Le portrait du mois

Claudia Comte, une artiste sans peur et sans répit

Elle est l’une des artistes suisses les plus cotées sur la scène internationale. Pour mettre en œuvre sa vision, Claudia Comte a bâti une véritable PME. Rencontre, avant Art Basel, avec celle qui utilise la tronçonneuse comme un crayon. Et s’engage pour la défense du climat et des océans.

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Claudia Comte
Claudia Comte développe une œuvre monumentale inspirée par la nature, entre sculptures, fresques et installations exposées dans le monde entier. Pierre Fantys

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Le studio Claudia Comte se trouve en hauteur du petit village de Bennwil, isolé dans la campagne bâloise, avec en arrière-plan une forêt épaisse peuplée de chevreuils et de sangliers. On embrasse d’emblée, en arrivant, ce qui fait l’univers créatif de l’artiste vaudoise. Ses sculptures de cactus, de corail et de feuilles, en bois ou en marbre, plantées dans la prairie ou entre les arbres, vous accueillent comme autant de signatures d’une œuvre désormais mondialement reconnue.
Installé dans ce qui abritait autrefois les moutons du domaine acquis il y a près de sept ans, le studio proprement dit jouxte la maison où Claudia Comte habite avec son compagnon, le curateur d’art contemporain Samuel Leuenberger, et leurs deux enfants de 6 et 4 ans. Les dix collaborateurs de Claudia Comte partagent leur temps entre Bennwil et le siège administratif du studio, sis en ville de Bâle, quand ils ne sont pas sur la route pour installer une exposition ou réaliser une œuvre de commande. Une partie de l’équipe se trouve d’ailleurs, le jour de notre rencontre, à Saint-Paul-de-Vence, où elle met la dernière main à une peinture murale. De son côté, l’artiste se prépare à donner, le lendemain, une conférence au musée de Coire, puis à faire ses bagages pour la Biennale de Venise avant d’entamer le marathon d’Art Basel.

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L’emploi du temps de Claudia Comte donne le tournis. Elle était en Chine pendant deux semaines au mois d’avril, dans une demi-douzaine de lieux, notamment à Wenzhou, dans la province du Zhejiang, forte de 9 millions d’habitants, pour inaugurer une gigantesque installation dans le parc d’exposition de la ville. «Un séjour intense», dit-elle en revenant sur un autre projet crucial, le Rockbund Art Museum de Shanghai, fruit d’une transformation de l’ancien bâtiment de la Royal Asiatic Society, en partenariat avec l’architecte britannique David Chipperfield. Un bâtiment qu’elle a recouvert de fresques extérieures et intérieures. Un travail de trois semaines pour 15 personnes.
Plus proche de nous, Vaudoise Assurances dévoilait récemment une peinture murale et une sculpture en bois en forme de feuille dans l’entrée de son siège lausannois, bâti par Jean Tschumi en 1956 et récemment rénové de fond en comble. «J’aime collaborer avec les architectes», déclare celle qui rêve de réaliser un jour une maison avec une autre légende de l’architecture suisse, Peter Zumthor. Et d’évoquer un échange avec ce même Zumthor, sur le thème du rapport entre l’art et l’architecture, lors d’une rencontre publique à l’EPFZ. «Je n’ai pas facilement le trac, confie-t-elle, mais là, je dois dire que je n’en menais pas large.»

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Invariablement chaussée de santiags, les canons de son jean serré à l’intérieur de ses bottes, volontiers coiffée d’un chapeau de cow-boy, Claudia Comte ne se distingue pas d’emblée par sa timidité. Elle semble, au contraire, posée, les pieds sur terre. Sans doute aussi parce que son outil d’expression originel est la tronçonneuse, qu’elle utilise comme un crayon. «Je ne suis pas très sportive, je n’aurais d’ailleurs pas vraiment le temps pour ça, mais j’ai la ténacité.» Et il lui en a fallu, de la ténacité, à la fois physique et psychologique, pour imposer ce moyen d’expression hors du commun alors qu’elle était encore à l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL). «On s’est bien moqué de moi à l’époque.» C’est donc avec la tronçonneuse empruntée à son grand-père, domptée grâce à ses conseils et à ceux de quelques bûcherons du coin, presque en autodidacte et sans jamais d’ailleurs se blesser, qu’elle est devenue une sorte de virtuose de cet instrument pétaradant. Nous y reviendrons.

