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Les jeunes élèves s’immergent de 2 à 4 heures par semaine dans une entreprise locale. © istockphoto

Le projet LIFT, un sésame pour le monde professionnel

En Suisse, 10% des jeunes sortent de l’école obligatoire sans solutions de formation. Avec LIFT, ils se familiarisent aux réalités d’une PME locale.

«Agir en amont pour des jeunes qui se trouvent en zone grise et leur permettre de se frotter à la réalité du monde du travail», c’est en ces termes qu’Aude Métral, coordinatrice pour la Suisse romande du projet LIFT, décrit cette belle initiative née outre-Sarine il y a douze ans. Car en Suisse, environ 10% des jeunes ne trouvent pas de solutions de formation à la sortie de l’école obligatoire. Pour faire baisser ce taux, c’est en amont, soit dans les classes à partir de la 9e année Harmos (10e pour le canton de Vaud), que toute une série d’acteurs, écoles en tête, se sont mobilisés.

L’idée du projet LIFT: identifier des élèves qui n’ont pas les meilleures cartes en main pour entrer dans la vie professionnelle (difficultés scolaires, manque de motivation, faible réseau, etc.) et leur proposer de travailler de 2 à 4 heures par semaine dans une PME locale. Le programme est conçu pour un engagement minimum de trois mois dans la même entreprise, qui verse en contrepartie une petite somme (de 5 à 8 francs de l’heure).

4000 entreprises et 2000 élèves

«A souligner que tout se passe sur une base volontaire, précise Aude Métral. Et si le projet LIFT n’est pas directement synonyme de contrat d’apprentissage, il agit comme un sésame lors de l’examen du dossier de candidature de l’élève qui a, par ce biais, pu acquérir une meilleure confiance en lui-même ainsi que des compétences sociales utiles dans le monde professionnel.»

Un avis entièrement partagé par Wilson Rodrigues, formateur polymécanicien chez Bobst, qui forme environ 60 apprentis par an. Intéressé à intégrer le projet LIFT au sein de la société vaudoise, il fait la connaissance de Bruno Amaral, aujourd’hui âgé de 17 ans. «Lorsqu’il est arrivé, il était extrêmement timide et ne parlait à personne», se remémore-t-il. Durant plusieurs semaines, le jeune homme devra concevoir une pièce, aidé par un apprenti, un travail qu’il réalise avec brio. Convaincu de son potentiel, Wilson Rodrigues se battra par la suite pour le faire engager en tant qu’apprenti polymécanicien. «C’est l’un des meilleurs de sa volée et ses professeurs me disent qu’il monte en puissance.»

Je ne savais pas ce que j’allais faire après l’école. Aujourd’hui, j’adore mon métier!

Bruno Amaral, Apprenti chez Bobst

Une jolie issue pour Bruno Amaral, en deuxième année d’apprentissage: «Je suis arrivé du Portugal lorsque j’avais 13 ans, et ce n’était pas facile pour moi, notamment parce qu’il me fallait apprendre une nouvelle langue. J’ai décidé de me lancer dans le programme LIFT en 11e année, car j’ai soudain réalisé qu’il ne me restait plus qu’une année d’école et je ne savais pas ce que je voulais faire. Aujourd’hui, j’adore mon métier!» A ce jour, environ 2000 jeunes et 4000 entreprises se sont embarqués dans l’aventure LIFT.

A noter que Vaud est le deuxième canton, après Zurich, qui compte le plus grand nombre d’écoles partenaires (37 à ce jour). Pour Aude Métral, ce succès est dû aux nombreux acteurs impliqués, comme le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, la ville de Lausanne ou encore la CVCI.