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Emilie Hawlena, fondatrice de Genuine Women. © DR

«J’ai démissionné sur un coup de tête»

Emilie Hawlena est la fondatrice de Genuine Women, un réseau de femmes entrepreneuses en Suisse romande qui fête son deuxième anniversaire.

Qu’est-ce qui vous motive à vous lever le matin?

Clairement, les Genuines! Pouvoir aider toutes ces femmes, les voir évoluer et se réaliser est un bonheur.

Le principal trait de votre caractère?

L’optimisme! Je vois toujours le verre à moitié plein. Je dirais aussi que je suis déterminée et très volontaire. Depuis que je suis entrepreneuse, j’ai aussi découvert que je suis obstinée, voire un rien acharnée. J’ai du mal à lâcher, je dois me tempérer, apprendre à m’écouter. Quand j’étais à la banque, mon chef me disait que je fonçais comme un taureau, tête baissée et cornes en avant, et ce n’était pas complètement faux.

Le meilleur conseil que vous ayez reçu?

C’est celui de mon père. Il m’a dit d’arrêter de regarder le sommet de la montagne, mais le chemin qui y conduit et d’avancer pas après pas. Ce conseil m’a ôté une énorme pression.

Votre plus dure école de la vie?

Mes années d’école primaire, de 7 à 11 ans. Ma mère était institutrice et j’étais dans la même école qu’elle. Les autres enfants se sont mis à me harceler et m’exclure car j’étais «la fille du prof», c’était très dur. J’ai gardé de cette expérience la peur d’être rejetée.

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?

Aucun. Je n’ai jamais su ce que je voulais faire. A 9 ans, quand on commence à poser ce genre de question aux enfants, je n’avais aucune idée. Je suis arrivée à 21 ans dans la banque par hasard. La fondation de Genuine Women a été une révélation. Il y a l’humain, le social et le développement marketing et tellement d’autres choses… Cela réunit tout ce que j’aime. Aujourd’hui, je ne pourrais pas imaginer faire autre chose.

Quelle a été votre plus grande erreur?

D’avoir commencé à fumer! Sur un plan plus professionnel, d’avoir trop cherché la validation des autres.

Votre plus grande extravagance?

Démissionner, du jour au lendemain, de la banque où je travaillais depuis dix ans. Un matin, je suis arrivée devant l’immeuble et je me suis dit que ce n’était plus possible. Je suis allée directement au service des ressources humaines et j’ai démissionné. Je travaillais avec la clientèle africaine, l’équipe était super et j’aurais très bien pu rester même si je ne m’épanouissais pas vraiment dans mon travail. Du reste, je n’avais jamais pensé quitter mon poste. Quand je suis partie, je ne savais absolument pas ce que j’allais faire, mais, alors que je suis plutôt quelqu’un qui aime la sécurité, j’étais euphorique. Par la suite, j’étais beaucoup plus angoissée, mais j’ai toujours été convaincue d’avoir pris la bonne décision. Même lorsque, dans mes pires crises d’angoisse, je me voyais SDF!

Votre définition de la réussite professionnelle?

Elle n’a aucun rapport avec le chiffre d’affaires d’une entreprise ou le montant d’un salaire, il s’agit plutôt de faire quelque chose qui a un sens, d’apporter sa brique à quelque chose en quoi on croit. Avoir le sentiment de servir à quelque chose et d’être reconnu pour cela fait partie de la réussite professionnelle.

L’entreprise idéale, selon vous?

Une entreprise qui n’a pas de hiérarchie pyramidale. C’est une équipe et tout le monde est au même niveau. L’entreprise doit aussi avoir des valeurs éthiques, prendre en considération l’humain et s’inscrire dans la durabilité.

Vous dans cinq ans?

J’ai de la peine à me projeter, mais je dirais à la tête du réseau Genuine Women devenu international. Sur le plan personnel, j’aurai 40 ans, alors j’espère que j’aurai fondé une famille.