Une artiste devenue une marque mondiale

Parce qu’elle joue sur plusieurs tableaux, si l’on peut dire, Claudia Comte n’a pas senti les effets du covid et les incertitudes économiques qui agitent le marché de l’art, volatil presque par essence, comme le montre une fois encore le dernier rapport d’UBS sur ce secteur. Les ventes ont certes progressé de 4% l’an passé, à quelque 59,6 milliards de francs, mais on est loin des chiffres d’avant la pandémie. Ses sculptures, vendues entre 25 000 et 50 000 francs pour les plus petites, et jusqu’à 250 000 francs pour les plus grandes, celles en marbre, constituent à peu près la moitié de son chiffre d’affaires. Ses fresques, en particulier sur ce qu’on appelle des freestanding wallpaintings dans le jargon, coûtent entre 250 000 et 500 000 francs. Tout comme les grandes installations qui parfois combinent fresques et sculptures.

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La diversité des techniques et registres utilisés lui permet de jouer sur différents segments de marché: les galeries, les entreprises privées, les musées, les institutions et commandes publiques. Des œuvres faites pour l’intérieur ou pour l’extérieur et donc susceptibles de résister aux caprices de la météo. Claudia Comte soigne aussi sa présence dans les foires: Art Basel, Art Miami, Art Hong Kong… «Pour rester dans le coup et continuer de progresser, c’est un engagement de chaque instant.» Et sur tous les continents.
A 42 ans, Claudia Comte est une star de l’art contemporain depuis plusieurs années. Elle n’est du reste pas la seule de sa génération à être bien cotée à l’international. On peut même parler d’un mouvement quasi collectif d’artistes, né à l’ECAL et plus largement en Suisse romande, qui doit beaucoup à la personnalité et au réseau international hors norme de Pierre Keller, l’ancien directeur de l’école d’art vaudoise décédé il y a sept ans. Parmi eux, trois proches amis de Claudia. Nicolas Party, qui travaille entre New York et Bruxelles. Son pastel Blue Sunset s’est vendu 6,6 millions de dollars chez Christie’s à Hongkong. Du jamais vu pour un jeune artiste suisse contemporain. Né en 1987, Julian Charrière est diplômé, lui, de l’Ecole d’art de Sion et installé à Berlin. Comme Claudia Comte, il a pour fil rouge de son œuvre le dérèglement climatique et un profond attachement à la nature. La Veveysanne Charlotte Herzig partage son temps entre la Suisse et la capitale allemande. Elle est aussi une amie d’études de Claudia Comte et présente actuellement ses œuvres dans l’un des espaces d’exposition de Samuel Leuenberger, installé dans la ferme de Bennwil. Ces quadragénaires assurent avec brio la relève d’artistes plus âgés comme Pipilotti Rist, Ugo Rondinone ou John Armleder.

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Le studio Claudia Comte, une véritable PME

Ce qui distingue toutefois Claudia Comte et la rend unique sur la scène suisse, ce sont les moyens techniques, logistiques et organisationnels mis en œuvre pour concrétiser son travail et suivre une demande qui ne cesse de croître. Son studio est de fait une véritable PME, qui compte dix salariés et travaille avec un large réseau de free-lances. Elle confiait d’ailleurs à l’écrivain Blaise Hofmann dans son petit livre NOW I WON. Portrait de Claudia Comte (Ed. art&fiction): «Les artistes ne sont pas forcément des rêveurs solitaires, marginaux, désorganisés. Faire de l’art, c’est aussi savoir gérer une équipe, diriger une entreprise et soigner sa communication.» Sur ce marché concurrentiel et de plus en plus international, impossible de réussir si vous n’êtes pas aussi une businesswoman et une manager.

«Faire de l’art, c’est aussi savoir gérer une équipe, diriger une entreprise et soigner sa communication.»

Une grande partie des interactions avec le monde extérieur et de la coordination de son équipe passe ainsi par Lara Neibert, sa studio manager, recrutée à Berlin par un chasseur de têtes. On apprend incidemment qu’en Suisse, pourtant un haut lieu de l’art contemporain mondial, le ou la studio manager expérimenté(e) est un spécimen introuvable. Le reste de l’équipe? Un chef de projet, une responsable de l’atelier bois, une autre chargée de l’atelier peinture, un comptable… Et une archiviste, qui documente son œuvre prolifique. Il suffit, pour en avoir un large aperçu, de parcourir le site de l’artiste, son fil Instagram ou de se plonger dans une déjà abondante bibliographie.

