Au seul quatrième trimestre, le groupe américain a de nouveau largement dépassé les attentes du marché, avec 75,33 milliards de dollars de chiffre d'affaires (69,4 milliards de francs), dont il a dégagé 20,64 milliards de bénéfice net (19 milliards de francs), d'après son communiqué de résultats publié mardi.

"Nos revenus trimestriels, en hausse de 32% sur un an, reflètent des dépenses publicitaires solides dans tous les formats et la forte présence des consommateurs en ligne, ainsi qu'une croissance substantielle des recettes pour Google Cloud", la branche d'informatique à distance de l'entreprise, a indiqué Ruth Porat, la directrice financière d'Alphabet.

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La croissance devrait se poursuivre

Le leader mondial de la publicité en ligne avait légèrement vacillé au début de la pandémie, quand certains annonceurs, comme les voyagistes, avaient remisé leurs campagnes et promotions. Mais les séries de confinements et les habitudes numériques adoptées depuis bientôt deux ans ont finalement largement profité à Google comme aux autres sociétés technologiques, d'Apple à Meta (Facebook) en passant par Amazon et Microsoft.

Le télétravail et le commerce en ligne, notamment, permettent au moteur de recherche et à YouTube d'attirer toujours plus de marques soucieuses de suivre le consommateur à la trace.

En tout, Google a engrangé plus de 61 milliards de dollars (56 milliards de francs) de recettes publicitaires, grâce à la recherche en ligne et à sa plateforme de vidéos, essentiellement. Sa branche de cloud a progressé de 45%, à 5,5 milliards de chiffre d'affaires (5 milliards de francs).

"Pendant les trois premiers trimestres de 2021, Google a obtenu des résultats publicitaires meilleurs qu'attendu. (...) Cela a tiré tout le marché vers le haut et nous a conduit à revoir nos prévisions à la hausse", a souligné Paul Verna, analyste chez eMarketer.

Le cabinet prédit que cette croissance va continuer en 2022: la publicité numérique devrait rapporter plus de 171 milliards de dollars à Google cette année, soit 30% du gâteau mondial, juste devant Facebook (23,7% de parts de marché).

Batailles juridiques en perspective

Ce duo de tête et leurs méthodes de ciblage publicitaire suscitent depuis des années diverses enquêtes, plaintes et amendes. En Europe et aux Etats-Unis, le rythme des poursuites s'est accéléré, sans freiner la croissance de la Silicon Valley.

Les dirigeants les plus hauts placés de Google et de Meta (maison-mère de Facebook) sont par exemple accusés par des Etats américains d'avoir passé un accord illégal en 2018 pour asseoir leur domination du marché de la pub en ligne.

La semaine dernière encore, les procureurs de plusieurs Etats ont assigné Google en justice, l'accusant de collecter les données de géolocalisation d'internautes même quand ceux-ci ont expressément refusé, ce que le groupe dément.

Au Congrès, à Washington, les élus planchent sur des lois pour mettre fin aux monopoles des géants informatiques. Les tribunaux et les Parlements avancent à un rythme modéré. Il y a deux semaines, Google a ainsi fait appel d'une décision de la justice européenne qui confirmait une amende de 2,4 milliards d'euros infligée par Bruxelles en 2017 pour pratiques anticoncurrentielles sur le marché des comparateurs de prix.

Mais selon l'analyste Scott Kessler de Third Bridge, "sur le terrain de l'antitrust, Alphabet va devoir mener la bataille la plus difficile des Big Tech. Malgré la taille d'Apple et la mauvaise réputation de Meta/Facebook, Google est perçu comme l'entreprise la plus en difficulté dans ce domaine aux Etats-Unis".