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Le secteur de la robotique constitue un investissement boursier attractif, avec une croissance annuelle proche des 9%.
Le secteur de la robotique constitue un investissement boursier attractif, avec une croissance annuelle proche des 9%. © DR

Cinq exemples pour investir différemment

Il est possible d’investir dans des secteurs parfois aussi insolites que rentables. Voici cinq exemples pour constituer son portefeuille.

Il n’y a pas que nestlé dans la vie d’un investisseur en Suisse. Alors que le marché des actions pourrait bientôt faire l’objet d’un retournement important selon certains, les demandes et besoins de diversification sont légion en matière de portefeuille. Mais l’immobilier, l’or, l’art ou les pays émergents ne sont pas les seuls placements alternatifs que l’on puisse trouver sur les marchés. De multiples secteurs méconnus, pourtant potentiellement performants, sont envisageables pour des particuliers ou des sociétés suisses. Nous avons déniché cinq domaines originaux auxquels l’on ne pense pas forcément et avons interrogé des experts. A chaque possibilité, ses logiques, ses arguments, ses tendances. Faites votre choix!

1. Les infrastructures sociales

Notre premier interlocuteur est Jean-Francis Dusch, directeur de la gestion en dette d’infrastructure chez Edmond de Rothschild Asset Management. L’un de ses domaines de prédilection consiste à analyser les investissements dans les projets d’infrastructures sociales qui revêtent une importance significative pour la société, tout en contribuant à la croissance de l’économie et au développement durable.

«Généralement, les infrastructures sociales sont des actifs physiques à long terme abritant des services d’intérêt collectif, tels que des bâtiments scolaires, des hôpitaux, des logements sociaux, des tribunaux ou encore des établissements pénitentiaires. Ces actifs «basés sur la disponibilité» repré- sentent des placements très confortables pour les investisseurs en capital et en dette. Autre avantage, les actifs d’infrastructures sociales peuventêtre considérés comme peu risqués et offrent d’importantes opportunités de diversification (en particulier dans la dette) lorsque leur financement est structuré par des sociétés de gestion expérimentées», nous précise-t-il.

Selon lui, les opportunités sont toujours nombreuses; en effet, on estime que les besoins de financement de projets d’infrastructures sociales d’ici à 2020 se monteront à plus de 8000 milliards de dollars, dont plus de 40% dans les économies en développement. Ainsi, plus de 950 projets d’infrastructures sociales ont été menés à bien dans le monde depuis 2008, dont 77% en Europe, pour une valeur totale d’environ 95 milliards d’euros. Pour participer à ce mouvement global, la plateforme de dette d’infrastructure d’Edmond de Rothschild Asset Management, Bridge, compte parmi les acteurs qui bénéficient d’un accès unique aux actifs d’intérêt collectif en Europe.

2. Les «entreprises du patrimoine vivant»

Parmi les autres véhicules d’investissement récents, on peut aussi citer celui dédié aux «entreprises du patrimoine vivant», c’est-à-dire aux PME détenant un savoir-faire d’excellence. Mirabaud Asset Management vient d’innover dans ce domaine du private equity avec un premier fonds thématique dédié. Un premier closing de 50 millions d’euros a été réalisé, avec la participation d’investisseurs privés et institutionnels de premier plan. Ce fonds d’investissement permettra à des PME familiales actives en Suisse, en France, en Italie et dans d’autres pays européens, et ceci depuis au moins cinquante ans, d’obtenir un soutien à leur développement international et à leur stratégie d’innovation.

Ce premier fonds dédié au patrimoine vivant suscite un fort intérêt.

Lionel Aeschlimann CEO, Mirabaud Asset Management

Cette aide s’exprimera sous forme d’investissement de croissance, mais également de conseils stratégiques, juridiques, managériaux, marketing et commerciaux. Une façon solide de mettre son argent dans des PME importantes et historiques ainsi que le rappelle Lionel Aeschlimann, associé gérant du Groupe Mirabaud et CEO de Mirabaud Asset Management: «C’est une grande satisfaction de développer un secteur d’activité dans lequel nous avons de belles ambitions et qui nous correspond. Ce premier produit thématique dédié au patrimoine vivant a suscité un fort engouement et le succès du second et dernier closing se dessine déjà.»

3. Les fonds dédiés à la robotique

Un autre domaine, très spécifique cette fois, la robotique, peut devenir un vecteur d’investissement aussi moderne qu’intéressant. C’est en tout cas la conviction d’Alice Lhabouz, présidente et fondatrice de Trecento Asset Management, une société spécialisée dans la gestion de fonds d’actions internationales. «Nous avons notamment lancé les fonds Trecento Robotique et Trecento Santé, agréés par la Finma et commercialisés en Suisse», relève-t-elle.

«Les chocs démographiques et environnementaux ainsi que la recherche d’innovation et de compétitivité par les entreprises accélèrent l’essor de la robotisation et de l’intelligence artificielle, probables catalyseurs de la quatrième révolution industrielle. Le marché de la robotique a affiché une croissance économique annuelle proche de 9% grâce à ces catalyseurs de long terme. Par ses fortes perspectives de croissance, le secteur de la robotique constitue une thématique boursière attractive et innovante.»

