L’agrivoltaïsme (ou agri-pv) est encore en éclosion, mais son potentiel est très prometteur. Ce néologisme, qui n’existait pas il y a encore dix ans, fait référence aux technologies photovoltaïques dédiées à l’agriculture. Parmi ses acteurs en Suisse, la start-up lausannoise Voltiris, cofondée en mars 2022 par Nicolas Weber, son CEO, qui a auparavant travaillé comme consultant en stratégie au Boston Consulting Group, Jonas Roch, CTO, physicien et docteur en spectroscopie, et Dominik Blaser, Chief Product Engineer, expert en génie mécanique et en énergie.

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Leur idée lumineuse? La filtration spectrale appliquée aux cultures maraîchères, un secteur qui consomme beaucoup d’énergie et qui se retrouve confronté à plusieurs défis: une forte pression pour réduire son empreinte carbone, les fluctuations des prix de l’électricité et les aléas climatiques. En résumé, la technologie développée par Voltiris laisse passer les composants de la lumière dont les plantes ont besoin, tandis que le reste est réfléchi sur un module photovoltaïque, produisant ainsi de l’énergie renouvelable.

«A l’heure de la transition énergétique, la question fondamentale est: où va-t-on pouvoir produire l’énergie renouvelable de demain? Certes il y a encore des possibilités sur les toits mais l’utilisation de nos terrains est principalement agricole. C’est un énorme vecteur pour déployer de l’énergie renouvelable», estime Nicolas Weber. Pour l’heure, la start-up s’est focalisée sur les serres en verre, pour lesquelles aucune démarche administrative n’est nécessaire, mais son système pourrait également s’installer dans des serres en plastique. Après avoir validé son système – une quinzaine de projets, en Suisse et à l’étranger, ont été menés, en collaboration avec des centres de recherche renommés, notamment l’Agroscope –, Voltiris a commencé la commercialisation de ses panneaux solaires fin 2023, chez un producteur de tomates à Genève, en partenariat avec Romande Energie et d’autres acteurs (SIG, Fondation suisse pour le climat et l’Office fédéral de l’énergie).

«Notre business model s’appuie sur deux possibilités pour les producteurs maraîchers: l’autofinancement ou un contrat d’énergie à long terme. Dans ce second cas, le financement est assuré par un tiers, comme un énergéticien, auprès duquel le producteur maraîcher s’engage à acheter l’électricité produite par nos modules à un prix déterminé pendant 15 à 25 ans. De notre côté, les revenus proviennent de la vente de l’installation solaire ainsi que des services que nous assurons, comme la maintenance», ajoute le CEO de Voltiris.

Cette année, l’objectif principal de Voltiris est de mener à bien son premier projet à l’échelle de 1 hectare, ce qui implique l’installation de plus de 2000 modules solaires. Ce projet sera réalisé en décembre dans le canton d’Argovie. Divers projets de plus petite envergure seront menés chez d’autres producteurs, en Suisse, en France et aux Pays-Bas. La jeune pousse, qui emploie 12 personnes, concentre son développement sur des marchés clés de la production européenne maraîchère. Comme les Pays-Bas, pays pionnier de la culture sous serre, devenus le deuxième exportateur mondial de fruits et légumes.

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Elisabeth Kim