Spécial Automobile: les innovations qui vont changer la route
Les constructeurs automobiles changent de cap
Tesla et Hyundai misent sur les robots humanoïdes plutôt que sur les voitures. Et dans la ville intelligente de Toyota, la robotique joue aussi un rôle central. Qu’est-ce qui se cache derrière cette tendance?
Gabriel Knupfer
Tesla se concentre désormais sur les robots humanoïdes. CFOTO/Future Publishing/Getty Images
Pour Tesla, 2025 a été une année à oublier. Les ventes ont chuté de 9% et les bénéfices ont presque diminué de moitié. Mais Elon Musk ne voit pas de raison de s’inquiéter de ce ralentissement. Car il a d’autres projets: au lieu de voitures, l’entreprise souhaite désormais construire davantage de robots humanoïdes Optimus, au détriment des anciens modèles Tesla. «Nous allons transformer la production des modèles S et X dans notre usine de Fremont en une usine Optimus, a déclaré le CEO de Tesla. L’objectif à long terme est de produire 1 million de robots par an.»
Tesla n’est pas le seul constructeur automobile à se concentrer sur la robotique. Le groupe sud-coréen Hyundai a déjà racheté en 2021 le fabricant américain de robots Boston Dynamics. Cette année, l’entreprise a annoncé que le robot humanoïde Atlas trierait des pièces dans les usines Hyundai à partir de 2028, puis assemblerait des voitures entières. Elle remplace ainsi les employés humains dans la production. A moyen terme, l’humanoïde devrait toutefois devenir lui-même le produit.
Une ville robotique intelligente
Toyota s’intéresse également à l’IA et à la robotique comme nouveau domaine d’activité. Le plus grand constructeur automobile du monde bâtit au pied du Mont Fuji, une ville intelligente qui accueillera à terme 2000 personnes. Elles testeront les technologies du futur dans leur vie quotidienne: des véhicules autonomes circuleront dans les rues, les maisons seront équipées de capteurs qui surveilleront la santé des habitants. Des drones équipés de lumières accompagneront les habitants chez eux en toute sécurité la nuit. Des robots aideront les personnes âgées dans leur vie quotidienne et leur tiendront compagnie.
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Le calcul des constructeurs automobiles est évident. «A l’avenir, l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes permettront d’avoir plus de succès que la construction automobile, déclare Ferdinand Dudenhöffer, directeur de l’institut allemand CAR, spécialisé dans la recherche automobile. C’est un secteur industriel qui dépasse l’ancienne industrie.» Et aujourd’hui déjà, ces deux domaines ne sont plus si éloignés l’un de l’autre. «Une voiture moderne est en fait un robot à quatre roues, explique Philipp Raasch, fondateur et éditeur de la newsletter Der Autopreneur. Les technologies de base se recoupent fortement.» Il s’agit dans les deux cas de batteries, de moteurs électriques, de capteurs, d’électronique de puissance et de puces IA. Et les constructeurs automobiles ont un atout. «Ils savent faire quelque chose dont la robotique a urgemment besoin: produire en série du matériel complexe de manière fiable et peu coûteuse», ajoute Philipp Raasch.
Les véhicules dits «software-defined» (définis par logiciel) sont utiles à cet égard. Dans des entreprises telles que Tesla et Xiaomi, une grande partie des fonctions est déjà contrôlée par des logiciels, qui peuvent être mis à jour à tout moment. Le véhicule reste ainsi à la pointe de la technologie pendant des années après son achat, sans qu’il soit nécessaire de passer par un garage. Le parallèle? «Grâce à l’IA, les robots et les machines apprennent à une vitesse infinie et les coûts d’apprentissage sont faibles», explique Ferdinand Dudenhöffer.
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Un marché prometteur, mais avec de nombreux acteurs
Le fait est que le potentiel des robots humanoïdes est énorme. Goldman Sachs prévoyait en 2024 un marché de 38 milliards de dollars d’ici à 2035. Mais les experts ne sont pas certains que la stratégie des constructeurs automobiles soit couronnée de succès. Le robot Optimus de Tesla reste un projet de recherche, souligne Philipp Raasch. «Et, contrairement aux voitures électriques, Tesla ne bénéficie d’aucun avantage pionnier dans le domaine de la robotique.» Tesla n’est qu’une entreprise parmi tant d’autres. Au final, c’est probablement celle qui produit au meilleur prix qui l’emportera. «Cela parle davantage en faveur de la Chine que de Tesla.» Ferdinand Dudenhöffer partage cet avis: «Les collègues humanoïdes de Tesla sont plutôt trop chers.»
En raison des coûts de production relativement élevés en Europe, la fabrication de robots humanoïdes n’est probablement pas non plus une solution pour l’industrie automobile allemande en crise. A cela s’ajoute le fait que «les coûts d’entrée seraient très élevés et le risque de dépréciation encore plus grand», selon Ferdinand Dudenhöffer. Les robots sont toutefois intéressants pour les employeurs, ajoute Philipp Raasch: «Un ouvrier qualifié allemand coûte environ 45 euros de l’heure. Un robot coûte aujourd’hui entre 12 et 15 euros selon les estimations.» Les humanoïdes pourraient donc contribuer à l’avenir à la réduction des coûts, qui est pourtant urgente.
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