Spin-off de l’EPFL Valais, Urbio pourrait se positionner comme un acteur majeur dans la planification énergétique des bâtiments, l’une des principales sources d’émissions de carbone. La jeune pousse sédunoise a développé un logiciel nourri aux algorithmes qui évalue de multiples données afin de déterminer les scénarios les plus efficaces écologiquement. Chauffage, refroidissement, électricité, rénovation, prix de l’énergie, coûts des différents acteurs, tout est passé au crible par sa plateforme digitale de «design génératif».

«Le temps consacré aux tâches de conception peut ainsi être divisé par dix tout en améliorant le coût des solutions et l’efficacité carbone de 15%, affirment les trois cofondateurs, Sébastien Cajot, Nils Schüler et Nicolas Sommer. Aujourd’hui, les clients doivent d’abord recouper des données provenant de diverses sources, puis dimensionner manuellement des systèmes énergétiques pour chaque bâtiment, et enfin évaluer leur faisabilité technique et financière à l’aide d’outils ad hoc. Urbio fluidifie l’ensemble du processus sur une plateforme unique et automatise la génération de scénarios totalement personnalisés pour des bâtiments individuels, voire des municipalités entières.»

Huit projets pilotes

La start-up n’a pas manqué d’éveiller l’intérêt des investisseurs. Elle vient de recevoir un prêt de 100 000 francs de la FIT (Fondation pour l’innovation technologique) et a convaincu Urban Us, un important investisseur américain axé sur le climat et les villes, d’investir dans son projet (pour un montant non dévoilé).

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Depuis sa fondation en 2020 sur le Campus Energypolis, Urbio a en outre récolté plus d’un demi-million de francs de subventions, ce qui réjouit Sébastien Cajot. «Notre équipe de quatre collaborateurs va pouvoir se renforcer. Nous recherchons notamment un développeur en logiciel spécialisé en énergie. Outre le solaire et les réseaux thermiques, nous allons aussi adapter notre logiciel au stockage ou à la mobilité électrique.»

A noter aussi que la solution d’Urbio a été adoptée dans le cadre de huit projets pilotes commerciaux avec des partenaires industriels. S’il ne peut dévoiler le nom de ses clients ni de chiffre d’affaires en raison de son jeune âge, le CEO d’Urbio précise qu’il s’agit avant tout de fournisseurs romands en énergie et de bureaux d’ingénieurs conseils.