Albert Baehny, 68 ans
Président Geberit, Lonza, vice-président Investis, Rapperswil-Jona, Bâle, Zurich

Albert Baehny n’est pas un collectionneur de mandats, mais ceux qu’il détient sont d’importance. Lonza, ces temps, flambe en bourse après qu’il y a créé de grandes inquiétudes en y faisant vigoureusement le ménage. Albert Baehny était entré au conseil d’administration au printemps 2017 et a repris l’année suivante la présidence des mains de Rolf Soiron. Après dix mois seulement, le CEO, Richard Ridinger, a dû s’en aller. Son successeur, Mark Funk, venu de l’interne, n’a pas tenu un an. Dans les deux cas, Albert Baehny avait détecté des lacunes dans la conduite du groupe.

L’homme considère la façon de traiter les collaborateurs comme une compétence cruciale et déclarait un jour qu’il préférait choisir le candidat moins bien placé si, en revanche, ses valeurs et son caractère convenaient. Il a ainsi déniché Pierre-Alain Ruffieux chez Roche, qui l’a manifestement assez convaincu pour devenir le CEO de Lonza à la fin de l’automne. Entre-temps, c’est Albert Baehny qui a assuré le travail opérationnel en double mandat – après tout, il est biologiste et a consacré les premières décennies de sa carrière à la chimie et à la pharma.

Sous sa houlette, Lonza se positionne comme un fabricant à la commande pour l’industrie pharmaceutique qui dispose non seulement de coûteuses lignes de production mais fournit aussi des prestations de recherche et de développement. Avec la biotech américaine Moderna, Lonza entre dans la course au vaccin contre le Covid-19. Des marges record et un cours de l’action qui ne cesse de grimper semblent montrer qu’Albert Baehny fait plutôt bien les choses.

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Même constat chez Geberit, où il est arrivé en 2003 et où il a été CEO pendant dix ans dès 2005. Le producteur d’installations sanitaires est désormais hautement automatisé. Ici aussi, les marges ont augmenté, et donc le prix de l’action. Ici aussi, Albert Baehny a assuré un certain temps un double mandat. Ici aussi, il a choisi son successeur avec le plus grand soin. Il passe pour un président très actif mais qui, lorsque tout roule, laisse la bride sur le cou. Depuis l’arrivée d’Alain Ruffieux chez Lonza, Albert Baehny et son épouse, qui vivent à Bâle-Campagne, devraient de nouveau avoir plus de temps pour leurs loisirs préférés, la montagne et le ski.


Marco Gadola, 57 ans
Président DKSH, administrateur chez Straumann, Calida, Medartis, Tally Weijl Holding et divers autres mandats, Zurich, Bâle, Sursee LU

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Marco Gadola siège au conseil d’administration de Straumann depuis 2020.
© Kostas Maros

De 2013 à 2019, Marco Gadola fut CEO du groupe bâlois d’implants dentaires Straumann et, depuis 2020, il y siège au conseil d’administration. Il passe pour un confident du copropriétaire Thomas Straumann. Il figure d’ailleurs aussi depuis 2020 comme administrateur de la seconde entreprise de celui-ci, Medartis. En revanche, il a abandonné le conseil de la tessinoise Medacta, elle aussi active dans les prothèses corporelles.

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Devenu administrateur professionnel après son job de CEO, Marco Gadola a réussi une formation de coaching à la prestigieuse école de management Insead, ce qui lui permet aujourd’hui de donner un coup de main à des managers moins expérimentés. Sa nouvelle tâche principale est la présidence du groupe de commerce DKSH, coté en bourse mais dominé par un clan familial et dont le dirigeant opérationnel n’obtient pas toujours les meilleures notes.

Il semble que chez DKSH, surtout actif en Asie, après un tour de chauffe d’un an comme simple administrateur, Marco Gadola consacre beaucoup de temps à inspecter les marchés étrangers. Pour assurer ce rôle, il en a quitté d’autres, dont le fabricant de balances de précision Mettler Toledo et l’organisateur de foires bâlois MCH. Chez Calida, qu’il a présidé en 2019, il s’est désormais rétrogradé au rôle de vice-président.

