«Depuis tout petit, j’aime entreprendre. A l’école, lorsqu’il fallait vendre des calendriers pour récolter un peu d’argent, j’étais celui qui en vendait le plus, loin devant les autres. Je ramenais aussi de nos vacances en Italie des produits comme des boissons ou des biscuits que je vendais dans la cour de récréation, comme au marché. A la base, je voulais lancer mon propre magasin d’alimentation.

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Ayant grandi dans la région d’Annemasse, j’ai toujours eu beaucoup de liens avec la Suisse. Après mon bac, j’ai décidé de partir à HEC Saint-Gall, puis de rejoindre l’EPFL, où j’ai étudié l’informatique. Entre les deux, je suis parti à Singapour pour un échange d’un an. J’y ai travaillé au sein d’une start-up active dans la tech, avant d’en rejoindre une autre, à Munich, en tant que data scientist. J’ai énormément travaillé. J’étais le dernier à partir tous les soirs, mais cela a été très formateur.

C’est à l’EPFL, en aidant d’autres compagnons à monter leur société, que je me suis aperçu qu’il existait un énorme manque au niveau de la synchronisation des systèmes d’entreprise. Nous avons donc décidé de créer Stacksync avec mon associé, Alexis Favre. Il s’agit d’une solution qui aide les ingénieurs et les équipes de vente à connecter tous leurs systèmes d’entreprise sans une seule ligne de code, à n’importe quelle échelle. L’idée consiste à synchroniser en temps réel et en bidirectionnel les CRM et les bases de données, ce qui réduit de plus de 90% les coûts d’intégration.

Nous avons d’abord reçu des aides du canton de Vaud, d’Innosuisse, ainsi que de Lightbird VC et d’autres investisseurs, qui nous ont soutenus à un stade très précoce. Après une année de développement, nous avons été acceptés dans le prestigieux incubateur de la Silicon Valley Y Combinator et avons réussi à obtenir un capital important lors du YC Demo Day, à San Francisco. Au total, les sommes dépassent à ce jour 1 million de francs. Y Combinator reçoit près de 30 000 dossiers chaque semestre, dont environ 200 seulement sont acceptés. Cette année, nous avons été la seule start-up suisse à avoir pu suivre ce programme de coaching durant trois mois en Californie, c’est une grande fierté.

L’une des principales difficultés a été de trouver du financement pour nous lancer et de montrer l’efficacité de notre solution. C’est un système très complexe. Il devait être parfait pour que nous puissions le présenter et le vendre.

C’était aussi très compliqué en termes d’emploi du temps, car il fallait combiner le lancement de la start-up et les études. En plus, j’ai eu un procès avec un investisseur potentiel qui était malintentionné, un problème que j’ai fini par résoudre après sept mois de lutte au tribunal… C’était extrêmement pénible, notamment en raison du temps que cela m’a pris et des frais occasionnés. Nous cherchons désormais à agrandir notre équipe et à recruter des ingénieurs. J’aime beaucoup partager ce qui m’arrive, essayer d’inspirer les gens et montrer qu’en Suisse aussi on peut innover et créer des start-up ayant une portée mondiale. Notre ambition est de devenir la prochaine licorne helvétique.»

William Türler
William Türler