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Anticiper ou subir les taux de change? Vous pouvez choisir

Vous commercez avec l’étranger? Quel taux de change pour l’euro avez-vous inscrit dans votre budget 2018, 1,15 ou 1,20 franc? Et pour le dollar, 0,95 ou 1 franc? Quel est votre point de vue sur l’évolution des cours? Qu’avez-vous prévu si le marché ne vous donnait pas raison? Ces choix relèvent d’une réflexion de fond sur la gestion de votre trésorerie, de vos flux financiers, de vos contrats. Même si un choc tel que celui subi le 15 janvier 2015 n’arrive pas chaque année, ou que la problématique du franc fort s’est atténuée l’an dernier.

Il s’était fait plus discret. Le franc est revenu en force dans les discours des entreprises en deuxième partie d’année. Mais, cette fois-ci, parce qu’il a perdu du terrain contre l’euro. Une des surprises économiques de 2017 se nomme en effet zone euro. Une croissance solide a notamment permis à la monnaie unique de se renforcer. Ainsi l’euro a varié entre 1,06 franc et 1,18 franc durant l’exercice. Qu’en sera-t-il en 2018? La monnaie unique pourrait dépasser la barre de 1,20 franc. A condition que la croissance reste solide chez le principal partenaire commercial des entreprises suisses et que la tendance demeure à la hausse sur les taux. Quant au dollar, il a évolué durant le premier trimestre entre 0,92 et 0,98 franc. Il pourrait récupérer un peu du terrain perdu l’an dernier par rapport au franc dans un environnement qui reste incertain.

Au-delà du choix de votre scénario économique pour l’exercice en cours, une relecture approfondie et structurée de vos livres de compte peut non seulement vous inciter à rendre plus efficiente votre stratégie de couverture, mais aussi vous permettre d’éviter, autant que faire se peut, les mauvaises surprises. L’urgence du franc fort passée, pourquoi ne pas profiter de la situation actuelle pour prendre un peu de recul, pour mesurer les effets des mesures prises, la pertinence des choix effectués, pour évaluer si toutes les options ont bien été envisagées afin d’assurer le suivi de cette stratégie?

Ainsi, le fait d’avoir décidé que les euros encaissés auprès de vos clients serviraient à couvrir vos dépenses auprès de vos fournisseurs quelques mois plus tard s’est-il vraiment avéré un choix judicieux, même si l’euro s’est fortement apprécié entre-temps? Votre assurance sur le dollar n’était-elle finalement pas trop chère? N’assurer qu’une partie des contrats avec l’étranger s’est-il révélé productif? Entre autres exemples.

A partir de ce bilan, et avant de choisir la manière de vous protéger, il est intéressant de dresser une carte précise de l’entier de vos flux et de mesurer l’impact dans votre trésorerie de chaque décision. Avez-vous une marge de manœuvre financière? De quel budget de couverture disposez-vous réellement? Et si vous êtes un peu juste en matière de liquidités ou de marges bénéficiaires, votre choix se justifie-t-il par rapport aux risques réellement courus? Existe-t-il d’autres couvertures adaptées à votre situation? Avez-vous bien utilisé les euros provenant d’un contrat? Devez-vous ajuster la nature de vos relations contractuelles avec vos clients ou fournisseurs? Etape par étape, de manière assez mécanique, le suivi régulier de votre couverture de change vous permet d’adapter vos besoins aux risques que vous pouvez prendre.

Une approche structurée et en profondeur peut ainsi vous permettre de gérer le risque de change de la manière la plus efficiente possible dans la conduite de vos affaires. En d’autres termes: gérer, voire anticiper les situations, pour ne pas juste les subir.