«Les gouvernements et élus successifs n'ont pas su s'entendre pour prendre les mesures permettant d'inverser la tendance conduisant à un déficit annuel important. Nous ne pensons pas que des réductions des dépenses et du déficit puissent être réalisées avec la proposition de loi budgétaire actuellement en discussion», a justifié l'agence dans un communiqué.

Plusieurs élus républicains ont fait capoter vendredi au congrès des Etats-Unis d'Amérique un vote clé sur l'avancement d'un projet de loi, vu comme la pièce maîtresse du programme du président américain Donald Trump. Celui-ci doit notamment concrétiser la prolongation des crédits d'impôt accordés durant son premier mandat avant leur expiration, en fin d'année.

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«Déficits encore plus importants»

Le projet de loi prévoit également 880 milliards de dollars de coupes budgétaires sur une dizaine d'années, concernant principalement les programmes d'assurance santé de 70 millions d'Américains aux revenus modestes.

Moody's s'attend, au cours de la prochaine décennie, à «des déficits encore plus importants, avec une hausse des dépenses alors que les revenus resteront stables. Cela renforcera le poids de la dette sur les finances publiques».

Néanmoins, l'économie américaine reste «unique» du fait de «sa profondeur, les revenus élevés qu'elle génère, la forte croissance potentielle et sa capacité à innover et renforcer sa productivité», ce qui incite l'agence à maintenir ses perspectives stables dans l'immédiat.

Elle appelle néanmoins le gouvernement à «mettre en place les réformes fiscales permettant de ralentir significativement et même inverser la détérioration de la dette et des déficits publics, soit en augmentant les revenus soit en réduisant les dépenses».

L'agence alerte sur le fait qu'«une détérioration plus rapide et importante des équilibres budgétaires» ou qu'un abandon par les investisseurs mondiaux du dollar comme monnaie de réserve pourraient peser très négativement et provoquer «une hausse des taux d'intérêt, ce qui renchérirait le coût de la dette». Moody's reconnaît néanmoins ce deuxième scénario «peu probable».