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Andreas Schmid, 63 ans
Président Flughafen Zürich, Wirz-Gruppe, administrateur Gategroup, Steiner et divers autres mandats, Opfikon, Zurich

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Andreas Schmid a renoncé à présider une assemblée générale extraordinaire chez Aryzta.
© Keystone

A l’automne, le conseil d’administration du groupe de boulangerie Aryzta, ex-Hiestand, a nommé Andreas Schmid pour présider une assemblée générale extraordinaire. Mais ce dernier y a renoncé lorsqu’on a su que le conseil d’administration négociait avec le hedge fund américain Elliott en vue d’une reprise. Dernièrement, Andrea Schmid avait démontré sa combativité chez le spécialiste du catering aérien Gategroup où, en 2016, il a pu parer à l’attaque de l’actionnaire activiste Rudolf Bohli, mais comme, après la vente de Gategroup au chinois HNA, il fit figure de traître à la patrie, il en a abandonné la présidence.

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Le combatif Andreas Schmid se fait désormais plus rare et a abandonné certains de ses mandats, notamment sa longue présidence d’Oettinger Davidoff, qui fut ces dernières années son occupation principale. Ses liens avec la famille Jacobs, en l’occurrence son travail pour la holding privée de Claus J. Jacobs et ses mandats pour ses importantes participations dans Adecco et Barry Callebaut, sont rompus depuis longtemps. Son dernier grand mandat est la présidence de Flughafen Zürich, coté en bourse.

Mais les observateurs supputent qu’après l’ouverture réussie de l’immense structure The Circle et vingt ans de bons et loyaux services, il pourrait là aussi se retirer. Son éventuel successeur est déjà dans les starting-blocks: l’ex-CEO Josef Felder, actuellement au conseil d’administration.

Andreas Schmid est juriste et passe pour un homme qui n’a pas peur des tâches complexes. En été, il aime monter à cheval et, en hiver, il est un familier des pistes de ski d’Engadine. A 63 ans seulement, il faudra sans doute encore compter sur lui. Si l’opportunité d’un nouveau mandat attrayant se présente, il est fort probable qu’Andreas Schmid soit sur les rangs.

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Jens Alder, 63 ans
Président Alpiq et Swiss Steel, administrateur Goldbach Group et Scope Content, président ColVisTec, Zurich, Olten, Emmen, Berlin

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Jens Alder fait état de la carrière d’administrateur la plus variée du pays.
© Salvatore Vinci / 13 Photo

Jens Alder fait état de la carrière d’administrateur la plus variée de ce pays. Il est président du groupe d’énergie Alpiq, qu’il a retiré de la bourse contre la volonté des petits actionnaires. Tout comme du groupe d’aciéries Swiss Steel (anciennement Schmolz + Bickenbach), qui a été sauvé cette année au terme d’une lutte de pouvoir avec l’oligarque russe Viktor Vekselberg par une injection de capital de Martin Haefner, propriétaire d’AMAG. Jens Alder est revenu cette année au conseil de la régie publicitaire Goldbach. De 2013 à 2018, il y était déjà président et avait orchestré sa vente au groupe de médias TX Group.

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Les activités de Jens Alder sont aussi très internationales: il est président du berlinois ColVisTec, il a siégé sept ans chez le producteur de logiciels new-yorkais CA Technologies, où il a notamment défendu les intérêts des grands actionnaires d’alors, la famille Haefner. Il a accumulé des expériences aux conseils de la NZZ et de Sanitas. Et, bien sûr, dans la branche des télécoms d’où il est issu, le double-national danois et suisse ayant été six ans et demi le CEO de Swisscom.


Adrian Bult, 61 ans
Président BKB, président Swissgrid, administrateur chez Swica, Alfred Müller, Parsumo Capital et de multiples autres entreprises, Bâle, Aarau

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Adrian Bult passe pour l’artisan de la restructuration de Cler, l’ancienne banque de Coop.
© DR
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Adrian Bult est peu connu mais ne manque pas d’influence pour autant. La Banque cantonale de Bâle, qu’il préside, est la troisième en importance après la zurichoise et la vaudoise et, avec sa filiale Cler, elle a créé un second circuit de distribution censé s’émanciper de la Suisse nord-occidentale et s’étendre à tout le pays. En arrivant à la banque comme président de BKB au printemps 2017, Adrian Bult était un profane en la matière. Mais quand son CEO, Guy Lachappelle, est passé à la présidence de Raiffeisen, son influence à Bâle s’est encore renforcée: il passe pour l’artisan de la restructuration de Cler, l’ancienne banque Coop. Il devrait maîtriser la distribution numérique de prestations bancaires puisque, économiste sorti de Saint-Gall, il a passé sa carrière opérationnelle dans le secteur des IT.

