C’est avec détermination que NewBiologix s’attaque aux thérapies géniques. Le 11 mai dernier, la jeune société inaugurait en grande pompe ses nouveaux locaux et ses laboratoires dernier cri, 1800 m2 au Biopôle, dans les hauts de Lausanne, en présence du Prix Nobel de chimie 2018 Gregory Winter. Avec une équipe expérimentée de 16 collaborateurs – un nombre qui devrait s’élever à une trentaine l’an prochain –, le binôme dirigeant compte décrocher ses premiers contrats commerciaux dès fin 2024, après une phase test, et lancer la production à large échelle du fruit de ses recherches en 2025, atteignant au passage le break heaven. Pour ce faire, la start-up a convaincu le sous-traitant pharmaceutique suédois Recipharm d’investir à hauteur de 45 millions de francs.

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Il faut dire que les fondateurs de NewBiologix ne sont pas des nouveaux venus dans la biotech. «Nous sommes des vieux de la vieille!» lancent Igor Fisch et Nicolas Mermod. Les deux scientifiques, anciens professeurs en biologie à l’Université de Lausanne, ont cofondé en 2001 Selexis, revendue en 2017 au groupe japonais JSR Corporation. A l’époque de la vente, la société genevoise avait participé au développement de quelque 80 produits pharmaceutiques et trois médicaments avaient été commercialisés.

Réduction des coûts de production

Avec Selexis, les deux chercheurs avaient développé une méthode permettant de réduire les coûts de production de médicaments dits «biologiques», des protéines thérapeutiques comme les anticorps monoclonaux, dont l’industrialisation est très onéreuse, notamment dans le traitement des cancers. C’est la même logique que NewBiologix entend reproduire, mais cette fois en ciblant les vecteurs viraux, les «véhicules» qui permettent d’amener un gène thérapeutique au cœur des cellules de l’organe malade d’un patient.

«Nous n’allons pas «fabriquer» les vecteurs viraux mais nous concentrer sur les technologies stables qui permettent de générer jusqu’à 100 fois plus de vecteurs viraux et traiter ainsi plus de patients par lot de production, explique Nicolas Mermod. Pour imager la chose, c’est comme si nous allions construire une fusée, dans laquelle sera inséré le médicament qui sera injecté ensuite chez le patient.»

Potentiel technologique

Les thérapies géniques, dont les premiers essais cliniques ont débuté dans les années 1990, sont en pleine expansion et ont le potentiel de traiter un grand nombre de maladies, qu’elles soient ou non génétiques. Mais leur développement est freiné par leurs coûts de production exorbitants, à l’instar du Zolgensma de Novartis en 2019, destiné au traitement de l’amyotrophie spinale, dont une seule injection s’élevait à 2 millions de francs! L’objectif de NewBiologix est donc de réduire les coûts des thérapies géniques, sans toutefois pouvoir, à ce stade, articuler de chiffres. «Ce seront nos clients, en priorité des sociétés pharmaceutiques, qui décideront, note Igor Fisch. Mais avec un temps réduit pour leurs essais cliniques, nos clients auront moins d’argent à investir grâce à notre méthode de production des vecteurs viraux.»

En chiffres

45 millions 
Le montant, en francs, de la première levée de fonds de NewBiologix auprès de Recipharm, sous-traitant pharmaceutique suédois.

2025
Dans à peine deux ans, la start-up lausannoise compte commercialiser ses premiers brevets auprès des sociétés pharmaceutiques.

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Elisabeth Kim