Si vous ne faisiez pas ce métier aujourd’hui, que seriez-vous?
Je pense à une profession de foi ou de transmission de savoir.
Les valeurs qui vous sont essentielles?
Curiosité pour vouloir tout connaître et ne rien laisser au hasard, détermination pour ne jamais s’arrêter de tendre vers la troisième valeur qui est l’excellence.
Le premier argent que vous avez gagné?
Dans le restaurant de mes parents à 10 ans, à passer l’aspirateur avant le service.
Trois invités, réels ou fictifs, pour un dîner idéal?
Ray Eames, designeuse de génie avec son mari Charles, Charlotte Perriand, qui a signé quasi toutes les pièces de Le Corbusier, et Marie Curie. Des pionnières qui ont réinventé notre monde.
La qualité que vous admirez chez un entrepreneur ou un dirigeant?
L’humilité et la sagesse, à la manière de Haruka Nishimatsu, ancien CEO de Japan Airlines, qui est devenu mondialement célèbre pour avoir sacrifié son propre salaire afin de sauver les emplois de ses employés et redresser l’entreprise en pleine crise.
L’artiste dont vous aimeriez acheter une œuvre si vous en aviez les moyens?
Je pleure devant les formats monumentaux de bleus IKB d’Yves Klein. Mon cerveau entre en ébullition à chaque fois.
Le meilleur livre que vous avez lu ces derniers temps?
Design by Accident d’Alexandra Midal, qui propose une relecture du design sous l’angle des jalons et des personnes oubliées de son histoire.
Le film ou la série qui vous a marqué?
Un grand classique du cinéma SF qui contient des moments puissants, une photographie superbe, une vision précise sur le futur, un réalisme total et qui résonne aujourd’hui très fort avec l’avènement des IA: je nomme 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (sans oublier les pièces de design incroyables qui meublent les intérieurs de ces espaces).
Le dernier restaurant qui vous a impressionné?
Je me suis récemment pris une claque à Milan où nous sommes allés manger au Contraste. Une étoile, 15 plats, cuisine expérimentale et un décor incroyable.
Un seul objet sur une île déserte, lequel?
Clairement un couteau suisse.
Si vous deviez quitter la Suisse, où vous installeriez-vous?
En Corée du Sud, pour sa folle créativité et l’ancrage profond du design dans toutes les strates de la société.
Le dernier achat pour lequel vous avez dépensé sans compter?
Une Alfa Romeo Spider grise de 1981, un petit caprice de designer.
Un homme ou une femme pour illustrer un nouveau billet de banque?
Trix Haussmann qui, avec son mari, a façonné l’art de vivre des intérieurs suisses.
L’entrepreneur que vous admirez?
Patrizia Moroso. Elle a fait d’une entreprise familiale du Frioul une des références mondiales du design contemporain sans jamais renier l’artisanat de départ. C’est exactement la tension que je vis: entre héritage et innovation, rigueur et générosité créative.
Votre moyen de transport de prédilection?
Le train, surtout en Suisse. C’est aussi un bureau, un restaurant.
Qu’est-ce qui peut vous faire sortir de vos gonds?
La mauvaise foi et le mensonge, ce n’est pas rationnel.
Votre dernière fête trop arrosée?
Le soir du dernier jour du KICK-OFF que nous avons organisé fin mars dans nos locaux de Renens, la pression pouvait enfin retomber.
La plus grande découverte de ces cent dernières années?
Que l’on ait été capable de sortir de notre atmosphère et de marcher sur la Lune.
Si Dieu existe, après votre mort, qu’aimeriez-vous l’entendre vous dire?
Ne t’arrête pas, ce n’est que le début…