Le dossier du mois

La viticulture suisse face à une tempête économique

La viticulture suisse est en crise: -21% de consommation pour les vins rouges suisses en 2025. Face à l'importation massive de 126 millions de litres, Berne réagit avec des aides et quotas pour valoriser les raisins locaux.

Dossier vin
-21% en un an, c’est la chute de la consommation de vins rouges suisses, selon le dernier rapport de l’Office fédéral de l’agriculture publié en 2025. En comparaison, la demande pour les rouges étrangers a fléchi de -3,7%. Ricardo Moreira

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De Genève à Sion, l’arrachage de ceps a commencé dans de nombreux vignobles. Cette pratique, subventionnée par l’Etat «à condition que l’éventuelle replantation ne se fasse pas avant dix ans», est un crève-cœur pour les vignerons. Elle illustre l’ampleur de la crise que traverse aujourd’hui la viticulture suisse.
L’an dernier, les vendanges suisses ont produit 82 millions de litres de vin, tandis que 126 millions ont été importés. Dans un contexte de recul de la consommation et de marché très libéralisé, la concurrence étrangère exerce une pression croissante sur les producteurs suisses. La situation a fait réagir la Berne fédérale. En plus d’une aide de 10 millions de francs destinée à accompagner le redimensionnement des parcelles viticoles, le Conseil fédéral, sous l’impulsion du ministre de l’Economie et ancien vigneron Guy Parmelin, souhaite durcir les conditions d’importation en conditionnant l’obtention de quotas de vin étranger à l’achat de raisins suisses. Les entreprises importatrices participeraient donc à la valorisation de la production nationale.
Face à l’évolution des habitudes de consommation, observée depuis plusieurs années, la branche commence aussi (et enfin) à s’adapter. Plusieurs producteurs pionniers ont ainsi lancé des gammes de vins désalcoolisés dans les cantons de Vaud et du Valais. D’autres s’inspirent des tendances internationales pour séduire une clientèle qui se tourne vers des vins plus légers, pétillants ou nature, ou plus qualitatifs. Le développement à l’export constitue une autre piste pour consolider un secteur qui dépend encore à plus de 98% de la demande intérieure. La viticulture suisse traverse une tempête majeure et il lui faudra des années pour retrouver son équilibre. Des producteurs aux importateurs, en passant par les politiques, tous misent sur la résilience d’une activité introduite en Suisse il y a plus de 800 ans, et qui s’est imposée comme l’un des symboles de la culture et du paysage helvétiques.

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