«Après une formation de boulanger-pâtissier et cuisinier, j’ai choisi la voie du tourisme à la HES-SO de Sierre. En 2006, j’ai repris la direction de l’office du tourisme de Nax Région, où j’ai grandi. J’ai constaté qu’il y avait une forte demande pour des hébergements en nature. Enfant, j’avais moi-même une cabane dans un arbre; j’y ai passé les meilleurs moments de ma vie. J’ai fait le lien et je me suis dit: pourquoi ne pas créer une offre de cabanes perchées en version professionnelle?

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C’était sans savoir ce qui m’attendait… La loi fédérale est très stricte. On ne peut pas construire en forêt. Il faut se trouver sur une zone à bâtir, notamment pour des raisons de sécurité en termes d’incendie. Au fil des ans, je n’ai cessé de défendre ma vision, démontrant le bien-fondé d’implanter ces cocons hôteliers en pleine forêt. Cette conviction ne m’a jamais quitté.

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En 2012, le projet du parc naturel Val d’Hérens, dans lequel j’aurais pu intégrer mon concept, m’a donné une lueur d’espoir. Malheureusement, il a été refusé par la population. Après six ans de travail, je me suis retrouvé à la case départ. Durant quelques mois, j’ai baissé les bras car il fallait tout reprendre à zéro. Mais j’ai senti une voix intérieure qui me disait de persévérer. A ce moment, je me rappelle avoir appelé Bernard Bruttin, le président de Mont-Noble (VS), en lui disant: «Je ne sais pas comment je vais m’y prendre, mais je continue!» Il m’a suivi. Nous avons lancé une nouvelle dynamique, en intégrant la population locale, qui a accepté le projet à une large majorité lors de l’assemblée primaire de 2015.

Une année plus tard, le Conseil d’Etat valaisan a homologué une zone forestière de 4800 m² spécialement dédiée à des hébergements hôteliers. Hélas, ce répit a été de courte durée: l’Office fédéral du développement territorial a immédiatement répliqué en déclarant que le projet était hors la loi… Cependant, après des années de pugnacité face aux épreuves juridiques, politiques, financières et environnementales, nous avons obtenu toutes les autorisations nécessaires, marquant ainsi une première en Suisse.

A ce jour, les travaux relatifs aux canalisations ont déjà été réalisés. La construction des huit modules hôteliers va se poursuivre en septembre et nous prévoyons d’ouvrir Nestwood au public dans le courant de 2025. Le budget total s’élève à 5,7 millions de francs. Les entreprises qui m’ont soutenu ont accepté tout comme moi de prendre des risques, ce qui m’a permis de payer tous les frais d’ingénieurs, d’architectes, d’avocats et de recours.

Je sais très bien que j’ai longtemps été considéré comme un doux rêveur. Et lorsque tous les vents soufflaient contre moi, je suis toujours resté focalisé sur ma vision. Toute cette adversité n’a fait que nourrir mon moteur. Ce qui me pousse, c’est cette joie de trouver un vrai sens dans ma vie en créant quelque chose de nouveau. J’ai sans doute aussi un besoin très fort de me réaliser à travers cette envie de partager mes souvenirs d’enfance avec les gens. Mais Nestwood est avant tout une aventure humaine qui a été rendue possible grâce à l’entourage d’une formidable équipe que je remercie chaleureusement.»

William Türler
William Türler