A priori, Liip, Groupe E, les Chemins de fer du Jura (CJ), la banque Raiffeisen et la société de nettoyage Blanc & Cie n’ont pas grand-chose en commun. Et pourtant, ils travaillent tous avec l’agence digitale Up to you, basée à Villars-sur-Glâne, à Martigny et à Etoy, pour les accompagner dans leur démarche sur les réseaux sociaux. Explications.

«Groupe E souhaitait s’adresser aux élèves du gymnase. Il multipliait les campagnes Facebook, mais ça ne marchait que modérément. On leur a proposé des vidéos sur TikTok dans lesquelles des apprentis se mettaient en scène avec un message percutant. On a fait le buzz avec des pics à 750 000 impressions et plus de 41 000 mentions ‘j’aime’», raconte Ludovic Chenaux, le fondateur d’Up to you.

Pour cibler des apprentis et des jeunes sortis des études, Facebook ne semble donc pas être le meilleur outil. Un constat également relayé par Liip, l’agence de développement web de 188 «Liipers» qui s’est lancée sur TikTok pour développer sa marque entreprise, parler à un nouveau public et dénicher de jeunes développeurs. Ils ont présenté les différents métiers de la société, proposé des conseils et lancé des challenges, comme «Essayez de coder avec des moufles sur les mains». A la suite de ces expériences, Liip a choisi de ne plus alimenter sa page Facebook et l’a annoncé sur celle-ci en décembre dernier. Elle a conservé LinkedIn pour communiquer en B2B sur ses compétences et valoriser ses projets et Instagram pour partager la vie et les valeurs de l’entreprise.

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Alors Facebook, on garde ou ce n’est que pour les vieux? «Il touche les plus de 30 ans et reste encore un excellent canal pour la relation vendeur-consommateur, avec des acheteurs actifs, mentionne Ludovic Chenaux. Les entreprises le gardent dans 80% des cas. C’est un mastodonte, mais il est généraliste.»

Ainsi, les Chemins de fer du Jura ont couplé des opérations sur Facebook et sur Instagram en 2020, avec un buzz immédiat: plus de 660 000 lectures de vidéos et plus de 193 000 interactions à la mi-campagne. Des chiffres similaires pour la Raiffeisen de la Broye, présente sur Facebook et sur LinkedIn, avec du contenu conçu pour se rapprocher de ses clients. Résultat: 500 000 personnes touchées par cette communication digitale. Le choix du réseau social n’est donc pas uniquement lié au secteur d’activité, mais bien à ce que l’entreprise souhaite dire.

Les questions à se poser

Ciblez votre démarche. Est-ce que je veux du recrutement, développer une clientèle premium, de la notoriété en B2B ou une augmentation du chiffre d’affaires en utilisant des outils de tracking? L’erreur est de vouloir être sur tous les fronts. Le CEO est clair: «Mieux vaut être actif sur deux réseaux avec des stratégies distinctes que de vivoter sur quatre réseaux sociaux.»

Autre tendance, les formats de plus en plus courts, avec des vidéos de dix à quinze secondes, par exemple avec les Reels d’Instagram lancés l’été dernier. La démocratisation des médias sociaux a aussi un impact sur les prix, qui sont désormais abordables pour tout type d’entreprise.

Le conseil

«A l’époque, une vidéo professionnelle coûtait facilement de 7000 à 8000 francs. Aujourd’hui, on peut descendre à 1000 francs si l’on prend un package, souligne le spécialiste de la communication numérique. On voit apparaître des abonnements pour les sociétés, qui peuvent ainsi disposer d’un certain nombre de vidéos, d’images et de contenu digital. Je conseille tout de même un budget annuel de 30 000 francs pour une société de 20 personnes. Au-dessous, tout le monde est frustré.»

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