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Armement: l’industrie monte au front

La nouvelle donne géopolitique mondiale stimule les dépenses militaires. Portées par leur savoir-faire et leur technologie de pointe, les entreprises romandes doivent toutefois encore surmonter des barrières culturelles et institutionnelles pour se positionner sur ce marché.

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Sur le plan des dépenses, la Suisse a emboîté le pas aux pays de l’OTAN, en augmentant de plus de 20% son budget militaire entre 2021-2024 et 2025-2028. Objectif: atteindre 1% du PIB d’ici au début des années 2030.
Sur le plan des dépenses, la Suisse a emboîté le pas aux pays de l’OTAN, en augmentant de plus de 20% son budget militaire entre 2021-2024 et 2025-2028. Objectif: atteindre 1% du PIB d’ici au début des années 2030. Ricardo Moreira

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La Suisse l’a récemment appris à ses dépens: elle doit trouver sa place dans le nouvel ordre mondial, en respectant autant que possible le fragile équilibre entre coopération internationale et respect du principe de neutralité. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine et dans la foulée des annonces de réarmement émanant de l’OTAN, de l’Union européenne, de l’Allemagne et d’autres proches partenaires, la Confédération commence elle aussi à intensifier ses efforts pour rester dans la course et permettre à son industrie de répondre aux besoins en matière de défense. Il s’agit de conserver une monnaie d’échange stratégique sur une scène géopolitique mondiale où la coopération internationale est devenue incontournable. Les équipements militaires modernes, bardés de technologies de pointe permettant par exemple d’échapper aux attaques électromagnétiques ou de se positionner grâce à des satellites en orbite basse, sont nettement plus sophistiqués et onéreux que le matériel de la génération précédente et ne pourront être développés que via des chaînes d’approvisionnement transnationales.
Sur le plan des dépenses, la Suisse a emboîté le pas aux pays de l’OTAN, en augmentant de plus de 20% son budget militaire entre 2021-2024 et 2025-2028, avec pour objectif d’atteindre 1% du PIB d’ici au début des années 2030. Les solutions de financement sont toutefois encore en discussion et promettent d’alimenter les débats. Pour l’historien et expert en sécurité Alexandre Vautravers, ces investissements sont toutefois encore insuffisants et largement au-dessous des sommes engagées par les pays de l’OTAN.

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L’économie romande, au travers de plusieurs centaines de PME, devrait profiter massivement des appels d’offres de l’armée suisse et des affaires compensatoires. Mais il demeure des obstacles importants. Certains acteurs internationaux ne cachent pas leur défiance vis-à-vis d’une Suisse dont ils peinent à comprendre le positionnement. Même si la loi sur le matériel de guerre était assouplie, conformément à la volonté du parlement, le défi pour les industriels suisses reste de regagner la confiance de leurs partenaires étrangers.

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