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L’application Sowapi a été lancée en avril dernier. © DR

Sowapi, des «pet-sitters» pour nos toutous

La start-up valaisanne NesMo vise la moitié des ménages suisses qui possèdent un animal de compagnie. Son application permet de trouver facilement quelqu’un pour s’en occuper.

Près de la moitié des Suisses vivent avec un animal de compagnie – dont un quart avec un chien ou un chat. Pour autant, ils ne sont pas prêts à renoncer aux voyages. C’est pour répondre à leurs besoins que deux Valaisans ont lancé Sowapi en avril dernier. L’application développée à Riddes (VS) les met en contact avec des personnes prêtes à garder leur précieux compagnon, pour quelques heures ou plusieurs semaines.

L’idée de Sowapi a germé en 2016 dans l’esprit de Vanessa Maret et Maurício Estevão, 41 et 39 ans, alors qu’eux-mêmes rencontraient des difficultés à trouver un pet-sitter (soit un gardien d’animaux de compagnie). «Nous devions changer nos horaires de travail car nous voulions éviter de laisser nos chiens seuls pendant de longues journées, déclare Vanessa Maret. Il nous a fallu près d’un mois pour trouver une solution de garde adéquate.» Il manquait, selon l’entrepreneuse, un «Uber» du domaine.

Serpents, lapins nains et aquariums

Soutenu par Genilem et The Ark, le duo d’entrepreneurs a créé au printemps 2019 sa start-up, NesMo, pour mener à bien ce projet. Ils ont mis leurs professions respectives entre parenthèses (spécialiste en marketing et communication pour lui et cadre infirmière pour elle) et ont financé eux-mêmes, à raison de plusieurs dizaines de milliers de francs, le développement d’une première application mobile. Une stratégie qui la distingue de son concurrent alémanique Petsitting24, qui propose uniquement un site internet.

Sowapi table sur la qualité de son réseau: «Environ 350 pet-sitters sont déjà inscrits et chaque dossier a été vérifié par nos soins.» Il s’agit de professionnels du secteur disposant d’un CFC et de particuliers ayant plusieurs années d’expérience avec le type d’animal en question, des serpents aux grands chiens, des lapins nains aux poissons d’aquarium. A noter que la jeune pousse ne fixe pas les tarifs et qu’aucun paiement ne se fait par son intermédiaire. Des raisons juridiques expliquent ce choix: Sowapi ne souhaite pas assumer de rôle d’employeur, comme l’ont exigé plusieurs tribunaux cantonaux des applications de prestations de services telles qu’Uber.

Les propriétaires ont besoin d’une solution comme celle-ci: à la carte et facile. Cela devrait faire baisser le nombre d’abandons.

Léonore Lindén, vétérinaire à Sion

Entièrement gratuite pour l’instant, Sowapi ne génère encore aucun revenu bien qu’elle ait déjà été téléchargée 1700 fois pour 900 utilisateurs inscrits dans toute la Suisse romande. Une seconde version, en allemand, italien et anglais verra prochainement le jour. Elle comprendra des abonnements à l’application payants pour maîtres et gardiens avec davantage de fonctionnalités (suivi GPS de la promenade ou transfert de photos par exemple). Pour financer ce développement, la société recherche actuellement des investisseurs.

Moins d’abandons

Le couple démarre avec le gardiennage d’animaux de compagnie, mais entend à terme faire de Sowapi une plateforme de référence, centralisant tous les services pour le bien-être animal. «Il y aurait un réel intérêt, estime la vétérinaire de Sion Léonore Lindén, qui a suivi le projet. Les animaux sont désormais des membres à part entière de la famille, qui ont des besoins, que ce soit pour l’éducation ou le toilettage.» Une nouvelle offre qui suit la tendance du «pet tech», ou technologie au service des animaux.Ce marché devrait connaître une croissance de 23% en Europe entre 2019 et 2025, selon le spécialiste des études de marché Global Market Insights. Autre bénéfice mis en avant par Léonore Lindén: «Les propriétaires ont besoin d’une solution comme celle-ci: à la carte et facile. Cela devrait faire baisser le nombre d’abandons.»