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Pas de demi-mesure

Forts de leurs 413 000 travailleurs, les emplois temporaires constituent l'épine dorsale de l'économie suisse; la CCT de la location de services assure leur sécurité.

Wilma Fasola

Travail temporaire
Travail temporaire Michael Keller

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Près de 413 000 personnes en Suisse partagent un point commun: elles ne s'attachent pas. En tout cas ni à un seul patron ou patronne, ni à une unique entreprise. Quand on entend aujourd'hui l'expression «travail temporaire», on pense souvent au manœuvre sur un chantier ou à l'aide-soignant remplaçant dans la santé. Mais cette image est incomplète.
Dans presque tous les secteurs, le recours aux intérimaires est devenu une véritable nécessité économique. Le travail temporaire s'est imposé comme un rouage essentiel de l'économie, qui peinerait à fonctionner sans cette flexibilité. Andreas Eichenberger, membre de la direction de Swissstaffing, dresse d'ailleurs un constat très clair sur le blog de l'organisation: «Sans le travail temporaire, l'économie suisse s'arrête.» Les arguments en ce sens sont convaincants. Le secteur amortit les fluctuations de la conjoncture et atténue la pénurie aiguë de main-d'œuvre qualifiée. Et ce n'est pas un phénomène purement local: une enquête menée auprès des entreprises internationales du classement Forbes 2000 a révélé que la part des travailleurs flexibles y dépasse déjà les 20%.
Dans ce contexte, explique Andreas Eichenberger, les prestataires de services en ressources humaines agissent comme des catalyseurs. Ils mettent en relation les employeurs et les chercheurs d'emploi plus rapidement que les canaux de recrutement classiques. Aujourd'hui, particulièrement pour les profils hautement qualifiés, la rapidité à pourvoir un poste est un facteur de compétitivité crucial, souligne-t-il.

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De plus, ce modèle permet de mieux exploiter le potentiel de la main-d'œuvre nationale. Il sert de rampe de lancement pour les jeunes diplômés ou de tremplin de retour à l'emploi pour les parents après une pause familiale. Une enquête réalisée par l'institut GFS-Zurich en 2025 montre par exemple qu'un tiers des travailleurs temporaires visant un poste fixe viennent directement du chômage. Le secteur agit donc comme un moteur d'intégration. En l'espace d'un an, 42% de ce groupe réussissent à décrocher un emploi fixe. Le travail temporaire est ainsi, bien souvent, le trait d'union indispensable vers le marché primaire du travail.

Jouer la carte de la sécurité

Malgré tous ces avantages, il ne faut pas éluder la question de la protection sociale. Les critiques sortent vite la carte de la morale en dénonçant la précarité. Un mot à la mode pour désigner l'insécurité, mais qui n'est pas tout à fait exact ici. Car face à l'image du journalier livré à lui-même, la Suisse oppose un argument de poids: la convention collective de travail (CCT) Location de services. Elle règle dans les moindres détails les conditions de travail de plus de 400 000 actifs et garantit que la flexibilité ne se fasse pas au détriment de la sécurité financière.

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Depuis le 1er janvier 2026, des dispositions plus strictes sont en outre entrées en vigueur, touchant principalement les salaires minimums et la prévoyance. Un artisan qualifié titulaire d'un CFC, par exemple, débute dans des régions à hauts revenus comme Zurich ou Genève avec un salaire de base d'un peu plus de 5000 francs, le 13e mois y étant déjà inclus. La convention fixe ainsi une limite stricte contre le dumping salarial. L'activation immédiate du filet social est également décisive: contrairement à de nombreux petits boulots, l'assurance indemnité journalière en cas de maladie et la prévoyance professionnelle (LPP) s'appliquent dès la première heure de mission. Il n'y a donc aucune faille de couverture risquée pour les employés. Une protection sur laquelle butent d'ailleurs de nombreux contrats classiques dans les PME.
En outre, la CCT garantit l'accès au développement professionnel et à la formation continue. Le fonds Temptraining finance l'apprentissage tout au long de la vie, ce qui représente la seule véritable assurance contre le chômage dans un environnement technologique instable. Le conseiller fédéral Guy Parmelin résume souvent la nécessité politique de cet encadrement: «La flexibilité est notre force, mais elle a besoin de garde-fous.» En Suisse, ces garde-fous sont solidement ancrés dans la CCT et transforment le modèle du contrat à durée déterminée en une forme de travail sécurisée et reconnue par l'État.

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Cap sur la formation continue

Concrètement, pour les assurés, cela signifie que toute personne travaillant en intérim au moins 88 heures sur une période de 12 mois acquiert déjà un droit à des subventions. Le système fonctionne de manière glissante: à chaque nouvelle heure de mission, le crédit de formation augmente. Au maximum, jusqu'à 5000 francs sont débloqués pour les frais de cours, complétés par 2250 francs à titre de compensation pour la perte de salaire (durant le temps de formation). Ce modèle se révèle ainsi souvent plus généreux que de nombreux emplois fixes dans le secteur des bas salaires, car ici la formation continue ne dépend pas du bon vouloir de l'employeur, mais constitue un droit légal garanti.
En 2026, les priorités de formation seront résolument axées sur la transformation numérique. Les subventions soutiennent non seulement les cours techniques classiques dans la construction ou les soins, mais aussi de plus en plus de modules dédiés au savoir-faire numérique, tels que la gestion de chantier, les applications de l'IA dans la logistique ou les technologies de soins spécialisées. L'objectif est de préserver l'employabilité, ou plutôt, de doter les salariés des compétences dont ils auront besoin dans leurs domaines respectifs à l'avenir.

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Les meilleurs prestataires de services de recrutement en 2026

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