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Quelques exemples, donc: Lightning Symphony, une sculpture sonore gonflable de 52 mètres, présentée sur la Messeplatz, à Bâle, dans le cadre de l’Eurovision 2025. Son installation dans un fascinant paysage minéral, lors du Desert X Festival, à AlUla, en Arabie. Sa première grande exposition dans la totalité des espaces du Kunstmuseum de Lucerne, le fameux KKL, 10 Rooms, 40 Walls, 1059 m2. Ou encore celle du Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, à Madrid, After Nature. La mécène et curatrice Francesca Thyssen, dont elle est proche, l’a aussi invitée à créer un parc de sculptures sous-marin, en Jamaïque, une œuvre conçue en dialogue avec les biologistes de l’Alligator Head Foundation pour dire la perte de biodiversité maritime et l’agonie des massifs coralliens. «J’admire chez Claudia son sens de l’aventure, sa curiosité et sa passion pour la nature», confie celle qui voit l’art comme un agent de changement social et environnemental. Et l’héritière de la dynastie Thyssen, née à Lausanne et qui a passé une partie de son enfance à Morges, de relever aussi la «grande précision» avec laquelle l’artiste transmet ce qu’elle a à dire.

Rencontre cruciale

Claudia Comte et Francesca Thyssen
Archives privées Claudia Comte
Claudia Comte et Francesca Thyssen
Archives privées Claudia Comte
Avec Francesca Thyssen, lors de l’ouverture de son exposition «After Nature» au Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, à Madrid, l’an dernier. A la tête de la fondation TBA21, la mécène et philanthrope soutient la commande et la production de projets artistiques multidisciplinaires, notamment sur les questions sociales et climatiques. Une rencontre cruciale pour Claudia Comte.

Des racines vaudoises à la scène internationale

Lorsqu’elle raconte les prémices de son œuvre et comment elle s’est développée ensuite, Claudia Comte vous prie d’excuser, avec un accent vaudois qui, lui, est intact, son recours fréquent à des termes anglais. Malgré une vie cosmopolite, elle insiste sur son origine terrienne. L’enfance à Grancy, entre Morges et Cossonay. Le chalet familial. Parfois l’ennui, et donc les dessins animés et les jeux vidéo auxquels il lui arrive de se référer dans ses œuvres. Et la nature, omniprésente. L’importance des matériaux, l’histoire qu’ils encapsulent. Claudia Comte revient d’ailleurs régulièrement à Grancy, où elle stocke la plupart des troncs qu’elle va utiliser. Sa xylothèque à elle. Elle peut aussi beaucoup compter sur ses parents, qui s’occupent de leurs petits-enfants quand elle voyage à l’autre bout du monde.

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Claudia Comte avec Michaël, son frère, à Grancy, le village vaudois où elle a grandi.
Avec Michaël, son frère, à Grancy, le village vaudois où elle a grandi.Archives privées Claudia Comte
Claudia Comte avec Michaël, son frère, à Grancy, le village vaudois où elle a grandi.
Avec Michaël, son frère, à Grancy, le village vaudois où elle a grandi.Archives privées Claudia Comte
C’est aussi dans le village vaudois qu’elle dégrossit la plupart de ses sculptures à la tronçonneuse, poncées ensuite par son équipe et qui, pour un nombre croissant d’entre elles, sont enfin scannées en 3D et réalisées en Italie dans des blocs de marbre par… un robot. Et d’ajouter que le marbrier avec lequel elle travaille est devenu, au fil des ans, comme «un membre de la famille». Et Carrare, un deuxième studio.
Sans l’ECAL, Claudia Comte n’aurait pas eu la même carrière, aime-t-elle répéter. Connu pour sa pétulante misogynie, le génial Pierre Keller a néanmoins ouvert l’horizon de bon nombre d’étudiantes de l’école. «J’ai rapidement compris son fonctionnement, poursuit-elle, ses excès, mais aussi tout ce qu’il nous apportait. Ce dont je lui suis éternellement reconnaissante.» Et, de fait, au contact des enseignants de l’école vaudoise, le monde semble soudain sans limites pour une jeune artiste, qui, une fois diplômée, va aligner les bourses, les prix et les résidences à Paris, à l’Institut suisse de Rome, en Afrique du Sud…
La jeune femme, qui a travaillé au Musée militaire du château de Morges, dans des bars, aux imprimeries de Bussigny et fait de nombreux remplacements pour payer ses études et qui, pour rassurer ses parents, ajoutera à son diplôme de l’ECAL un master de la Haute Ecole pédagogique (HEP), pourra, toutes proportions gardées, assez rapidement vivre de son art. Elle s’établit bientôt à Berlin, où elle passe dix ans. Dès 2014, elle rejoint la prestigieuse galerie new-yorkaise de Barbara Gladstone, présente également à Bruxelles et à Séoul. C’est cette année-là aussi, deux ans après leur première rencontre, qu’elle se met en couple avec Samuel Leuenberger. Avant d’être un curateur indépendant reconnu, le Bâlois a travaillé chez Christie’s à Londres et pour Art Basel, notamment. Il connaît les moindres ressorts du monde de l’art contemporain. On lui demande ce qui l’a d’emblée impressionné quand il a découvert Claudia Comte, alors âgée de 29 ans. «Son courage, la clarté de la vision qu’elle avait de son art et une confiance absolue dans sa capacité à la réaliser», résume-t-il. A peine a-t-elle décroché l’un de ses premiers prix, une somme importante, qu’elle la consacre dans sa totalité à l’ouverture d’un grand studio à Berlin. C’est alors le cœur battant de la scène européenne de l’art. Elle va y passer près de dix ans avec son compagnon qui, comme curateur indépendant, jouit d’une grande liberté et pendule entre la Suisse et la capitale allemande.

