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Start-up

La Suisse peine à financer ses futurs champions technologiques

Avec un rendement estimé 14% entre 2014 et 2020, le capital-risque suisse est compétitif. Il demeure toutefois sous-financé, freiné par un manque chronique de capitaux locaux.

Dr. Peter Fankhauser, ANYbotics Co-fondateur & CEO

110 millions de francs: c’est le montant de la série B d’ANYbotics, datant de septembre. Pour doper sa croissance, le fabricant de robots d’inspection a attiré l’attention d’investisseurs de France, du Japon et de la Silicon Valley.

RMS

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Le capital-risque helvétique souffre d'un paradoxe persistant: une performance compétitive pourtant bridée par un manque de capitaux locaux. Une étude publiée en décembre par l’Université de Bâle, la Swiss Private Equity & Corporate Finance (SECA) et Deep Tech Nation relève que les firmes d’investissement suisses sont bien plus ancrées dans le tissu local que ne le suggèrent les statistiques internationales.

L'étude s’est penchée sur plus de 3,5 milliards de francs de capitaux, engagés par plus de 40 fonds. Elle montre que les fonds helvétiques allouent, en moyenne, 30% de leur capital à des pépites suisses. Et ces dernières comptent pour la moitié des projets financés. Un niveau de soutien largement supérieur aux données des bases de référence mondiales.

Les rendements ont rivalisé, sans ambiguïté, avec les références européennes, avec un taux de rendement interne (IRR) annuel de 14% sur la période allant de 2014 à 2020. Mais malgré cela, le secteur reste structurellement sous-financé. Le diagnostic est sans appel: si l’amorçage (early-stage) est fluide, les start-up peinent à lever des fonds pour leur phase de croissance (later-stage). Plus de 80% du financement global provient d’ailleurs de l’étranger.

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Par ailleurs, la manne des investisseurs institutionnels suisses reste largement inactive. Les fonds de pension nationaux n’allouent que moins de 0,01% de leurs 1500 milliards de dollars d’actifs au capital-risque, contre 2% aux Etats-Unis. Ce déficit d’allocation s’explique notamment par un manque de données fiables, un vide que cette étude annuelle entend désormais combler.

>> Lire aussi: La géographie des opportunités à l’âge des robots

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