Elle avait créé la surprise en début d'année en devenant le premier syndicat à s'imposer au sein du géant du commerce en ligne.

Selon un décompte retransmis en ligne, 406 employés de l'entrepôt ALB1 situé au sud d'Albany, la capitale de l'Etat de New York, ont voté "non" à la question de savoir s'ils voulaient être représentés par ALU, contre 206 ayant voté "oui".

Au total, 949 employés avaient quatre jours pour déposer un bulletin et le taux de participation s'est élevé à 68%, a précisé l'agence fédérale chargée de la supervision du scrutin, le NLRB.

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Créé en 2021 par un petit groupe d'employés et ex-employés se battant pour de meilleures conditions de travail depuis le début de la pandémie, ALU avait convaincu fin mars les salariés du site JFK8, situé dans le quartier de Staten Island à New York et employant environ 8000 personnes, de voter en sa faveur.

Deuxième employeur aux Etats-Unis après le géant de la distribution Walmart, Amazon avait jusqu'alors réussi à repousser les velléités des salariés souhaitant se syndiquer.

ALU avait suscité l'engouement, de nombreux travailleurs contactant l'organisation et son atypique leader Christian Smalls faisant le tour des plateaux de télévision.

Mais ALU avait échoué quelques semaines plus tard à emporter l'adhésion des employés du centre de tri LDJ5, situé en face de JFK8.

Un syndicat plus établi, le RWDSU, a aussi tenté sa chance en début d'année dans un entrepôt d'Amazon à Bessemer, en Alabama. Mais le scrutin a fait l'objet de plusieurs objections et le résultat n'a toujours pas été officialisé.

Résistance des employeurs

Mardi, M. Smalls a assuré que les membres du syndicat restaient "résolus à continuer et à étendre leur bataille pour un juste traitement de tous les employés d'Amazon".

"On rate 100% des chances qu'on ne tente pas", a-t-il relevé dans un message transmis à l'AFP alors qu'ALU a déposé la semaine dernière un dossier pour l'organisation d'un vote dans encore un autre entrepôt, à Moreno Valley près de Los Angeles, en Californie.

M. Smalls a également dénoncé la campagne "vicieuse" menée par l'entreprise contre le syndicat, les employés d'ALB1 ayant été, selon lui, "soumis quotidiennement à de l'intimidation et à des mesures de représailles".

"Nous sommes heureux que notre équipe à Albany ait pu faire entendre sa voix et qu'elle ait choisi de conserver la relation directe avec Amazon car nous pensons que c'est le meilleur arrangement pour nos employés et nos clients", a de son côté réagi Amazon.

Même sur le site où il a engrangé une victoire au printemps, ALU peine encore à transformer sa victoire en avancées concrètes, le groupe fondé par Jeff Bezos l'ayant rapidement contestée.

Après plusieurs jours d'auditions cet été, une conseillère du NLRB a recommandé début septembre le rejet des objections déposées par l'entreprise. Un responsable de l'agence doit désormais décider de suivre, ou non, ses recommandations.

La procédure encore en cours empêche pour le moment la tenue de négociations sur une convention collective.

Comme ALU, d'autres syndicats ont fait des entrées remarquées ces derniers mois dans un ou plusieurs établissements chez Starbucks, Amazon, Apple, REI, Chipotle ou Trader's Joe, des entreprises où les syndicats n'essayaient habituellement pas de mettre les pieds, faute d'espoir de l'emporter.

Mais ils font face à une forte opposition de leurs employeurs, le NLRB ayant déjà déposé plusieurs plaintes les accusant de tactiques anti-syndicales.