"La majorité du conseil d'administration d'Ekho Moskvy a pris la décision de dissoudre la radio et le site internet d'Ekho Moskvy", a écrit sur son compte Telegram son rédacteur en chef, Alexeï Venediktov.

Les autorités avaient bloqué mardi l'accès à Ekho Moskvy et à la chaîne de télévision indépendante en ligne Dojd, leur reprochant leur façon de couvrir l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Juste une "opération spéciale"

Les médias russes ont reçu l'interdiction d'utiliser des informations autres que celles fournies par les autorités, qui présentent l'invasion de l'Ukraine comme une simple "opération spéciale".

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Parallèlement, le pouvoir prépare un durcissement de son arsenal répressif. Un projet de loi, qui prévoit jusqu'à 15 ans de prison pour toute publication de "fausses informations" concernant l'armée russe, sera examiné vendredi à la Douma.

La Russie est régulièrement présentée par les ONG comme l'un des pays les plus restrictifs au monde en matière de liberté de la presse. Le pays pointe ainsi à la 150e place sur 180 au dernier index de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

De nombreux médias indépendants ont été désignés par les autorités "agents de l'étranger", une étiquette infamante qui vise à les discréditer aux yeux des annonceurs et du public, et à compliquer leur travail avec des formalités administratives écrasantes.

Média respecté

Ekho Moskvy, majoritairement détenue par le géant gazier Gazprom, est née en 1990 lors des dernières convulsions de l'Union soviétique, s'imposant comme l'un des médias les plus respectés du pays.

Elle était jusqu'à cette semaine l'un des rares endroits où des opposants pouvaient s'exprimer. Son rédacteur-en-chef, M. Venediktov, cultivait aussi des relations avec le Kremlin.