Les chiens et les chats moins couverts en Suisse qu’ailleurs en Europe
Si les Suisses boudent encore les polices d’assurance pour leurs compagnons à quatre pattes, ils ne lésinent pas sur la dépense quand ils sautent le pas, privilégiant une couverture illimitée qui peut parfois rembourser des factures à cinq chiffres.
Signe de l’engouement de la population helvétique pour ses petits compagnons, le panier moyen d’un ménage suisse avec un animal est 53 % plus élevé que celui d’un foyer sans animal.Shutterstock
Assurer son compagnon à quatre pattes, oui. Mais surtout si c’est un chien. Un canidé sur dix est couvert en cas de maladie ou d’accident en Suisse, alors que ce n’est le cas que d’un félin sur cinquante. « Les gens sous-estiment la nécessité d’assurer un chat. Il y a cette croyance populaire qu’il retombe toujours sur ses pattes, mais ce n’est pas le cas », analyse Charles Perraudin, vice-directeur de la division animalière de Vaudoise Assurances et précédemment CEO d’Epona. Fondée en 1901 pour couvrir les animaux de rente, Epona a été acquise en 2024 par la Vaudoise, puis repositionnée en marque aux côtés d’Animalia, afin de « renforcer la cohérence de l’offre et d’optimiser son pilotage », décrit celui qui dirige l’unité fusionnée employant 70 personnes et couvrant la moitié du marché en Suisse.
Alors qu’un ménage helvétique sur deux vit avec un compagnon à quatre pattes, « le taux d’animaux assurés dans le pays est de moins de 10 %, contre près de 40 % en Allemagne, au-delà de 50 % au Royaume-Uni et jusqu’à 85 % en Suède », compare Marlo Hug, directeur marketing et produit de Calingo. Née il y a six ans, la start-up zurichoise compte 30 collaborateurs et offre une assurance haut de gamme, notamment via des distributeurs (Qualipet, Coop ou Brack.ch) et un réseau de 250 vétérinaires dans le pays.
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Max, Charly, Nala et Poupette sont donc bien moins assurés en Suisse qu’ailleurs en Europe, ce que Marlo Hug justifie par une inadéquation de l’offre historique. « Les assurances traditionnelles voyaient ce produit comme secondaire, le proposant juste dans le cadre d’une couverture à 360 degrés, avec des remboursements parfois limités. » Les acteurs du secteur s’accordent quant à la qualité des services, bien meilleure aujourd’hui, à mesure que l’animal est devenu un membre de la famille. Toutefois, les acteurs restent peu nombreux. Outre Calingo (distribué aussi par Allianz) et les marques de la Vaudoise (Epona et Animalia), on retrouve notamment Wau-Miau (d’ERV, une succursale autonome d’Helvetia).
Portrait-robot de l’assuré à deux et à quatre pattes
La clientèle de l’assurance animalière en Suisse est majoritairement féminine, périurbaine, âgée de 45 ans en moyenne du côté des maîtres. Et elle franchit le pas très tôt, avant les 2 ans de l’animal. Le labrador, le bouledogue français et le golden retriever dominent statistiquement. Chez les chats, le british shorthair, le maine coon et le bengal captent l’essentiel des polices, ainsi que le chat de gouttière, simplement vu sa surreprésentation.
Autre différence face au modèle européen: la mécanique de franchise. « Le client helvétique n’hésite pas à dépenser plus (souvent au-delà de 500 francs annuels) pour disposer d’une couverture illimitée en cas de gros pépins. J’ai validé des dossiers de remboursement de plus de 30 000 francs pour un seul chat », témoigne Charles Perraudin. Et ce dernier d’ajouter que de plus en plus de chirurgies mais aussi de pathologies comme des allergies ou les cancers sont couvertes, à mesure que l’espérance de vie des chiens et des chats s’allonge. Et si les primes ont grimpé ces dernières années, elles ont « suivi l’inflation, plutôt avec un temps de retard par rapport aux bonds des frais vétérinaires », glisse-t-il.
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Christoph Wirtz, gérant de portefeuille chez Rothschild & Co. Wealth Management, assure que, à l’international, « la pénétration de l’assurance animale ne progresse plus régulièrement. Elle stagne, voire recule. » Mais cela ne semble pas être le cas sur le singulier marché helvétique, où la marge de progression reste immense. Marlo Hug indique que Calingo vend plus de 1000 polices par mois. Charles Perraudin parle, lui, d’un volume d’affaires « qui ne ralentit pas, avec un taux de croissance à deux chiffres, bien que les adoptions d’animaux elles-mêmes se soient calmées » et il évoque le chiffre de 10 000 nouvelles polices annuelles rien que pour Animalia. A noter que, début août, la caisse maladie Sanitas s’est aussi lancée sur ce marché.
Animaux domestiques: le marché s'emballe: le dossier
Après des débuts en radio et un focus sur les droits humains, Sophie Marenne a pivoté vers l’actu économique par une expérience en presse luxembourgeoise. En Suisse, elle décrypte les tendances technologiques, l'information financière et les parcours d'entrepreneur·e·s, d’abord pour L’Agefi et maintenant pour Ringier, toujours à l'affût des histoires inattendues qui façonnent le monde des affaires.
Après des débuts en radio et un focus sur les droits humains, Sophie Marenne a pivoté vers l’actu économique par une expérience en presse luxembourgeoise. En Suisse, elle décrypte les tendances technologiques, l'information financière et les parcours d'entrepreneur·e·s, d’abord pour L’Agefi et maintenant pour Ringier, toujours à l'affût des histoires inattendues qui façonnent le monde des affaires.