Aller au contenu principal
Robert Curzon-Price décrit la récente stabilité des prix dans l'immobilier commercial.  © DR

"Les baisses de loyer des bureaux atteignent jusqu'à 40% comparé à 2011"

L'immobilier de bureau dans les cantons romands vit une période nouvelle avec une offre prolifique. En exclusivité, le point de vue de Robert Curzon Price, le directeur de Partner Real Estate-Knight Frank, l'une des sociétés qui édite "Snapshot 2019", l’étude sur les prix de l’immobilier commercial. 

Quels sont les points importants de cette nouvelle édition "Snapshot 2019"?

Après cinq années de baisse continue, les prix se stabilisent enfin. C’est une excellente nouvelle autant pour les locataires que pour les propriétaires: l’offre et la demande se rejoignent. Les futurs locataires vont signer en toute connaissance de cause des baux car ils ne trouveront pas de meilleures conditions dans six mois. Du côté des bailleurs, notamment de surfaces vacantes, c’est également une bonne nouvelle. Pour les locataires déjà installés, il est opportun de renégocier aux conditions du marché. Les propriétaires, qui ont longtemps bénéficié de bons rendements, doivent désormais se préparer à dialoguer avec leurs locataires. Le "Snapshot 2019", en comparant les prix de différents quartiers sur plusieurs années, est un excellent outil de négociation. Pour l’économie générale, la nouvelle est aussi très bonne. L’argent économisé sur les loyers va être disponible pour des investissements, pour l’engagement de collaborateurs par exemple. Tout l’écosystème économique régional en profitera donc.

De combien les loyers ont baissé et quelles en sont les conséquences?

On peut constater, avec le pic de 2011, une différence de prix allant jusqu’à 40% pour des locaux situés dans l’hyper centre-ville. Les loyers dans les quartiers plus périphériques demeurent stables. Loin du discours ambiant, voire catastrophique, les locaux commerciaux continuent à se louer! Alors oui, les baux se signent avec plus de souplesse: leur durée est plus courte, les prix de location moins élevés et les surfaces plus petites. A Genève comme à Lausanne, il manque de grandes surfaces de 1000-2000 m2 au centre-ville. Les sociétés qui ont besoin de ces surfaces s’éloignent, à l'instar de Cargill qui s’installe à Pont-Rouge. Corollaire de cette baisse de prix, la région lémanique devient très concurrentielle par rapport au reste de l’Europe qui elle s’est renchérie.

Nouveauté 2019, vous avez ajouté les espaces de coworking à l'étude. Pourquoi ?

Les espaces de coworking sont, à l’instar d’Uber ou de Airbnb, des "disrupteurs" du marché de l’immobilier commercial. Ils se multiplient de plus en plus et doivent donc être pris en considération dans le calcul du prix de location. D’autant que de plus en plus de petites entreprises, jusqu’à une dizaine d’employés, s’y installent. Au prix du mètre carré, le coworking reste deux à trois fois plus cher qu’une location classique. Mais cet écart de prix s'explique par le fait que ce modèle s'inscrit au-delà d'une simple location mais offre des services complets au locataire