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Claude Suter, Banqze Bonhôte © DR

La Chine, si méconnue des investisseurs

Alors que la Chine est en passe de devenir la première économie mondiale à l’horizon 2032 et que son marché financier se place, aujourd’hui déjà, en deuxième position du palmarès international, ce pays est encore très peu représenté dans l’allocation des portefeuilles de la clientèle occidentale.

Plusieurs éléments peuvent expliquer cette dichotomie. Tout d’abord, la croissance économique de la Chine fut impressionnante, rapide et surtout axée sur le secteur secondaire. Au début des années 1980, alors que Deng Xiaoping lance ses réformes économiques, le PIB de ce pays de plus de 1 milliard d’habitants ne représentait que 75% du PIB suisse. Aujourd’hui, l’Empire du Milieu accroît son PIB d’un montant supérieur au PIB helvétique chaque année! Cet essor fut toutefois mené dans un environnement politico-social relativement clos et autarcique, rendant l’accès à la région ardu pour les entreprises occidentales.

Sur le plan des devises, le yuan n’est pas une monnaie librement traitée et un contrôle des changes y est encore appliqué. Les bourses chinoises, de leur côté, restent difficiles d’accès. Pour l’investisseur étranger, il faut passer par le système des quotas (lourd et restrictif) ou par un gestionnaire de Hongkong afin de pouvoir traiter les titres de Chine continentale (A-shares).

Belt and Road Initiative

Aux éléments ci-dessus s’ajoutent d’autres défis pour l’individu désireux d’être investi de manière plus active dans la région. Outre la barrière linguistique, s’y ajoutent des barrières culturelles importantes et un environnement politique et régulatoire qui nous est peu familier.

La Chine peut faire peur. En témoignent les dernières nouvelles sur le coronavirus.

En somme, même si géographiquement le pays nous est plus proche que les Etats-Unis, son principal concurrent, la Chine nous est encore méconnue et peut, sous certaines circonstances, nous faire peur ou être source de fantasmes. Les dernières nouvelles concernant le coronavirus ne sont qu’un exemple parmi d’autres.

Conscientes de l’importance grandissante du pays en termes économiques et financiers sur le plan international, les autorités chinoises tendent à s’ouvrir sur l’extérieur. Leur programme stratégique Belt and Road Initiative, par exemple, privilégie la création d’un réseau ferroviaire et naval vers l’ouest. Souvent considéré comme la nouvelle route de la soie, ce programme impliquant 200 pays et des investissements colossaux est maintenant une réalité. Il est source de croissance pour la Chine, mais aussi d’opportunités pour des millions de sociétés privées qui en profitent directement ou indirectement.

Fin des quotas QFII et RQFII

Concernant l’accès aux marchés financiers, la direction est aussi clairement donnée. Au programme Stock Connect, permettant depuis 2014 aux investisseurs de Hongkong de traiter sur les bourses de Shanghai et de Shenzhen, s’ajoute la décision prise en 2019 de mettre fin, dans un avenir proche, aux quotas QFII et RQFII qui limitent l’accès au marché pour les étrangers.

La volonté d’attirer des investisseurs étrangers imposera aux sociétés chinoises une plus grande transparence et une adaptation aux standards internationaux, levant ainsi une part de nos incertitudes et nous rendant cette région plus accessible. Ce mouvement s’inscrira dans la durée et permet à l’investisseur occidental de profiter, dès aujourd’hui, du dynamisme lié à l’ouverture du deuxième marché financier au niveau mondial.