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Justin Picard et Paul Landry, deux des trois cofondateurs de ScanTrust. © Stéphanie Liphardt/PME Magazine

ScanTrust, la start-up qui traque les contrefaçons

Basée en Chine et à l’EPFL, la société créée en 2014 a développé une technologie basée sur le code QR permettant de détecter les contrefaçons et d’assurer la traçabilité. Un marché immense.

Le parcours de ScanTrust est atypique, relève Justin Picard, l’un de ses cofondateurs. Sa direction est internationale – ce dernier est d’origine canadienne, tandis que Nathan Anderson, autre cofondateur, est Américain –, tout comme les marchés visés depuis ses origines par la start-up vaudoise née en 2014. «Dès sa création, ScanTrust a choisi d’être présente aussi bien en Suisse, à l’EPFL, qu’en Chine. Parce que nos clients principaux sont des multinationales, américaines et européennes, qui ont un problème de contrefaçon ou de traçabilité avec des produits fabriqués en Asie.»

ScanTrust développe des solutions de sécurité qui se démarquent par leur simplicité d’usage. Les utilisateurs peuvent scanner avec leur smartphone un code QR unique imprimé sur un produit et vérifier ainsi son origine. La jeune pousse, qui emploie 35 personnes entre la Suisse, l’Asie et également à Amsterdam, véritable plaque tournante pour le commerce en Europe, a mis au point une application et des codes QR impossibles à copier, protégés par des brevets.

ICO stoppée en 2018

Selon un rapport de l’OCDE, les contrefaçons représenteraient 3,3% des échanges mondiaux; des importations estimées à une valeur de 509 milliards de dollars en 2016. Au troisième rang des pays les plus concernés par ce problème, la Suisse. L’Administration fédérale des douanes a saisi pour 18,9 millions de francs de marchandises contrefaites en 2018. Et si les sacs à main ou les montres de marque sont les cibles favorites des contrefacteurs, de nombreux autres produits sont copiés. «Nous avons des clients horlogers comme Zenith ou Girard-Perregaux, mais les groupes avec lesquels nous travaillons sont majoritairement actifs dans l’alimentation et les boissons, comme Unilever, ou dans les composants industriels, comme les filtres à eau ou les pièces détachées pour les machines», ajoute Justin Picard.

La start-up ne communique pas son chiffre d’affaires mais prépare un tour de financement de série B – son ICO visant à lever 40 millions de dollars l’an dernier a été stoppée en raison d’un timing inadéquat, selon Justin Picard. A noter aussi qu’elle a rejoint Tech4Trust, programme d’accompagnement pour 14 start-up, lancé le 7 octobre, qui vise à renforcer l’écosystème suisse dans la cybersécurité.