«Je suis arrivée de Bulgarie en 2020 pour me former à l’EHL Hospitality Business School. En troisième année, nous devons réaliser un stage en entreprise. Alors je me suis dit: «Et pourquoi pas dans mon entreprise?» Le problème, c’est que je n’en avais pas! Au fond de moi, j’ai toujours su que je voulais créer quelque chose dans le domaine du chocolat. Ma mère a fondé sa propre chocolaterie en Bulgarie quand j’avais 14 ans, et mon père est Belge, il nous rapportait donc souvent du chocolat de ses voyages au Plat Pays... Pour moi, c’est une passion, même si je ne me voyais pas confectionner du chocolat moi-même.

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En découvrant la Suisse, un pays connu et reconnu à l’international pour son chocolat, je me suis aperçue que personne ne connaît les artisans locaux. Les gens vont visiter des musées du chocolat et achètent des marques connues, mais quid des indépendants?

En visitant leurs sites internet, je me suis aussi rendu compte qu’une bonne partie des webshops des chocolatiers artisanaux ne sont pas très fonctionnels. L’idée m’est venue tout de suite: créer une plateforme digitale qui met en avant des artisans de tous les cantons romands et leur permet d’y vendre leurs produits. Je leur offre une certaine visibilité mais je n’ai aucun stock: les commandes passées sur Kakaos, le nom de ma plateforme, sont envoyées par les chocolatiers eux-mêmes. Par conséquent, un client qui commande des produits de deux artisans différents recevra deux colis, et pas forcément le même jour.

C’est peut-être un point faible de ma plateforme, mais cette manière de faire est voulue. Avoir des stocks de chacun des produits chez moi, en multipliant les envois postaux des chocolatiers, d’abord à moi, puis aux clients, serait une aberration écologique et économique. De plus, je n’avais aucun moyen de savoir quels produits seraient les plus demandés et lesquels seraient moins populaires. Et je n’en ai toujours pas après trois mois, la plateforme ayant été lancée en septembre. Comment gérer un stock dans cette situation?

Les trois critères que j’applique pour sélectionner les chocolatiers avec qui je collabore sont la taille de leur entreprise (pas plus de deux boutiques, ndlr), qu’ils aient l’ambition de se faire connaître en Romandie et que chaque canton soit proportionnellement bien représenté. J’ai commencé par contacter une septantaine de chocolatiers et c’est à ce moment-là que j’ai eu ma première déception dans ce projet: seuls cinq m’ont répondu, alors que je m’attendais à trois ou quatre fois plus. J’ai alors remis en question mon projet; heureusement, j’ai reçu beaucoup de soutien, notamment de la part des premiers participants, et j’ai persévéré.

Aujourd’hui, Kakaos compte une dizaine de partenaires, dont le double champion du monde Jorge Cardoso et plusieurs noms bien connus régionalement. Quelques nouveaux sont en négociation pour début 2024, avec qui je discuterai de nouveau une fois la période des Fêtes passée. Pour Noël justement, Kakaos propose, à travers l’un ou l’autre des chocolatiers, de faire réaliser des créations sur mesure.»

Siméon Calame
Siméon Calame