Le terme New Space recouvre trois changements amorcés outre-Atlantique: le retrait progressif des Etats, qui sous-traitent désormais la construction de fusées et de satellites à des entreprises privées; la chute des coûts d’accès à l’espace grâce à l’innovation; et donc sa démocratisation. Elon Musk a demandé, et obtenu, le feu vert des autorités américaines pour mettre en orbite un million de centres de données et répondre ainsi aux besoins énergétiques exponentiels de l’intelligence artificielle. Avec sa mégafusée Starship, on passe de la science-fiction à une industrialisation massive de l’espace. Le développement de l’IA et le spatial sont désormais liés de manière systémique.
La conquête de l’espace est devenue un thème géostratégique central. La Chine a inauguré sa propre station spatiale et vise un alunissage habité d’ici à 2030. Un nombre croissant de pays et d’entreprises se positionnent également en aval de cette économie orbitale, par exemple les Emirats arabes unis. Parmi les applications les plus prometteuses: le développement et la production de nouveaux médicaments en microgravité. A plus long terme, notre avenir énergétique pourrait passer lui aussi par des centrales solaires en orbite et une industrie «minière» se développer ailleurs que sur la Terre. Quel rôle la Suisse peut-elle jouer dans cette nouvelle ruée vers l’espace?