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L’entreprise fribourgeoise a créé un prototype pour Tesla, dans le cadre de l’Electric GT. © B Comp

Le marché de l’automobile dans le viseur de Bcomp

La PME spécialisée dans les produits à base de fibres de lin investit dans sa première ligne de production à Fribourg et veut conquérir le marché de l’automobile en quête de solutions durables.

Dès la fin de l’année, l’entreprise fribourgeoise Bcomp disposera de sa première ligne de production dédiée au marché de l’automobile. Celle-ci sera installée sur une surface de 200 m2 louée à l’entreprise Polytype, qui s’agrandira à terme pour atteindre 800 m2. «Nous avons décidé de foncer et de mettre les bouchées doubles pour décoller», affirme Julien Rion, directeur technique de l’entreprise basée sur le site de Bluefactory, dans les colonnes de La Liberté.

Cet investissement de 1,4 million de francs permettra de produire des grilles composées de fils de lin, imprégnées de résine plastique, qui seront ensuite mises en forme par des partenaires extérieurs pour équiper l’habitacle des voitures de série (tableaux de bord, intérieurs des portes, plafond, etc.). La PME serait déjà active sur des projets avec quatre constructeurs, dont Polestar, une marque chinoise de véhicules électriques appartenant conjointement à Volvo et à Geely, basée à Chengdu. Pour l’industrie automobile, l’intérêt des produits de Bcomp réside dans leur faible poids – de l’ordre de 40% de moins par rapport à des matériaux traditionnels – et par une utilisation de plastique divisée par quatre. Des avantages qui comptent à l’heure où toutes les marques cherchent à améliorer leur empreinte écologique et respecter la réglementation européenne fixant les objectifs d’émissions de CO2 à 95 grammes par kilomètre.

L’entreprise fribourgeoise, qui emploie une vingtaine de salariés, génère pour l’instant la majorité de ses revenus dans le domaine du sport et des loisirs grâce à son produit phare, des noyaux à base de fibres de lin et de balsa utilisés par une vingtaine de marques de ski. Parallèlement, la PME fondée en 2011 développe aussi des solutions pour le domaine spatial. Elle a levé 3 millions de francs auprès d’investisseurs privés en 2017 et prépare un nouveau tour de financement, plus important encore, pour la fin de l’année.