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Eva Joss est directrice chez Dimension,  une filiale de la BCGE spécialisée dans la transmission d’entreprises © L. von Siebenthal

Quel scénario pour la valorisation des PME?

La valeur de nombreuses sociétés devrait baisser. Les résultats s’avèrent inférieurs aux attentes et certaines entreprises ont augmenté leur endettement, affirme la directrice de Dimension.

Mais que va-t-il se passer sur le marché des transmissions d’entreprises, encore très couru l’année dernière en Suisse romande? Que va-t-il advenir de la valeur des PME romandes qui cherchaient un repreneur? «Partant des théories d’évaluation financière et de l’hypothèse que les attentes de rentabilité des investisseurs sont restées identiques, la valeur de certaines PME pourrait baisser, affirme Eva Joss, la directrice de Dimension. Dans la situation actuelle de marché, les résultats de nombreuses PME s’avèrent inférieurs aux attentes. De plus, certaines ont augmenté leur endettement ou reporté des investissements, ce qui devrait également se traduire par une baisse de la valeur actionnariale.»

Pour comprendre ce scénario annoncé, un peu de théorie financière s’impose. Il existe deux grandes méthodes d’évaluation d’entreprise selon Eva Joss. La première considère que la «valeur économique» d’une entreprise est la somme actualisée des flux de trésorerie futurs dégagés par cette entreprise. La seconde estime que la «valeur de marché» d’une entreprise dépend de son résultat opérationnel et d’un multiple de prix observé sur le marché.

Alors Eva Joss, quelle théorie est applicable aujourd’hui? «Dans la pratique, les choses sont rarement aussi simples et la théorie financière souvent contredite! Les liquidités à placer restent significatives, les taux d’intérêt sans risque sont négatifs et la recherche de rendement demeure. Les transactions récentes dont nous avons connaissance se sont pour le moment souvent réalisées au prix envisagé initialement, sans renégociation.»

Pour l’instant, l’impact du Covid-19 n’est pas encore reflété dans les états financiers des entreprises et n’a donc pas encore systématiquement impacté les prix. Quand ces performances financières seront intégrées, certaines valorisations pourraient alors baisser. Les activités résilientes seront, elles, d’autant plus attractives et leur valorisation pourrait alors être renforcée grâce à l’appétit des investisseurs, qui reste, lui, bien présent, conclut l’experte.