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Ivan Slatkine © D.Libine

«Mieux vaut se réjouir qu’avoir»

Ivan Slatkine dirige, avec son frère Michel-Igor, la maison d’édition genevoise Slatkine, l’une des plus importantes de Suisse romande.

Qu’est-ce qui vous motive à vous lever le matin?
L’envie de faire avancer tous les projets que j’ai en cours. Quel que soit le livre – littérature, beaux-arts, pratique –, j’éprouve le même enthousiasme. Je me lève tous les jours à 5 heures et je me mets au travail. J’aime arriver tôt au bureau, avant 8 heures, je suis tranquille.

Le talent que vous rêveriez d’avoir?
Etre capable de dessiner, ce qui n’est absolument pas mon cas. Je n’ai pas de regret, mais j’aurais bien voulu être capable de m’exprimer par le dessin.

Le principal trait de votre caractère?
Je suis franc et direct. J’ai toujours dit les choses qui devaient être dites, que ce soit dans le cadre professionnel ou en politique. Avec les années, j’ai appris bien sûr à être plus diplomate tout en gardant l’honnêteté.

Le meilleur conseil que vous ayez reçu?
«Mieux vaut se réjouir qu’avoir.» C’est ce que me disait mon père lorsque j’étais enfant et que je voulais recevoir des cadeaux. Je me suis rendu compte en vieillissant à quel point il avait raison. On est toujours très motivé lorsqu’on désire quelque chose, mais à partir du moment où on l’obtient, l’enthousiasme diminue. Il faut avoir des objectifs, aller de réjouissance en réjouissance, sinon la flamme s’éteint.

Votre plus dure école de la vie?
Mon premier séjour à New York au milieu des années 1990. J’avais 22 ans et j’avais trouvé un stage chez un éditeur indépendant dont les locaux étaient situés dans un quartier mal famé et je devais enjamber des SDF sur les trottoirs. Je me suis retrouvé dans une ville gigantesque, projeté dans une culture que je ne connaissais pas. Ce fut une expérience difficile, car j’étais éloigné de ma famille, de mes attaches, mais cependant très enrichissante. Elle m’a permis de prendre conscience que j’étais capable de vivre seul, loin de mon pays, mais aussi de réaliser que j’étais très attaché à Genève.

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?
Architecte, si j’avais su dessiner, ou ingénieur, car j’adore les maths. Mais en fait, déjà enfant je savais que je voulais reprendre l’entreprise de mon père; je voulais être chef d’entreprise pour l’indépendance qu’offre ce métier. Mon père m’a transmis le goût du risque.

Votre plus grande extravagance?
Je ne suis pas vraiment extravagant, sauf en tant qu’éditeur. Je me souviens d’avoir publié en 2003 un livre sur le G8 alors que tout le monde m’en décourageait. Il a été mis en rayon un vendredi à la Fnac et quelques heures plus tard, on me téléphonait pour un réassort. Le lundi matin, on réimprimait.

L’entreprise idéale, selon vous?
L’autoentrepreneuriat. Pas de problème de ressources humaines, pas de contrôle interne… Les soucis de management sont inévitables lorsqu’une entreprise grandit.

La qualité indispensable pour un leader?
Avoir une vision. C’est quelque chose qui manque aussi bien dans l’économie qu’en politique. Il faut donner envie aux gens d’aller de l’avant.

Le chanteur, l’auteur ou le film culte?
Un film, Il était une fois en Amérique, m’a beaucoup marqué lorsque j’étais jeune. J’adore Robert De Niro et les grandes sagas, mais il y a dans ce film beaucoup de valeurs comme l’amitié, le partage et aussi la construction d’une personne. Un peu dans le même style de film, je citerai aussi Voyage au bout de l’enfer, également avec Robert De Niro.

Vous dans cinq ans?
Le même! Toujours aussi jeune, parce que la jeunesse est un état d’esprit.

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