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Philippe Morant (à g.) et Michaël Berdat sont sur les starting-blocks pour commercialiser leurs insectes comestibles élevés en Suisse.
Philippe Morant (à g.) et Michaël Berdat sont sur les starting-blocks pour commercialiser leurs insectes comestibles élevés en Suisse. © S. Liphardt

Groozig, la start-up qui nous fait grignoter des insectes

La jeune start-up vaudoise vendra d’ici peu ses premiers vers de farine et autres criquets migrateurs.

ela fait plusieurs mois que Michaël Berdat, Damien Chatelan et Philippe Morant rongent leur frein. Ou plutôt leurs vers de farine, grillons domestiques et criquets migrateurs, trois espèces autorisées depuis le 1er mai à être vendues en Suisse comme denrée alimentaire par l’OSAV (Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires). Les trois jeunes Romands attendent avec impatience de pouvoir commercialiser leurs premiers insectes labellisés Groozig, du nom de la Sàrl qu’ils ont fondée ce printemps à Groozig, la start-up qui nous fait grignoter des insectes La jeune start-up vaudoise vendra d’ici peu ses premiers vers de farine et autres criquets migrateurs. Par Elisabeth Kim Philippe Morant (à g.) et Michaël Berdat sont sur les starting-blocks pour commercialiser leurs insectes comestibles élevés en Suisse. Chardonne (VD) et dans laquelle 30 000 francs ont été investis.

«Nous sommes sensibles aux impacts environnementaux, notamment en ce qui concerne la production de viande. A titre d’exemple, produire 1 kilo de bœuf nécessite 15000 litres d’eau», explique Philippe Morant. L’idée de monter une start-up autour des insectes comme source alternative de protéines a démarré lors d’un cours d’entrepreneuriat à la HES-SO Valais. Sortis aujourd’hui des bancs de l’école, les trois amis ont déniché un éleveur suisse, Entomos, créé un site internet pour la vente et diffusent des recettes sur leur chaîne YouTube. Manque plus que les insectes.

«La nouvelle législation exigeait d’attendre la troisième génération d’insectes pour être proposée à la consommation humaine, raison pour laquelle nous avons dû attendre plusieurs mois», déplore Michaël Berdat. Les ventes devraient commencer prochainement, très modestement – une centaine de kilos d’ici à la fin de l’année –, d’abord avec des insectes entiers, lyophilisés et/ou assaisonnés comme apéritifs, puis en farine à boulettes et burger.

Quid du goût de ces mets méconnus dans nos contrées? «Comme 99% des gens, nous avons été agréablement surpris par leur goût, de noisette ou de fourrage, ainsi que par leur texture. Il faut comparer cela aux crevettes il y a 30 ans, que nos grands-parents répugnaient à manger au début», analysent les associés de Groozig – qui signifie «dégueulasse» en suisse-allemand! Réalistes, ces derniers ont tous un emploi et comptent avancer à petits pas dans ce nouveau marché où ils se positionnent parmi les précurseurs en Suisse. Et le fait que Coop propose depuis peu des burgers aux insectes est, à leurs yeux, un signal des plus positifs.