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Après avoir débuté aux PTT, il a occupé divers postes de cadre chez Swisscom, dirigeant d’abord le réseau fixe, puis le réseau mobile, avant de passer en 2007 à la direction du fabricant de logiciels bancaires Avaloq. Adrian Bult préside le gestionnaire du réseau de transport d’électricité Swissgrid, siège au conseil de la caisse maladie Swica et dans diverses autres sociétés, parmi lesquelles le gestionnaire de fortune Parsumo, où il rencontre régulièrement l’ancien patron de Julius Baer, Walter Knabenhans.


Rolf Dörig, 63 ans
Président Swiss Life, administrateur Emil Frey Holding, Danzer Holding, président ASA et divers autres mandats d’administrateur, Zurich

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Adrian Bult passe pour l’artisan de la restructuration de Cler, l’ancienne banque de Coop.
© DR
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Il a longtemps assumé deux présidences de sociétés cotées au SMI. Mais depuis son départ en 2019 de la société de recrutement Adecco – sortie du SMI cet automne –, seule sa présidence de Swiss Life lui permet encore de jouer en ligue supérieure. Chez le plus grand assureur sur la vie du pays, il aura été depuis l’automne 2002 directeur général durant cinq ans et demi et une année administrateur délégué avant de reprendre la présidence. Son action a connu des hauts et des bas. Il a certes soulagé la société de sa fâcheuse reprise de la Banca del Gottardo, mais il a aussi lancé le désastreux achat du prestataire de services financiers allemand AWD.

Rolf Dörig assume plusieurs autres mandats, parmi lesquels le conseil d’administration d’Emil Frey. Aux yeux des observateurs, il est le possible homme fort du groupe dès que Walter Frey aura décidé de son retrait – qu’il a déjà évoqué dans son proche entourage. En tout cas, Rolf Dörig s’est déjà réorienté politiquement. Naguère proche du PLR, il a adhéré en 2018 à la Stiftung für bürgerliche Politik de l’UDC. En raison de cette réorientation vers l’UDC de celui qui est aussi président de l’Association suisse d’assurances (ASA), l’assureur Axa, qui en était l’un des grands contributeurs, a quitté l’association en cette fin d’année.

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Ivo Furrer, 63 ans
Président digitalswitzerland, administrateur Helvetia et banque Julius Baer et diverses autres entreprises, membre du conseil de l’Autorité de surveillance des marchés financiers du Liechtenstein (11 mandats actifs), Zurich, Saint-Gall

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Ivo Furrer a embrassé une carrière faite de différents mandats peu avant ses 60 ans.
© Keystone

Dans le monde un peu gris des assurances vie, le turbulent Ivo Furrer était plutôt une exception, surtout du temps où il était CEO pour la Suisse de Swiss Life. Juriste passé dans l’assurance, avec des étapes chez Winterthur, Credit Suisse et Zurich Group, il aura été près de dix ans le patron de l’assureur sur la vie Swiss Life, qu’il a quitté au printemps 2017, peu avant ses 60 ans, pour embrasser une carrière faite de divers mandats. Ivo Furrer a été élu à des postes appréciables: il siège au conseil de l’assureur Helvetia et à la banque Julius Baer, chez le prestataire de services pour groupes financiers Inventx. Et il préside l’initiative nationale digitalswitzerland. Depuis peu, il siège également au conseil d’administration de la société immobilière zougoise Fundamenta, entrée en bourse il y a deux ans.


Calvin Grieder, 65 ans
Président Givaudan, SGS, Bühler Uzwil, AWK Group et divers mandats d’administrateur, Vernier, Genève, Uzwil SG

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Calvin Grieder est aujourd’hui le seul à présider deux sociétés du SMI.
© Keystone

Calvin Grieder est devenu l’un des plus puissants managers du pays presque sans attirer l’attention. Depuis cette année, il préside SGS, le leader mondial de l’inspection, où il avait été appelé au conseil d’administration un an auparavant seulement. Et depuis près de quatre ans, il préside le géant des arômes Givaudan. Il est ainsi le seul à présider aujourd’hui deux sociétés du SMI. Calvin Grieder a convaincu chez SGS par ses succès dans les reprises de sociétés et leurs intégrations réussies, comme ce fut le cas pour Givaudan, puis surtout chez Bühler Uzwil. Ce groupe familial est un constructeur de machines innovant dont il fut le CEO de 2001 à 2016 et dont il reste aujourd’hui président.

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A côté, il préside le petit prestataire d’IT AWK Group. Il n’a conservé que quelques mois en 2016 le prestigieux mandat d’administrateur chez Hilti, car, avec Givaudan, ça en faisait décidément trop. Un an plus tard, il aussi abandonné la vice-présidence du groupe de construction Implenia, aujourd’hui à la peine.


