Abo
Next Gen

«J’ai compris que je voulais d’une vie sans couche hiérarchique»

Fondée par Luca Cretin et Nicolas Secretan, Orbis s’est spécialisée dans la réparation et la restauration de montres, des modèles courants aux pièces les plus prestigieuses.

Sophie Marenne

Luca Cretin, cofondateur d’Orbis.
Luca Cretin, cofondateur d’Orbis.Nicolas Secretan

Publicité

«Pourquoi suis-je devenu entrepreneur durant mes études? C’est une question d’opportunité. Après de nombreux stages au sein de grandes marques et chez des horlogers indépendants, j’ai rapidement compris que c’était vers cette vie-là, sans couche hiérarchique, que je voulais me diriger.
Via des amis communs, j’ai rencontré mon futur associé, Nicolas Secretan. Il étudiait les relations publiques et le marketing digital en travaillant à côté, notamment pour une maison de ventes aux enchères à Hongkong. Nos ambitions étaient identiques et nos compétences très complémentaires. Quatre mois plus tard, nous avions fondé notre Sàrl, Orbis. Nous n’avions aucune expérience, mais beaucoup d’enthousiasme. Si c’était à refaire, nous ferions sans doute un business plan d’abord (rires).
Notre première idée était d’acheter des montres cassées, de les réparer et de les vendre aux enchères. Mais les réparations se sont rapidement révélées plus intéressantes. Nous avons donc réorienté notre modèle d’affaires vers un atelier spécialisé dans les soins les plus complexes, mettant directement en lumière mon expertise. Après deux CFC à l’Ecole technique de la vallée de Joux (ETVJ), je m’étais lancé dans la formation de technicien ES en restauration et complications horlogères au Locle, un cursus d’une exigence extrême. Au terme de deux ans et demi intensifs, j’ai été le seul diplômé de ma promotion, à la fois major et dernier!

Contenu Sponsorisé

Avoir lancé Orbis deux ans avant la fin de nos études nous a permis d’expérimenter sans pression. Nos diplômes en poche, nous nous sommes consacrés pleinement à l’entreprise, allant même jusqu’à voyager avec nos machines à Hongkong et à Taïwan pour servir des clients ultra-high-net-worth sur place.
Aujourd’hui, Orbis s’articule entre trois sites: un bureau lausannois, un atelier à Yverdon pour les services simples (hébergé chez Eluxa de Laurent Panzella) et un autre au Brassus pour les pièces exigeantes. Notre clientèle va du voisin venu changer une pile aux collectionneurs de toute la Suisse, voire ailleurs. Plus la montre est haut de gamme, plus le client vient de loin.
Notre avantage concurrentiel repose sur la rapidité: nous livrons environ quatre fois plus vite que les services après-vente des grandes marques. Démontage, huilage, vérification, réparation et remontage nous prennent six semaines au maximum, généralement moins. Pour le moment, nous avons 200 montres en attente: des Rolex, Ebel, Omega, Longines, Patek Philippe ainsi que quelques pièces vintage sans nom. Parmi les montres les plus impressionnantes restaurées figurent une Patek Philippe 3970E ou une montre de poche à répétition minutes et quantième perpétuel signée Chatelain.

Publicité

Nous avons engagé notre premier employé l’an dernier: l’horloger Noah Zaffinetti, rencontré aux études puis retrouvé en stage chez Christophe Adinolfi. Orbis affiche un taux de croissance de plus de 80% depuis l’an dernier et nous visons le même rythme l’an prochain. Dans les mois à venir, nous prévoyons d’embaucher de nouveau et d’ouvrir un autre atelier en Suisse puis, à plus long terme, dans l’Union européenne et en Asie.»

Bio express

2001
Naissance. Il grandit à la vallée de Joux.
2021
Obtention d’un CFC d’horloger rhabilleur, après un CFC d’horloger de production.
2022
Création d’Orbis à Lausanne, en parallèle de ses études.
2023
Diplôme de technicien ES en restauration et complications.
A propos des auteurs
Sophie Marenne
Sophie Marenne
Après des débuts en radio et un focus sur les droits humains, Sophie Marenne a pivoté vers l’actu économique par une expérience en presse luxembourgeoise. En Suisse, elle décrypte les tendances technologiques, l'information financière et les parcours d'entrepreneur·e·s, d’abord pour L’Agefi et maintenant pour Ringier, toujours à l'affût des histoires inattendues qui façonnent le monde des affaires.

Publicité