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© S.Liphardt

SDS veut révolutionner l’entraînement au tir

Swiss Defense Solutions a développé une technologie qui permet à la fois le recyclage des balles et un entraînement à 360 degrés.

Swiss Defense Solutions (SDS) se définit comme une start-up des cleantechs, mais son champ d’activité est inédit: celui de l’entraînement au tir! A l’origine de sa création, Gédale Senato. Pour l’ancien étudiant de l’Ecole hôtelière de Lausanne, moniteur de tir sportif à ses heures, cette activité est à la fois polluante et toxique. «On estime qu’en Suisse, environ 100 millions de balles sont tirées chaque année par l’armée et les civils. Avec des conséquences sanitaires non négligeables, comme la contamination des sols et l’exposition au plomb.»

Autre déclic pour Gédale Senato, les attentats du Bataclan, en 2015. L’idée de développer un système permettant un entraînement au tir dans des conditions proches de la réalité lui paraît une nécessité à l’heure où plusieurs cantons ont pris la décision d’équiper la police de fusils d’assaut. Le jeune homme convainc un associé de s’embarquer dans l’aventure. Un investisseur anonyme est aussi de la partie, ainsi que le Service de la promotion économique et du commerce vaudois, qui soutient la jeune pousse à hauteur d’une première tranche de 50 000 francs – suivie de 50 000 francs supplémentaires si elle parvient à signer avec un acteur majeur.

Après deux ans de travail, notamment avec un ingénieur indépendant, SDS est fin prête pour la commercialisation de sa technologie, brevetée, alliant recyclage en circuit fermé des balles et entraînement à 360 degrés. L’appareil, baptisé ALPHA, ressemble à un grand panneau rectangle de 24 cm d’épaisseur (une prouesse). Il est recouvert d’élastomère balistique qui absorbe les balles tout en protégeant le tireur d’éventuels ricochets. A l’intérieur, de l’acier balistique qui stoppe les balles tirées à plus de trois fois la vitesse du son et permet la récupération des particules de plomb.

Soutien du canton

L’an prochain, la start-up de Faoug (VD) espère vendre une dizaine d’infrastructures en Europe, soit de 20 à 50 ALPHA. Le prix de l’appareil n’est pas articulé, mais «un stand de tir investit entre 500 000 à 4 millions de francs pour renouveler son équipement», note Gédale Senato, qui vient de présenter l’appareil d’entraînement au DARD (Groupe d’intervention d’élite de la Police cantonale vaudoise). SDS participe également en novembre au Milipol, le plus grand événement européen dédié à la sécurité intérieure des Etats à Paris.