Beat Hess, 71 ans
Président LafargeHolcim, vice-président Sonova, Zoug, Stäfa

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A 71 ans, Beat Hess n’envisage pas de nouveaux mandats.
© Salvatore Vinci / 13 Photo

Beat Hess met fin petit à petit à sa carrière d’administrateur. Cette année, il a remis son mandat chez Nestlé pour cause de limitation à douze ans. L’an prochain, il ne se représentera sans doute pas à une réélection comme vice-président chez le fabricant d’aides acoustiques Sonova. «La guillotine de l’âge devait s’activer l’an passé déjà, mais le conseil d’administration peut faire des exceptions et il m’a prié de rester encore une année.» Sa vision pour Sonova, à part rester à la tête du marché? «Il faut également pratiquer la recherche sur des axes qui comprennent aussi bien la possibilité de progrès médicaux que de nouvelles voies dans l’assistance audio. Notamment des aides acoustiques vues comme gadgets de mode avec une quantité de fonctions», estime-t-il.

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Rien ne devrait en revanche changer dans son mandat le plus important, la présidence du producteur de ciment LafargeHolcim. Il est actif à cette fonction depuis 2016. On lui doit en bonne partie le fait que le suisse Holcim et le français Lafarge ont fini par s’unir après des années de contrariétés. Il énumère la réduction du CO2, le recyclage, la gestion des déchets, les nouveaux matériaux de construction comme priorités pour l’année à venir. A 71 ans, le juriste n’envisage pas de nouveaux mandats.


Franz Julen, 62 ans
Président Valora et Zermatter Bergbahnen, conseiller d’Aldi Süd, membre du conseil de la Fondation Kuoni et Hugentobler, administrateur VFS Global,  Muttenz BL, Zermatt, Mühlheim/Main, Dubai

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Franz Julen vit la pandémie sur tous les fronts.
© DR
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J’en ai plus appris ces huit derniers mois que toutes les années auparavant», affirme Franz Julen. Pas étonnant, car avec ses divers mandats, l’ancien CEO d’Intersport vit la pandémie de multiples manières, mais toujours au front. Notamment aux remontées mécaniques de son village de Zermatt, qu’il préside. Il doit s’y préparer à un hiver avec nettement moins de touristes, avec des mesures de protection dans les télécabines. Ou chez Valora qu’il préside aussi. Le groupe de commerce de détail vit de ses kiosques dans des lieux très fréquentés comme les gares, mais les pendulaires se font plus rares. Cela devrait mieux fonctionner chez Aldi Süd, puisque l’alimentation de détail marche à fond et, en ces temps ardus, les discounters en profitent encore plus que les autres. Dans ce groupe discret, Franz Julen fonctionne comme conseil.

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Ce sont surtout les restrictions de voyages qui font mal, notamment chez VFS Global, le plus grand prestataire de services de visas du monde, domicilié à Dubaï. Franz Julen y représente un grand actionnaire suisse, la Fondation Kuoni et Hugentobler (25% des droits de vote). «Mais jusqu’ici, nous n’avons pu nous entretenir que virtuellement.» Car ce n’est que cette année que Franz Julen a pris ses postes à la fondation et chez VFS Global. Et il ne devrait pas en accepter d’autres: «J’ai bien assez à faire!»


Watchlist 

Hans Ziegler, 67 ans
Ancien président Charles Vögele et Swissgrid, ancien administrateur Schmolz + Bickenbach, OC Oerlikon et Kuka

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Hans Ziegler
© Gian Ehrenzeller
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Longtemps surnommé Hans «l’assainisseur», Hans Ziegler a un peu disparu depuis que, il y a un peu plus de deux ans, on a entendu des rumeurs de délit d’initié à son encontre. Et à l’été, on a en outre appris que le Ministère public de la Confédération pensait l’inculper pour corruption. Saura-t-il se disculper et tenter un come-back?

Josef Felder, 59 ans
Président Stöckli Swiss Sport, administrateur Flughafen Zürich, AMAG, Banque cantonale de Lucerne

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Josef Felder
© Edelweiss
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Il a abandonné la présidence du marchand de vins Flaschenpost et son mandat chez Edelweiss Air, mais peut-être le CEO de longue date de l’aéroport de Zurich y deviendra-t-il bientôt président. L’homme est passé de comptable chez le négociant en matières premières Marc Rich à multiple administrateur et il habite au sommet du Bürgenstock. Peut-être faut-il encore attendre des surprises de son côté.