Il y a treize ans, l'Eyjafjallajökull entrait en éruption en Islande. En Afrique du Sud, la Coupe du monde se déroulait au son des vuvuzelas, et les conseillers fédéraux Hans-Rudolf Merz et Moritz Leuenberger démissionnaient.

Ces événements semblent lointains, car treize ans, c'est long. Mais c'est la durée moyenne pendant laquelle la Banque cantonale de Zurich parvient à garder ses employés. La plus grande banque suisse, UBS, y parvient pendant douze ans, suivie de près par Postfinance et Raiffeisen, avec onze ans chacune. 

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En moyenne, les collaborateurs restent plus d'une décennie. Cela soulève la question: comment ces établissements parviennent-ils à garder leurs employés aussi longtemps? La plupart des grandes entreprises proposent aujourd'hui des avantages standard tels que des snacks pour le goûter, un abonnement demi-tarif, des chèques Reka ou même un fitness interne, il doit donc y avoir d'autres raisons.

Une rémunération adaptée

On le sait, les banques sont connues pour leurs bons salaires. De nombreux jeunes choisissent le secteur financier pour se former ou y effectuer un stage. Le salaire de départ est d'environ 85 000 francs par an, mais il peut être progressivement augmenté et atteindre, selon le portail financier Finews, un revenu moyen de 200 000 francs chez Credit Suisse ou de 240 000 francs à l'UBS et chez Julius Baer.

Les bonus versés chaque année par les banques attirent également l'attention des médias: par exemple, Sergio Ermotti a reçu un bonus de 10,5 millions de francs lors de sa dernière année en tant que CEO d'UBS, en plus de son salaire fixe de 2,8 millions de francs. Mais le bonus est également important pour les simples collaborateurs des banques. Autrefois qualifié de 13e salaire, il est rapidement devenu bien plus que cela.

Le système de bonus varie d'une banque à l'autre. Raiffeisen, par exemple, a modifié son système de rémunération en 2021 et a supprimé les bonus fixés individuellement. Le porte-parole Jan Söntgerath justifie cette mesure par le fait que l'établissement souhaite promouvoir une participation collective aux résultats plutôt que des bonus individuels: «Cela doit renforcer l'idée du 'nous'.»

Des vacances pour se reposer

Mais le salaire seul ne suffit pas. La plupart des banques offrent plus que les quatre semaines de vacances prescrites par la loi. Cinq, voire six, sont la norme dans le secteur financier.

Beaucoup proposent des options d'achat de vacances supplémentaires pour prolonger la période sans travail ou permettent des offres comme le modèle 95 de la banque coopérative Avera pour les employés travaillant à 95%. «L'employé travaille cinq jours à un taux de 100%. En compensation de la différence de 5%, la personne prend douze jours de congé par année civile», explique la porte-parole Claudia Spörri.

Chez UBS, les employés peuvent acheter des semaines de vacances supplémentaires ou même demander jusqu'à un an de congé non payé, selon la porte-parole Eveline Müller.

Une étude de BAK Economics, qui a analysé l'importance économique du secteur financier suisse, semble indiquer que le repos est payant. Il en ressort que les quelque 230 000 employés du secteur financier ont une productivité au travail supérieure à la moyenne.

Bureau à domicile et horaires de travail flexibles

Bien que déjà répandu dans le secteur bancaire avant la pandémie, celle-ci a encouragé les modèles de travail hybrides et flexibles. Toutes les banques interrogées confirment qu'elles offrent la possibilité de travailler à domicile ou à temps partiel.

Chez Raiffeisen, il est défini, selon Jan Söntgerath, que jusqu'à 80% du temps de travail annuel théorique peut être effectué indépendamment du lieu. Credit Suisse applique la réglementation de manière spécifique à l'équipe: selon le porte-parole Ronnie Y. Petermann, les collaborateurs testent de nouvelles formes et déterminent ensuite quelle répartition entre home-office et bureau leur convient le mieux: «Cela s’effectue en accord individuel avec l'équipe et les supérieurs hiérarchiques.»

Mais les employés apprécient tout autant d'autres modèles de travail, comme l'annualisation du temps de travail, le job sharing ou les modèles de travail hybrides. Selon UBS, cette variété permet de concilier au mieux vie professionnelle et vie familiale. 

Famille et travail

«Les prestations en cas de maternité et de paternité sont tout particulièrement importantes et appréciées», explique encore Eveline Müller. Elle souligne qu’UBS propose l'une des solutions de congé maternité les plus généreuses de Suisse, à savoir le maintien du salaire jusqu'à 210 jours ou 30 semaines en fonction du nombre d'années de service.

Le congé paternité est également un thème important. UBS offre un mois au lieu des deux semaines prescrites par la loi et Credit Suisse propose même six semaines.

Après le congé vient la garde des enfants, qui pose encore des problèmes à de nombreux parents dans notre pays. Raiffeisen résout le problème avec sa propre crèche au siège principal à St-Gall, tandis que Postfinance ou Credit Suisse mettent à disposition des compléments pour la garde externe des enfants.

Assurance et prévoyance

Une fois que les enfants ont quitté la maison, vient la question de la prévoyance personnelle et donc de la caisse de pension. «Chez UBS, celle-ci se trouve dans une très bonne situation financière et offre aux assurés des prestations de pointe qui vont bien au-delà des prescriptions légales, explique Eveline Müller. En tant qu'employeur, nous versons des contributions très généreuses à l'avoir de vieillesse des assurés.»

UBS n'est toutefois pas seule dans ce cas. Raiffeisen verse elle aussi des contributions supérieures à la moyenne et offre des rabais sur les assurances complémentaires. Credit Suisse a opté pour son propre modèle, selon Ronnie Y. Petermann: «A partir de 58 ans, il est possible de réduire son taux d'activité, sans réduction des prestations de la caisse de pension.»

De jeunes talents

Mais pour que ces personnes découvrent le secteur, il faut les attirer très tôt. La branche recrute en grande partie directement dans les hautes écoles. Une personne sur six dans le secteur financier est diplômée d'une haute école, ce qui correspond à 63% du personnel.

Dörte Horn, porte-parole de PostFinance, confirme également que la formation se poursuit après les études: «Nous offrons aux étudiants et aux diplômés des hautes écoles de nombreuses possibilités et des perspectives intéressantes, que ce soit en tant que stagiaire, dans le cadre d'un travail de fin d'études ou avec une entrée directe chez nous.» 

Ina Gammerdinger, porte-parole de la Banque cantonale de Zurich, renchérit: «Il est important pour nous de continuer à employer nos jeunes collaborateurs après la fin de leur apprentissage. Ainsi, l'année dernière, 91% de tous les diplômés d'apprentissage ont pu poursuivre leur carrière au sein de la banque. Les stagiaires sont engagés chez nous pour une durée indéterminée dès le premier jour.» 

La stratégie semble porter ses fruits, car, comme le montre la moyenne, les employés de la banque y restent en moyenne treize ans.

Yannick Dousse
Yannick Dousse
Tina Fischer
Tina Fischer