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Le marché mondial de la biométrie va franchir la barre des 30 milliards de dollars en 2021. © istockphoto

La biométrie, le nouveau filon romand

Reconnaissance vocale ou rétinienne, empreintes digitales, le marché de la sécurité des systèmes de contrôle d’accès est gigantesque.

L’Arc lémanique est très médiatisé dans le monde de l’industrie technologique en raison de la présence de ses entreprises spécialisées dans les domaines des biotechs ou des fintechs. Un autre secteur, plus discret, émerge néanmoins avec un réel potentiel et surtout une véritable plus-value pour les entrepreneurs. Il s’agit de la biométrie, qui connaît un véritable essor en Suisse. Notamment de la part des PME, très demandeuses d’équipements biométriques, avec une hausse de plus de 20%. Et pour cause. Les possibilités offertes par ces technologies futuristes semblent en effet aussi variées que pratiques dans la gestion quotidienne des sociétés.

Des contrôles d’accès à empreintes digitales à la reconnaissance faciale ou vocale en passant par de nombreuses autres applications liées à la morphologie humaine, le marché mondial de la biométrie devrait franchir la barre des 30 milliards de dollars d’ici à 2021, soit une croissance de 118% par rapport à 2015! ««Les sociétés s’y engouffrent, à l’image de Facebook, Google, Amazon, Samsung ou Apple, via la reconnaissance faciale ou l’empreinte digitale. De nombreuses sociétés suisses sont aussi de la partie», précise Yves-Roger Chappuis, négociateur en actions et dérivés à la BCV.

Contrôle d’accès infalsifiable

Guy den Hartog est le directeur général du groupe Almas Industries Swiss à Villars-Sainte-Croix, spécialisé dans les produits utilisant l’empreinte digitale. Il nous a confirmé le fort potentiel de cette industrie. «La biométrie reste la méthode la plus simple, la plus hygiénique et la plus pratique au quotidien. Nous sommes sur un marché porteur avec une demande croissante, notamment dans le domaine de la sécurité. Les lecteurs biométriques apportent la sécurité d’un système de contrôle d’accès infalsifiable. Nos plus grosses ventes se font avec des produits de biométrie digitale et des défibrillateurs.» A noter que la firme vaudoise, active dans le monde entier, est une entité du grand groupe français éponyme.

Autre société, genevoise cette fois, Eliametrix, qui offre également des solutions d’accès biométrique d’identification et d’authentification complètes, mais fait aussi de la recherche et développement de solutions d’accès biométrique en lien avec des systèmes de paiement. Pour ce faire, la PME propose des solutions et services biométriques sur mesure allant de l’identification vocale, faciale, de la paume de main, des empreintes digitales et par scan rétinien pour une combinaison d’authentification ultra-sécurisée dans le domaine digital.Pour Eliametrix, la main reste le membre le plus important. «Notre but est de moderniser la manière que nous avons de nous connecter au monde qui nous entoure grâce à la biométrie. Et la main représente ce symbole pour nous», expliquent les cofondateurs, Jean Elias Roulin et Mark Winiger, qui donnent leur vision du futur. «Notre monde va connaître une révolution digitale, un bouleversement qui touchera chacun d’entre nous et qui va s’accélérer au cours de ces prochaines années. Nous espérons aussi contribuer aux innovations de demain au travers des technologies et solutions développées au sein de l’entreprise.»

Autre exemple, la start-up lausannoise OneVisage vient de remporter le PwC SecTech Award 2018, un prix récompensant la pousse romande la plus innovante en matière de sécurité digitale. Et comme son nom l’indique, OneVisage base son expertise et son portefeuille de solutions sur les techniques d’authentification faciale 3D pour les plateformes mobiles et de bureau. Elle est basée à Lausanne. Très présente sur le marché, la filiale du groupe Securitas, Securiton, propose pour sa part de nombreuses options biométriques, de la reconnaissance d’empreintes digitales, de veines ou d’iris, à la biométrie sur carte. Enfin, à Yverdon, Bodet Software s’est spécialisée dans la technique des badgeuses biométriques. Elle clôt ainsi notre liste non exhaustive.

Quid de l’identification des clients?

Reste que notre expert de la BCV relativise la maturité de toutes ces techniques: «Dans la vie réelle, les caractéristiques physiques sont loin d’être parfaites et précises, et l’on atteint très vite les limites de ces techniques. Et il y a un inconvénient majeur, c’est le vieillissement de la personne. Un traumatisme plus au moins important peut également changer les mesures. Prenons le cas des empreintes digitales; il suffit d’une température irrégulière, une transpiration différente ou une coupure au doigt pour qu’il y ait une anomalie dans le dessin des empreintes et que la personne, pourtant enregistrée dans la base de données, ne puisse plus y accéder. Afin d’éviter ce problème, le système autorisera une certaine marge d’erreur et un système à code est très souvent mis comme second rempart. Mais avec le temps, les progrès technologiques vont certainement rendre la biométrie encore plus sûre.»

Il est à noter également qu’un nombre croissant d’entreprises utilisent des logiciels de reconnaissance vocale pour vérifier l’identité de leurs clients, ce qui a beaucoup déplu en Suisse. Selon les normes fédérales, le recours à de tels programmes est licite pour autant que les personnes concernées en soient informées de manière transparente et qu’elles donnent leur consentement explicite à l’utilisation de leur empreinte vocale. Les droits d’accès aux données doivent également être réglés de manière claire, nous est-il précisé.