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Adrien Genier © Niels Ackermann / Lundi13

«Ado, je mangeais des röstis tous les matins»

Adrien GenierAprès une carrière dans le tourisme en Suisse et à l’étranger, il est le directeur de Genève Tourisme depuis janvier 2019.

Quel est le talent que vous rêveriez d’avoir?

Je joue des percussions, mais j’aimerais beaucoup avoir un talent de pianiste. Nous avons un piano à la maison, car ma femme et mes deux filles, de 6 et 10 ans, en jouent. Lorsque je dirigeais les marchés scandinaves pour Suisse Tourisme et que nous habitions Stockholm, nous avions loué une maison où il y avait un piano ayant appartenu à Alice Babs. Ma femme, qui savait déjà jouer, a trouvé que c’était une bonne occasion de s’y remettre et de faire prendre des cours aux filles.

Le meilleur conseil que vous ayez reçu?

C’est celui de ma mère. Elle m’a toujours conseillé de me donner à fond, de faire les choses le mieux possible pour ne jamais avoir de regret. L’important est d’avoir fait le maximum pour réussir, même si l’on n’atteint pas son objectif. C’est un conseil qui a pris tout son sens lorsque j’ai dû préparer les examens pour passer de l’enseignement privé au public. Aujourd’hui, je transmets ce conseil de ma mère à mes filles.

Votre plus dure école de la vie?

Le décès très brutal de mon père lorsque j’avais 17 ans, qui m’a poussé vers les responsabilités. C’était la fin de l’insouciance de la jeunesse.

Quelle a été votre plus grande erreur?

Au début de ma carrière, je me suis trop consacré au travail et j’ai un peu délaissé ma vie de famille. J’ai réalisé que c’était une erreur, car on a besoin d’équilibre. Il faut savoir prendre le temps pour sa famille, ses amis, pour faire du sport... Cet équilibre permet aussi d’être plus efficace au travail.

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?

J’ai toujours été attiré par l’hôtellerie et plus précisément par le métier de chef, pour lequel j’ai beaucoup de respect et que j’ai appris. Mais la pression est tellement forte, surtout avec la starification actuelle des chefs, qu’il faut vraiment être passionné pour tenir.

Petite anecdote: à l’adolescence, j’ai connu une énorme poussée de croissance. Pour tenir le coup jusqu’à la pause de midi, ma mère avait pris l’habitude de me réveiller trente minutes plus tôt que d’habitude pour me faire manger un plat de röstis avec deux œufs au plat. J’ai, du coup, appris une vraie recette bernoise de röstis, canton d’origine de ma grand-mère maternelle. Par la suite, j’ai consolidé cette recette lors de mon apprentissage et j’ai continué à la faire dès qu’il fallait promouvoir la Suisse.

Votre plus grande extravagance?

Probablement d’avoir traversé deux fois l’Atlantique, la première avec le vieux gréement Le Bel Espoir, et la deuxième à bord d’un voilier avec mon meilleur ami, Abram Cochard. Nous n’avions que le GPS et nos cartes pour faire la traversée. J’ai aussi participé avec ma femme au carnaval de Rio. C’est une expérience impressionnante d’être dans l’arène, entouré de toute cette foule.

Votre définition de la réussite professionnelle?

Lorsque l’on se sent à la bonne place, que l’on peut donner le meilleur de soi-même. J’ai eu la chance d’éprouver ce sentiment plusieurs fois au cours de ma carrière.

L’entreprise idéale, selon vous?

Celle qui permet d’apprendre et de s’engager dans des projets ambitieux auxquels on croit tout en ayant du temps pour soi.

La qualité indispensable pour un leader?

Un leader doit transmettre sa conviction, son enthousiasme, mais aussi être à l’écoute et disponible pour les autres.

Le chanteur, l’auteur ou le film culte?

Je dirais Louis de Funès pour son talent, son immense professionnalisme et son authenticité.