En cette période de croissance mondiale hésitante, de franc fort – voire très fort – et de tensions géopolitiques, les notions d’activités à haute valeur ajoutée, de niches sectorielles et de capacité d’innovation valent leur pesant d’or. L’économie suisse le sait. L’économie vaudoise aussi. Elles qui ont démontré au fil des crises récentes leur potentiel de résilience et d’adaptation. C’est donc dans cet environnement que les organismes vaudois de soutien à l’innovation, créés par les pouvoirs publics et des acteurs économiques, dont la BCV, poursuivent leur engagement.

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Durant ces trois dernières décennies, le canton de Vaud a su s’imposer comme l’une des régions européennes les plus dynamiques économiquement parlant. Et le rester, malgré une concurrence acérée. Une des explications repose non seulement sur les conditions-cadres, mais aussi sur l’écosystème construit au tournant des années 1990 pour permettre aux projets d’éclore, de grandir et d’atteindre une certaine maturité afin d’étoffer le tissu économique régional.

La Fondation pour l’innovation technologique (FIT) a ainsi été lancée en 1994 pour soutenir financièrement des projets innovants. L’année suivante, l’association Genilem voyait le jour afin de venir en aide aux entrepreneurs pour bâtir des sociétés viables. Elles seront suivies, quelques années plus tard, par la mise sur pied d’une porte d’entrée de l’innovation dans le canton, Innovaud.

Ce désormais vaste réseau, fruit d’un partenariat public-privé, bénéficie année après année à l’ensemble de l’économie vaudoise. S’il fallait ne citer qu’un exemple, prenons les scale-up, ces sociétés innovantes fortes de trois ans consécutifs de hausse d’au moins 20% de leur chiffre d’affaires et de leurs emplois. Cette année, le canton en compte 44, dont la moitié a été soutenue par la FIT. L’année dernière a été marquée par quelques exits – ventes notamment –, mais les neuf nouvelles enregistrées ont permis de créer 220 emplois en Suisse. Parmi les scale-up vaudoises reconnues, la medtech d’Épalinges, Distalmotion, est parvenue à réaliser la deuxième levée de fonds de Suisse l’an dernier avec 133,8 millions de francs, selon le dernier Swiss Venture Capital Report. Rapport qui souligne par ailleurs que la diversité sectorielle a limité, dans le canton de Vaud, le coup de frein enregistré par le capital investi dans les start-up suisses l’an dernier. Cela dit, si le volume a reculé, le nombre de tours de financement a globalement atteint un nouveau record.

Les sociétés innovantes affrontent une réalité à la fois identique et différente des autres entreprises. En raison de leur modèle d’affaires, elles doivent très vite trouver des solutions aux problèmes liés à leur forte croissance, notamment en ce qui concerne les ressources humaines – recrutement, structuration de la prévoyance professionnelle, etc. –, ou des exigences juridiques, comme la rédaction de contrats entre partenaires. Sans même parler de la gestion des liquidités au quotidien ou des risques de change pour des sociétés souvent tournées vers l’international. Faute de compétences à l’interne à ce stade de leur développement, le réseau mis en place leur permet de trouver localement des interlocuteurs aux savoir-faire variés, capables de jouer ce rôle de connecteur.

Le soutien à l’innovation ne concerne cependant pas que les start-up. Ni d’ailleurs que le bassin lémanique. L’innovation essaime aussi depuis Swiss Aeropole à Payerne, l’Agropôle de Molondin, Y-Park à Yverdon-les-Bains et autres centres de recherche dédiés. Et concerne l’ensemble du tissu économique. La notion d’innovation comprend aussi la capacité des PME à adapter leur activité, leurs processus, leur organisation pour mieux résister à une concurrence souvent mondiale. Au sein de ces entreprises, elle peut intervenir à différents moments de leur vie et prendre différentes formes. Un exemple? Le moment d’une transmission ou d’un passage générationnel coïncide souvent avec l’identification de besoins nouveaux et leur concrétisation.

L’innovation, ça s’entretient à tous les échelons. En entreprise, sa gestion est souvent identifiée comme axe de développement. Elle entre ainsi pleinement dans le dialogue stratégique que l’on tient régulièrement avec son partenaire financier. La gestion de l’innovation peut cependant pâtir des retournements conjoncturels, dont elle cherche justement à limiter les effets. Difficile parfois, dans un contexte tendu, de lever le nez du guidon, de penser aux investissements à long terme. Y réfléchir de manière anticyclique signifie aussi ne pas trop attendre. Pourquoi pas maintenant?