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Claudia Comte avec son compagnon Samuel Leuenberger
Avec son compagnon, Samuel Leuenberger, devant l’œuvre créée pour l’Eurovision 2025.Archives privées Claudia Comte
Claudia Comte avec son compagnon Samuel Leuenberger
Avec son compagnon, Samuel Leuenberger, devant l’œuvre créée pour l’Eurovision 2025.Archives privées Claudia Comte
Après avoir vécu l’effervescence berlinoise, Claudia Comte aspire à plus de calme. «Je rêvais d’un atelier à la campagne, pas trop éloigné de nos familles respectives.» Le couple va chercher pendant trois pleines années avant de trouver le domaine de Bennwil. Racheté à un couple visionnaire et pionnier de l’écologie, il a été conçu pour être un modèle d’autarcie: toitures végétalisées, panneaux solaires et une source sur la propriété pour l’approvisionnement en eau. Et tous les mètres carrés nécessaires pour abriter les différents espaces du studio Claudia Comte.
Lors d’Art Basel, alors que le gotha mondial de l’art contemporain converge vers la ville rhénane, Claudia Comte profite de cette proximité pour faire visiter son studio, notamment à ses partenaires asiatiques — clients, curateurs, directeurs d’institution. «La plupart d’entre eux vivent dans des mégapoles. Certains n’ont jamais vu de vache ou de cochon, les insectes ont disparu de leur environnement. Les amener ici me permet de mieux leur expliquer ce qui nourrit mon travail et mon rapport à la nature.»
Le retour en Suisse et dans un village à taille humaine présente aussi des avantages pour l’organisation familiale. «Réussir et se maintenir dans le monde de l’art contemporain est beaucoup plus dur pour les femmes que pour les hommes», constate Samuel Leuenberger qui, comme curateur de longue date, sait de quoi il parle. «Il y a dix ans, je ne tenais pas le même discours, enchaîne Claudia Comte. Mais, avec le recul, je peux le dire: en tant que femme, nous devons déployer deux fois plus d’énergie pour y parvenir.»

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Le dimanche qui précède l’ouverture d’Art Basel, Claudia Compte devrait accueillir entre 400 et 500 personnes à Bennwil. Dans l’espace de la foire elle-même, plusieurs de ses sculptures seront exposées par ses deux galeries, Gladstone et OMR. Et de parler déjà d’Art Basel 2027, où elle présentera, nous explique-t-elle, une œuvre particulièrement spectaculaire: une peinture recouvrant l’intégralité du bateau, amarré sur le Rhin, qui abrite le Nordstern, haut lieu du clubbing international. Et deux autres installations dont elle ne peut pas encore parler. Surprise! Dans le cadre de La Chaux-­de-Fonds, Capitale culturelle suisse 2027, elle a également été invitée pour une exposition personnelle aux anciens abattoirs de la ville. Des projets parmi d’autres qui lui permettront d’étendre encore et sans répit le registre d’une remarquable œuvre polyphonique.

Bio express

1983

Naissance à Morges.

2007

Diplôme de l’ECAL. Puis master à la HEP de Lausanne.

2010

Résidence d’un an à l’Institut suisse de Rome. S’établit à Berlin.

2014

En couple avec le curateur Samuel Leuenberger. Swiss Art Award.

2017

Première grande exposition au KKL.

2019

Retour en Suisse. Naissance de son fils Kai, suivi de Leo deux ans plus tard.

2021

«After Nature», exposition au Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, à Madrid.
A propos des auteurs

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