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Prévoyance

L’attractivité des marchés privés suisses pour la prévoyance

Face aux turbulences mondiales, les PME suisses offrent aux caisses de pension rendement, stabilité et ancrage en francs.

Christian Waldvogel

Dr Christian Waldvogel, Managing Partner, Fondation d’investissement Renaissance
Stephane Schmutz

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Dans un environnement marqué par la volatilité des marchés, les tensions géopolitiques persistantes et les fluctuations de change, les caisses de pension suisses réévaluent progressivement leurs allocations d’actifs. La hausse des coûts de couverture de change, notamment sur le dollar américain, ainsi que des performances boursières plus irrégulières que lors des années précédentes renforcent l’attrait des investissements domestiques.
Ce mouvement profite avant tout à l’immobilier suisse, qui conserve son statut de valeur refuge. Mais un autre segment suscite un intérêt croissant auprès des investisseurs institutionnels: les marchés privés suisses, et plus particulièrement les PME non cotées.
En revanche, le marché suisse de la dette privée peine encore à se développer. Les conditions de financement offertes par les banques restent souvent plus avantageuses que celles des gestionnaires spécialisés en dette privée.
Le capital-risque, autre composante des marchés privés, peine également à convaincre les caisses de pension en raison de sa volatilité élevée. Dans ce domaine, seule une approche diversifiée et internationale, généralement mise en œuvre via des stratégies de fonds de fonds, permet d’en atténuer les risques.

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Le tissu économique helvétique continue pourtant de démontrer une remarquable résilience. Malgré l’appréciation durable du franc suisse, de nombreuses entreprises restent hautement compétitives grâce à leur positionnement sur des marchés de niche à forte valeur ajoutée. Certaines facturent même leurs produits et services en francs suisses à l’international, preuve d’un avantage concurrentiel solide.
Cette classe d’actifs présente également un intérêt structurel. Les PME représentent environ deux tiers des emplois en Suisse et près de la moitié du PIB national. Elles constituent ainsi une source de diversification complémentaire aux marchés actions cotés, souvent concentrés autour de quelques grandes capitalisations.
Parallèlement, le marché du financement et de la transmission des entreprises familiales connaît une profonde transformation. Les nouvelles générations ne souhaitent plus systématiquement reprendre l’entreprise familiale, tandis que de nombreux entrepreneurs anticipent davantage leur succession afin de préparer une nouvelle étape de vie.
PME familiales
Le marché du financement et de la transmission des PME familiales connaît une profonde transformation et représente plusieurs milliards de francs par an.
Cette évolution génère un besoin croissant de capitaux externes. Selon plusieurs acteurs spécialisés, le marché suisse des transmissions d’entreprises représente aujourd’hui plusieurs milliards de francs par an.

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Dans ce contexte, marqué par une volonté d’investissement de proximité et de soutien durable au tissu économique national, les fonds dits «evergreen» suscitent un intérêt croissant auprès des investisseurs institutionnels. Contrairement au private equity traditionnel, fondé sur des cycles relativement courts d’acquisition et de revente, ces structures privilégient une logique de détention à long terme.

«Les fonds evergreen qui privilégient une logique de détention à long terme suscitent un intérêt croissant.»

L’objectif n’est pas de céder les sociétés après quelques années afin de maximiser une plus-value, mais d’accompagner durablement leur développement et leur rentabilité. Cette approche «buy and hold» correspond davantage à l’horizon d’investissement des caisses de pension ainsi qu’à leur recherche de stabilité et de revenus récurrents.
Autre avantage majeur: les valorisations. Les acquisitions réalisées directement auprès des familles fondatrices s’effectuent souvent à des multiples inférieurs à ceux observés sur les marchés cotés. Cette décote permet aux investisseurs de bénéficier d’un potentiel de rendement attractif tout en limitant leur exposition à la volatilité boursière.
Le segment demeure encore relativement peu exploité en Suisse, mais l’intérêt progresse rapidement. Plusieurs fonds spécialisés dans les entreprises non cotées ont déjà convaincu un nombre croissant de caisses de pension, séduites par des rendements réguliers, des distributions attractives et une exposition libellée en francs suisses.

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Dans un monde devenu plus instable et plus coûteux à couvrir sur le plan monétaire, les marchés privés helvétiques apparaissent ainsi comme une alternative crédible pour les investisseurs institutionnels. En quête de diversification, de rendement et d’ancrage domestique, les caisses de pension redécouvrent progressivement le potentiel stratégique de l’économie réelle suisse.
Dr Christian Waldvogel, Managing Partner, Fondation d’investissement Renaissance

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