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La Suisse dépense 12% de son PIB dans la santé, c’est trop

En payant ses primes, le citoyen suisse se considère détenteur d’un droit à consommer la santé. Ni prescripteur, ni payeur direct, il agit comme si les ressources étaient infinies.

CHUV
Face à l'augmentation des dépenses de santé, la Suisse cherche de nouveaux modèles pour préserver la qualité des soins. Cyril Zingaro / Keystone

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La Suisse dépense environ 11 à 12% de son PIB dans le domaine de la santé. C’est deux fois plus que pour l’éducation, la moitié des dépenses liées à la protection sociale – retraites notamment – et 16 fois plus que pour la défense. Un taux important qui dépasse de 2 à 3% la moyenne de l’OCDE. Si d’aucuns réfutent le besoin de se réformer, le secteur de la santé peine à se réinventer. En cause: la loi, la formation, le financement… notamment. Mais au-delà de ces éléments structurels, c’est l’organisation même du système de santé qui bloque sa propre mue. Quel secteur aujourd’hui autre que la santé a un consommateur qui n’est ni prescripteur, ni payeur?
«Dans ce contexte, personne n’a vraiment ni envie, ni besoin de se rationner», explique Marc-Olivier Sauvain, président de la Société suisse de chirurgie, qui ajoute: «Nous n’arriverons à transformer notre système que si nous parvenons à nous autoréguler en engageant une vraie discussion de société.» Quand il s’agit de santé globale, tout le monde est prêt à discuter, mais pas quand il s’agit de sa santé. Son avenir. Ses traitements. Son accès aux soins. Alors là, la donne est différente et plus personne n’est vraiment prêt à changer. C’est le fameux aléa moral largement décrit dans la littérature qui présente la santé comme un droit à consommer. Chacun paye pour un service qu’il souhaite, le moment venu, consommer.

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Une augmentation constante

Les primes maladie ont augmenté d’environ 38% entre 2015 et 2025. En 1997, la prime moyenne s’élevait à 138 francs, contre 393 francs en 2026, soit une hausse de 184% en trente ans.
Pour sortir de l’impasse, il faut regarder ce qui se passe au-delà de nos frontières. Avec un taux hors norme de dépenses en soins de santé – près de 17% de leur PIB –, les Etats-Unis ont été les premiers à réagir en prenant conscience que les soins pouvaient être déportés en dehors des murs de l’hôpital. Pour le bénéfice des finances publiques. Mais également pour le bénéfice des patients. Et si l’hôpital de demain devenait un réseau de soins? Une chaîne coordonnée dans laquelle le patient devenait conscient...

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