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Notre but: être numéro un, ni plus ni moins!

Pour Eric Grignon, patron d’HollyStar à Neuchâtel, la stratégie de Sky est comparable à celle de Netflix.

En mai, le groupe Sky a racheté HollyStar, votre entreprise de VOD. Le 17 août, vous lanciez Sky Sport en Suisse alémanique. Vous ne perdez pas de temps…

Effectivement, c’est rapide. Mais c’est pour la vitesse que Sky a acquis une petite société en Suisse. Le lancement a fait beaucoup de bruit en Suisse alémanique. Car non seulement, nous avons lancé la chaîne sur le web, les tablettes et les smartphones, mais nous avons aussi des accords avec UPC, Sunrise et Swisscom pour une présence sur toutes les box des opérateurs. Et ce n’est que la première étape.

Il y en aura donc d’autres?

Oui, car on ne veut pas laisser la Suisse romande et le Tessin de côté. Mais avant de démarrer, il nous faut du contenu un peu différent. C’est comme pour les films, la demande n’est pas tout à fait la même entre les régions géographiques de Suisse. Et puis, on veut aussi se lancer dans le film, Sky étant l’un des plus gros producteurs de contenu du monde. Chaque année, le groupe investit près de 7 milliards d’euros dans l’achat de droits et la production de films ou de séries.

Quel est votre objectif?

Etre le numéro un, ni plus ni moins. Sky est le numéro un du sport en Allemagne, mais aussi en Autriche et en Italie. La stratégie ne sera pas différente en Suisse. Il ne faut cependant pas nous voir – et j’insiste – comme un concurrent de Teleclub ou de MySports. Sky est l’un des premiers fournisseurs de contenu pour ces deux groupes. En Suisse alémanique, le bouquet sportif de Teleclub sport, c’est 100% Sky. Nous fournissions les droits à Teleclub, bien avant août. Dès août, Sky a aussi signé avec UPC pour la diffusion de la Bundesliga, qui a été enlevée à Swisscom. Mais nous avons toujours nos droits sur la ligue. Donc, c’est vrai que l’on vend la même Bundesliga que MySports au consommateur.

La situation n’est-elle pas un peu schizophrénique?

Si vous regardez à long terme, il faut considérer Sky un peu comme Netflix. Ce sont les chaînes TV du futur. Soit des agrégateurs de contenu qui formulent des offres et, ensuite, les distribuent. L’objectif d’une chaîne TV est d’être partout, sur tous les canaux. Nous en sommes une et nous ne voyons pas Swisscom et UPC comme des concurrents, plutôt comme des partenaires de distribution. En revanche, c’est vrai qu’il y a une certaine guerre entre eux pour gagner des clients au niveau de l’internet. Nous souhaitons rester en dehors de tout ça pour que notre contenu soit disponible partout. Je reconnais que cela ne va pas complètement dans leur sens. Ils aimeraient bien avoir de l’exclusif pour pouvoir faire bouger le client.