Aller au contenu principal
Le souchet utilisé par Pure Natural Food, un tubercule au goût légèrement sucré, est cultivé au Togo. © Magali Caillet

Par amour de l’Afrique

Pure Natural Food est l’une des rares entreprises helvétiques à produire des aliments sans gluten ni lactose à base de souchet, un tubercule originaire d’Afrique et de Méditerranée.

Le breuvage est onctueux et laisse en bouche un goût d’amande, de noisette et de coco. Naturellement sans gluten ni lactose, le nouveau lait végétal horchata de la jeune société Pure Natural Food a les atouts pour séduire un large public friand de produits sains et exotiques, provenant de cultures sans pesticides. Depuis février, la jeune société, nichée dans une ruelle calme de Renens, près de Lausanne, est la première à produire en Suisse cette boisson à base de souchet, un tubercule paléolithique originaire d’Afrique et du bassin méditerranéen, où il fait partie intégrante de l’alimentation depuis des temps immémoriaux.

Peu connue en Europe du Nord, l’horchata est très prisée en Espagne et en Amérique du Sud. «Riche en fibres, vitamines et minéraux, cette boisson a des qualités nutritionnelles exceptionnelles. C’est un prébiotique naturel, idéal pour tout le monde, y compris les enfants et les personnes âgées», précise Simone Schneiter-Ameko, fondatrice de Pure Natural Food. Le lait est le dernier-né d’une gamme de produits à base de souchet commercialisés depuis 2016 par la société sous la marque Back to Roots. On y trouve de la farine, de l’huile pressée à froid, des flocons et des snacks. Pure Natural Food représente aussi en Suisse l’entreprise de cosmétiques à vocation sociale Alaffia, basée aux Etats-Unis. Le point commun entre ces deux entreprises est l’Afrique, et plus particulièrement le Togo, d’où est originaire Simone Schneiter-Ameko.

Entrepreneuriat social

Avant de lancer son propre business, la cheffe d’entreprise a eu une carrière pleine de rebondissements, ponctuée notamment par la création d’un prix de journalisme en Afrique et un travail chez Nestlé, dans la gestion de projet. Elle est également membre de l’AWEP (African Women Entrepreneurship Program). En 2009, elle rachète avec son mari suisse une ferme de 50 hectares située à 120 kilomètres de Lomé, la capitale du Togo. Ils commencent à y cultiver la cacahuète et la noix de cajou et à les torréfier de manière artisanale. «Le but était de créer une communauté autosuffisante favorisant l’entrepreneuriat féminin et l’économie durable en milieu rural, en cultivant des aliments bios», glisse Simone Schneiter-Ameko. Pure Natural Food, créée en 2016, est la suite logique de ce premier projet.

Objectif: 1 million de bouteilles d’horchata vendues d’ici à 2020. © DR

Aujourd’hui, les cacahuètes vendues en Suisse proviennent du domaine togolais. Mais le souchet présent dans l’horchata, par exemple, est cultivé au Niger, dans une ferme biologique propriété de Tigernuts Traders, leader dans l’exportation du tubercule et de ses dérivés. «J’ai choisi ce fournisseur car il réinvestit localement et utilise des normes bien supérieures à celles exigées dans le commerce équitable», assure la fondatrice de Pure Natural Food. Son entreprise est aujourd’hui le distributeur exclusif de Tigernuts Traders en Suisse. A terme, Simone Schneiter-Ameko souhaite également réinvestir en Afrique une partie des bénéfices réalisés en Suisse «pour soutenir l’autonomisation des communautés locales».

La jeune société a récemment reçu un soutien financier du Service de la promotion de l’économie et de l’innovation du canton de Vaud (SPEI). Elle collabore aussi avec divers instituts de recherche, dont la HES-SO Valais, pour le développement de ses produits sans additifs et la production de son lait végétal. La marque Back to Roots est actuellement disponible dans quelques dizaines de magasins en Suisse romande et à Zurich.

Le but est de développer encore les ventes en terres helvétiques. Notamment celles de l’horchata, le produit phare de la marque. Pour ce faire, Pure Natural Food espère aussi conquérir le marché des cantines d’entreprise. Des contacts ont également été établis avec Bio Partners, Coop Pronto, des pharmacies et plusieurs commerces spécialisés. «L’objectif avoué est de pouvoir écouler un million de bouteilles d’horchata par an d’ici à 2020», conclut Simone Schneiter-Ameko.