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La robotique vit-elle son «moment iPhone»?

Les robots quittent les laboratoires pour entrer dans le monde réel. Portés par l’intelligence artificielle, ils pourraient ouvrir l’une des plus grandes industries de la décennie.

William Türler

Morgan Stanley estime que le marché des humanoïdes pourrait atteindre 5000 milliards de dollars d’ici à une vingtaine d’années, avec environ 90% des robots utilisés dans des applications industrielles et commerciales. Reste un territoire encore largement à conquérir: le domicile. La dextérité humaine et la richesse du toucher demeurent particulièrement difficiles à reproduire.
Morgan Stanley estime que le marché des humanoïdes pourrait atteindre 5000 milliards de dollars d’ici à une vingtaine d’années, avec environ 90% des robots utilisés dans des applications industrielles et commerciales. Reste un territoire encore largement à conquérir: le domicile. La dextérité humaine et la richesse du toucher demeurent particulièrement difficiles à reproduire.Keystone

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A Davos, la robotique est sortie des labos. Début juillet, plus de 50 robots ont été déployés dans la ville à l’occasion du Tech Summit, offrant un aperçu concret de ce que pourrait être la prochaine étape de l’intelligence artificielle: son incarnation dans le monde physique.
Pour Marco Pavone, senior director of AI Research chez Nvidia et professeur à Stanford, cette évolution marque un tournant: «Nous entrons dans l’ère de la physical AI, où l’intelligence ne se limite plus au monde numérique, mais comprend, raisonne et agit dans le monde physique.»
De plus en plus d’experts parlent d’un «moment iPhone» de la robotique. Comme le smartphone avant lui, le robot devient une plateforme polyvalente, rendue possible par les progrès de l’IA générative, de la simulation et de la puissance de calcul. Les investissements s’accélèrent, portés par les géants de la tech et une nouvelle génération de start-up.
1 milliard
de robots humanoïdes pourraient être en service dans le monde en 2050, selon Morgan Stanley.
Les usages se multiplient. Dans les usines et les entrepôts, les robots automatisent les tâches répétitives. Dans les EMS, ils assistent le personnel. Dans les commerces, ils nettoient, rangent ou accompagnent des clients. D’autres interviennent dans des environnements dangereux, inspectent des installations ou opèrent dans des zones inaccessibles à l’humain.

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Tous ne prennent pas la forme humaine. Certains adoptent des silhouettes animales, comme les robots d’ANYbotics dédiés à l’inspection industrielle. D’autres misent sur l’humanoïde pour faciliter l’interaction avec les humains.
Derrière ces évolutions, une question centrale se pose: les robots sont-ils en train de devenir une infrastructure aussi essentielle que le numérique? Et, surtout, quels seront les impacts économiques, industriels et sociaux de cette transformation? Dans les faits, la mutation est encore en cours: les robots sont souvent lents, parfois maladroits et loin d’être totalement autonomes, mais la dynamique est désormais clairement en marche.
A propos des auteurs
William Türler
William Türler
William Türler s’intéresse à tout ce qui façonne le monde des affaires. Après avoir collaboré avec plusieurs médias romands, il écrit aujourd’hui pour PME, où il couvre la tech, l’innovation et les grandes tendances économiques. Il aime raconter les histoires derrière les projets et les idées.

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