L’experte explique ensuite les vecteurs d’investissement de son fonds dans la robotique. «Trecento Robotique est un fonds qui investit en actions de sociétés internationales exposées au secteur de la robotique, notamment les concepteurs-assembleurs de robot et leurs équipementiers fournisseurs de composant, matériel, matière, traitement des données, logiciel ou autre service. Son objectif est d’offrir une performance annuelle, sur la durée de placement recommandée d’un minimum de cinq ans, supérieure à 7%. Le fonds se caractérise par la recherche d’une volatilité modérée, voire faible pour un fonds d’actions internationales, grâce à plusieurs critères spécifiques d’investissement dont la pondération maximale de chaque position à 3% de manière active, 4% de manière passive, pour constituer un portefeuille de 50-60 valeurs environ.»

4. L’huile essentielle de bois d’agar

L’huile essentielle de oud, la plus chère du monde, est distillée à partir de résine de bois d’agar.
L’huile essentielle de oud, la plus chère du monde, est distillée à partir de résine de bois d’agar. © ASIA PLANTATION CAPTITAL

Un groupe international présent à Genève offre une opportunité d’investissement des plus originales, néanmoins très sérieuse. Il s’agit de la société Asia Plantation Capital qui s’est spécialisée dans la production et la distillation du bois d’agar (plus précisément de la résine d’arbre) afin d’obtenir l’huile essentielle la plus chère du monde, l’huile de oud, qui se négocie à… 30 000 dollars le kilogramme. Stéphan Leterrier, responsable à Genève du développement du groupe, nous explique pourquoi son «produit» est si cher et recherché: «La résine de l’arbre et l’huile essentielle sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise, les cérémonies religieuses et culturelles, dans l’industrie pharmaceutique et dans la cosmétique. Plus de 800 fragrances sont créées à base d’huile de oud.» Selon Wikipédia, l’huile de oud est une résine naturelle produite par le bois malade de certains arbres du sous-étage forestier de forêts tropicales d’Asie du Sud-Est. On lui attribue diverses vertus, contre les maux de ventre, certaines maladies cardiovasculaires, les neuropathies ou encore contre les nausées et l’asthme. Pour exemple, les musulmans parfument volontiers leur bain avec cette essence lors du ramadan.

Mais comment placer son argent sur de la résine, pourrait-on s’interroger? Dans ce cas d’investissement, les clients achètent des arbres et confient à Asia Plantation Capital le mandat de gestion pour la culture de ceux-ci, la distillation de la résine et la vente de l’huile de oud (issue de la distillation). «Ils disposent de différents niveaux de sécurité, d’assurances qui protègent le capital à 100%, d’un grand savoir-faire et d’un rendement très appréciable», observe le responsable. L’investissement minimum est de 22 000 dollars.

Asia Plantation Capital se veut en outre très profilée «développement durable», ce qui pourrait attirer des investisseurs sensibles à ce profil. «Notre activité protège la planète et les populations locales, reboise l’Asie du Sud-Est et évite les exodes des populations locales vers les grandes villes en finançant des routes, des centres médicaux et des écoles et en offrant des salaires supérieurs à la moyenne. D’ailleurs, Asia Plantation Capital a été élue meilleure socié- té forestière de gestion durable dans le monde et en Asie à cinq reprises», insiste Stéphan Leterrier. Sensible à la protection de l’environnement, la société est soutenue par la Fondation Prince Albert II de Monaco.

5. Les technologies liées à l’eau

La banque genevoise Pictet, qui a été un précurseur en 2000 dans le domaine, ne le regrette pas: l’eau est indéniablement une ressource naturelle essentielle, dont la demande augmente rapidement. Raison pour laquelle la banque a lancé son désormais fameux fonds Pictet Water. La stratégie Water consiste à investir dans tous les segments du secteur de l’eau, avec une focalisation particulière sur l’offre d’eau, les technologies liées à l’eau et les services environnementaux. «Compte tenu du rôle croissant des entreprises privées dans la gestion du cycle de l’eau, les opportunités d’investissement à long terme sont appelées à se multiplier», indique la banque. Le fonds Water a enregistré sur les dix dernières années une performance de plus de 80%. Sur les cinq dernières années, il a toujours dépassé les 10% de performance annuelle, hormis en 2016 (9,16%).

Il est à noter qu’il existe une douzaine de fonds dédiés à ce secteur. Et pour cause. En matière d’offre d’eau, le secteur privé se compose d’entreprises desservant la population via l’offre et le stockage d’eau potable. D’ici à 2050, jusqu’à 4 milliards d’êtres humains pourraient vivre dans des régions soumises à un fort stress hydrique, contre 1,2 milliard aujourd’hui. Confrontés à des budgets serrés et à des infrastructures vieillissantes, les Etats sont de moins en moins aptes à assurer l’offre d’eau, malgré les risques encourus. Les sociétés privées seront par conséquent appelées à jouer un rôle toujours plus important dans le cycle humain de l’eau, en Amérique du Nord et en Europe centrale et orientale particulièrement, où elles devraient accroître leur part de marché de plus de 10% entre 2013 et 2025.

«Sachant que d’autres régions, comme l’Amérique du Sud et l’Asie, nécessiteront jusqu’à 14 000 milliards de dollars d’investissements d’ici à 2030 pour assurer leur offre d’eau, d’innombrables opportunités de profit se présenteront aux sociétés proposant des solutions innovantes, notamment en matière de recyclage et de dessalinisation de l’eau», ajoute l’établissement gestionnaire du fonds Pictet Water.