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Investissement

Mieux informés, les jeunes investisseurs sont plus raisonnables qu’on ne le pense

Longtemps associées au trading impulsif et aux cryptomonnaies, les jeunes générations abordent l’investissement avec davantage de recul. L’IA et les plateformes de streaming constituent de formidables outils de diffusion de connaissances financières.

Carré blanc

Warren Buffett, avec Bill Scott et John Harding, qui furent les deux premiers collaborateurs clés recrutés par l’expert en finance dans les années 1950.
Warren Buffett, avec Bill Scott et John Harding, qui furent les deux premiers collaborateurs clés recrutés par l’expert en finance dans les années 1950.Omaha World Herald/Getty

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«La plupart des jeunes investisseurs placent leur argent de manière plus structurée et réfléchie que leurs aînés.» Le constat de Thomas Veillet, ancien trader et vulgarisateur installé à Genève, peut sembler surprenant alors que l’on entend régulièrement parler de jeunes spéculateurs impulsifs qui parient toutes leurs économies sur quelques bitcoins. Cette impression tient notamment à la démocratisation de l’investissement en ligne. Le marché s’est nettement consolidé en Europe, avec l’entrée en jeu d’acteurs comme Revolut, Trade Republic, eToro ou encore Swissquote. Les services de courtage sont désormais soumis à des cadres réglementaires stricts. Du côté de la population, les connaissances en matière d’investissement progressent légèrement dans toutes les classes d’âge. En 2025, le Financial Literacy Index du gestionnaire de patrimoine True Wealth est passé de 5,2 à 5,43. Les 16-29 ans se trompent légèrement moins souvent (54,2% de réponses justes) que les 30-49 ans (53,9%).

Les cryptos en embuscade

Restent les inquiétudes concernant les influenceurs qui, sur les réseaux sociaux, font miroiter à leur public des gains faramineux à moindre effort notamment grâce au négoce des cryptomonnaies. Les plateformes douteuses, souvent installées dans de lointains paradis fiscaux, sont toujours à l’affût de la crédulité de jeunes débutants. «C’est de l’escroquerie légalisée, et il y aura toujours des charlatans et des personnes malavisées pour les suivre», soupire Thomas Veillet, qui travaille notamment avec Swissquote et Yuh dans des projets de diffusion de la connaissance financière. L’ancien trader tempère toutefois leur impact global sur la capacité des jeunes à investir intelligemment. «Les cryptomonnaies sont désormais sorties du marché de niche qu’on connaissait jusqu’à peu. Elles constituent des classes d’actifs négociables sur des plateformes très réglementées, au même titre que les actions ou les obligations. Logiquement, les investisseurs doivent pouvoir en ajouter dans leur portefeuille.»

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Et les Suisses ne s’en privent pas. A en croire les derniers chiffres de l’étude «Kryptoanlagen in der Schweiz 2026», publiée en juin par la Haute Ecole de Lucerne (HSLU), 18% d’entre eux détiennent des cryptoactifs, contre 11% en 2024, soit environ 140 000 nouveaux investisseurs en l’espace d’un an.
Les cryptos ont la cote
Selon la Haute Ecole de Lucerne, 18% des Suisses détiennent des cryptoactifs en 2026, contre 11% deux ans plus tôt, soit environ 140 000 nouveaux investisseurs en l’espace de deux ans.
Coauteur de l’étude, Andreas Dietrich rappelle qu’il n’existe pas de lien entre aisance numérique et compétences financières. «Les jeunes savent utiliser des applications, mais cela ne veut pas dire qu’ils savent évaluer les risques des cryptoactifs ni leur place dans un portefeuille global.» Pour le spécialiste, un accompagnement bancaire pourrait justement atténuer ces biais.
«Un bon conseil peut aider à évaluer les risques de façon réaliste, à fixer une taille de position adéquate et à replacer les cryptoactifs dans le cadre d’une stratégie plus large de gestion patrimoniale.» Les jeunes se montrent plus enthousiastes que leurs aînés à l’idée de recevoir du conseil bancaire en matière de cryptomonnaies: 27% de la génération Z et 21% des millennials seraient prêts à s’adresser à leur banque pour investir dans des bitcoins et autres. C’est nettement plus que la moyenne générale (15%).

Warren Buffett et ChatGPT

Les marchés boursiers sont désormais à la portée de n’importe quel utilisateur de smartphone. Il n’a jamais été aussi facile de se familiariser avec les rudiments de l’investissement. Pour Thomas Veillet, cette évolution est plutôt positive, mais il vaut mieux se préparer avant de se lancer dans la course. «Il faut lire quelques ouvrages de référence, comme Les lois de l’investissement de Warren Buffett de Jeremy Miller ou L’investisseur intelligent de Benjamin Graham. Il y a aussi des milliers de vidéos et de blogposts accessibles librement sur internet pour apprendre les règles de base, comme le raisonnement à long terme et la diversification. Les IA génératives sont aussi de puissants vecteurs de connaissances pour échafauder une stratégie.» Mais peut-on vraiment investir en lisant quelques livres et en consultant ChatGPT en cas de doute? Après tout, investir reste un métier. «La finance n’est jamais une science exacte. Personne ne peut prétendre connaître la valeur exacte d’un actif à long terme, pas même le trader le plus talentueux», conclut Thomas Veillet.

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«La finance n’est jamais une science exacte. Personne ne peut prétendre connaître la valeur exacte d’un actif à long terme, pas même le trader le plus talentueux.»

Thomas Veillet, ancien trader et vulgarisateur financier
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