pour 2023 des outils tout spécialement destinés à des entreprises de moins de 50 personnes.»
Le processus est accompagné par des conseillères et conseillers accrédités qui aident les entreprises candidates à passer les différentes étapes de la certification, même s’il existe un questionnaire qui permet aux entreprises de commencer par une autoévaluation préalable gratuite. La totalité de la démarche, elle, est payante. Il en coûtera 17 000 francs pour les entités de plus de 250 collaborateurs et 11 500 francs pour les entreprises plus petites, un montant correspondant aux honoraires et aux frais des assesseurs accrédités. La labellisation est censée ne pas être un but en soi, mais le départ d’un processus continu d’amélioration. D’ailleurs, les entreprises doivent repasser l’examen tous les trois ans.
Pour accompagner leur stratégie de GSE, les entreprises peuvent aussi s’appuyer sur les quelques compagnies d’assurances qui ont fait de la santé au travail un véritable cheval de bataille. C’est le cas du Groupe Mutuel. Ainsi, Nicolas Caloz et ses collaborateurs du service santé en entreprise offrent-ils un conseil sur mesure aux clients du groupe et l’accès à un solide réseau d’experts: psychologues et médecins du travail, ergonomes, coachs d’entreprise, spécialistes de la gestion des absences, médiateurs patentés… L’encouragement à la prévention fait même partie des contrats d’assurance sous forme d’argent sonnant et trébuchant pour financer certains des projets proposés par leurs clients jusqu’à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de francs, comme le montre le cas du groupe IMI Hydronic Engineering International, basé près de Nyon (lire les témoignages).
Le constat «Les assurances n’ont plus seulement pour vocation à courir d’éventuels sinistres. Elles ont aussi pour mission de conseiller leurs clients pour les prévenir et donc les éviter. Il s’agit d’un véritable changement de culture dans notre branche», explique Nicolas Caloz.
Une approche gagnante pour tous les protagonistes, il faut le souligner: l’entreprise assurée réduit les coûts directs et indirects liés à l’absentéisme, elle voit à terme ses primes baisser aussi bien pour la perte de gain que pour les accidents. L’investissement est également rentable pour les compagnies d’assurances elles-mêmes, y compris au titre de l’assurance maladie et du 2e pilier si, comme le Groupe Mutuel, elles sont présentes dans tous ces domaines d’activité.
Pas de «GSE-washing»
Chez Vaudoise Services, Isabelle Kunze, elle, a mis sur pied l’unité Corporate Health Services, qui propose depuis 2020 un accompagnement en matière de GSE aux clients de la Vaudoise Assurances, mais aussi à des entreprises qui ne sont pas assurées auprès de la compagnie. «Je rencontre un nombre croissant de responsables qui comprennent enfin qu’il vaut mieux prévenir que guérir», explique-t-elle. Et d’ajouter que son équipe n’a pas pour vocation de donner dans le «GSE-washing», mais bien d’apporter une valeur ajoutée qui se mesure aussi en termes financiers. «Nous n’avons pas de raison d’être si nous ne faisons pas la preuve de notre efficacité.»
Les entreprises privées ne sont pas les seules à innover. Le Conseil d’Etat genevois a ainsi présenté le 4 avril dernier une expérience pilote visant à améliorer la santé au travail. Un site est désormais disponible pour tous les employés et les employeurs du canton à la recherche d’une prise en charge ciblée. La Consultation interdisciplinaire en santé au travail (CIST) propose un catalogue de prestations qui vont de la protection de la maternité au travail au conseil juridique, en passant par la formation en entreprise pour les PME. Une Genferei, une de plus? «Un exemple à suivre pour la Confédération, rétorque le professeur Michel Guillemin, un pionnier de la médecine du travail en Suisse. Le gouvernement genevois montre qu’il fait de la santé en entreprise un élément prioritaire et à part entière de leur politique de santé publique.»
En croisade contre la sédentarité


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